Le chef libéral Charles Milliard dénonce «l’entêtement» de Paul St-Pierre Plamondon dans le dossier de l’immigration.
Même les candidats péquistes «s’opposent en ce moment» à leur chef, a-t-il raillé jeudi.
M. Milliard faisait référence au candidat du Parti québécois (PQ) Gabriel Pallota qui a critiqué, lors d’un débat régional lundi, le discours de son propre parti en immigration.
«Je vais vraiment travailler fort pour assainir le discours», a dit M. Pallota, assurant que «moi et mes 30, 40 autres collègues qui en parlent déjà en arrière-plan, on va arranger ça».
Puis, mercredi, il a rétropédalé, déclarant avoir «inventé» une histoire dans un instant de «panique», «sous la pression et l’hostilité potentielle».
«J’ai beaucoup de sympathie pour M. Pallota», a lancé M. Milliard en mêlée de presse devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, jeudi matin.
«Il s’est fait dire que ce serait mieux de dire qu’il a inventé ce qu’il pense réellement de la politique migratoire du PQ.»
Le candidat libéral dans Richmond, Hugo Fontaine, qui participait au débat de lundi, a réfuté l’argument de M. Pallota selon lequel le climat aurait été «hostile».
«Le ton du débat n’était certainement pas hostile», a-t-il soutenu.
«Ce que ça témoigne, (...) c’est que les candidats du PQ (...) se rendent compte que leur discours sur l’immigration, ça ne colle pas du tout dans les régions.»
«L’entêtement» de Paul St-Pierre Plamondon à vouloir réduire significativement l’immigration «nuit au Québec», a poursuivi M. Milliard.
Le PQ fixerait à 35 000 le seuil d’immigration permanente et ferait passer de 500 000 à environ 250 000 le nombre d’immigrants temporaires sur le territoire.
Les libéraux, eux, accueilleraient entre 45 000 et 70 000 immigrants permanents par année et garderaient tous les immigrants temporaires.
Par ailleurs, Charles Milliard n’annonce pas de «plafond» pour l’immigration temporaire. «La situation actuelle me satisfait pour l’instant», dit-il.
En 2024, son parti déplorait pourtant une «perte de contrôle» au niveau de «notre capacité à intégrer».
«La situation économique évolue, et le leadership du Parti libéral du Québec (PLQ) aussi, a défendu M. Milliard. On a besoin des travailleurs étrangers temporaires.»
Pour Mélanie Grégoire, propriétaire des Serres de St-Élie, les travailleurs étrangers temporaires sont des «travailleurs essentiels spécialisés».
«Ils ont les clés de notre magasin. (...) Sans eux, ça ne fonctionne pas», a-t-elle témoigné jeudi lors d’une visite de son entreprise.
4e visite à Orford
Après Sherbrooke, la caravane libérale s’est rendue à Magog, un quatrième arrêt dans la circonscription d’Orford, où Charles Milliard cherche à se faire élire.
Selon l’agrégateur de sondages Qc125, M. Milliard serait présentement en avance dans Orford, mais le PQ et la Coalition avenir Québec (CAQ) le talonnent.
Ailleurs en Estrie, la bataille sera tout aussi féroce: dans Sherbrooke, par exemple, le PLQ serait au coude-à-coude avec le PQ et Québec solidaire (QS).
Dans Brome-Missisquoi, le libéral Frédéric Beauchemin se bat contre le PQ et la CAQ. Plusieurs luttes à trois ou même à quatre sont à prévoir.
Les Québécois seront appelés aux urnes le 5 octobre.

