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Wilkinson croit à plus de mobilité de main-d'oeuvre avec l'Europe, de façon «mesurée»

À l’heure actuelle, il est trop tôt pour savoir quelles cartes M. Carney présentera aux Canadiens.

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Un vote sur le statut du Canada dans l’Union européenne Voyez le compte-rendu de Sabrina Rivet.

Le Canada espère que son rapprochement avec l’Union européenne, qui pourrait prendre la forme d’un statut jusqu’ici sans précédent de «membre associé», facilitera une mobilité de la main-d’œuvre de façon «mesurée» et «réfléchie».

Le nouvel ambassadeur canadien auprès de l’Union européenne (UE), Jonathan Wilkinson, avait ce message, entre autres plaidoyers, au cours d’une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Dans un entretien qui s’est déroulé par vidéoconférence alors que l’ex-ministre fédéral se trouvait outremer, ce dernier s’est montré prudent et nuancé sur les possibilités qu’apporterait, sur le front de l’immigration, la nouvelle alliance pour le futur promise par le premier ministre Mark Carney.

Avant de parler de déplacement de main-d’œuvre, il a vanté des possibilités qui deviendraient encore plus intéressantes pour les étudiants ou les jeunes professionnels, tant pour que des Canadiens rayonnent en Europe que l’inverse.

«Mais ça doit être fait d’une façon réfléchie. En termes de marché de l’emploi plus vaste, nous ne sommes pas en train de parler de libre circulation de la main-d’œuvre entre l’Europe et le Canada», a dit celui qui prendra part au Sommet Canada-UE, qui aura lieu à Montréal à la fin de la semaine.

Le premier ministre Mark Carney est accueilli par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à son arrivée au Parlement européen à Strasbourg, en France, le jeudi 17 septembre 2026, où il doit prononcer un discours. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Mark Carney est accueilli par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à son arrivée au Parlement européen à Strasbourg, en France, le jeudi 17 septembre 2026, où il doit prononcer un discours. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

«Ce dont nous parlons, c’est que, dans certains domaines spécialisés, ça peut être, en fait, intéressant et utile pour chaque pays d’avoir cette capacité de puiser dans un bassin de main-d’œuvre», a-t-il ajouté.

Des programmes d’immigration économique existent déjà et des liens particuliers sont bien établis au niveau provincial, comme c’est le cas, historiquement, pour l’immigration française au Québec, par exemple.

Il reste à voir exactement comment s’opérera le renforcement des liens avec l’Europe sur lesquels les délégations canadienne et européenne travailleront à Montréal.

L’événement coïncide aussi avec l’approche de la date limite pour qu’Ottawa dévoile les niveaux d’immigration pancanadiens sur trois ans.

Chaque année, le fédéral est tenu de dévoiler, au tournant du mois de novembre, sa feuille de route pour les années à venir.

À l’heure actuelle, il est trop tôt pour savoir quelles cartes M. Carney présentera aux Canadiens.

Équilibre sur l’immigration

Depuis plusieurs années, les provinces font pression pour une répartition repensée, notamment, des demandeurs d’asile, de même qu’un ralentissement au niveau de l’immigration permanente. Des demandes qui se sont aussi et surtout faite entendre en ce qui concerne l’immigration temporaire. L’expression «capacité d’accueil» a largement circulé pour justifier ce discours.

Le fédéral a commencé, déjà, vers la fin de vie du gouvernement de Justin Trudeau, à se montrer réceptif. C’est ainsi que s’est amorcée une révision d’ambitions jugées par bon nombre comme étant démesurées en termes d’accroissement démographique.

Dans la même veine, M. Carney a promis une «stabilisation», répétant, tout récemment, que le travail dans cette voie doit se poursuivre.

En même temps, la question a toujours été d’atteindre un équilibre avec les obligations internationales du Canada ainsi que les demandes des milieux d’affaires qui déplorent une pénurie de main-d’œuvre.

Ce jeu d’équilibrisme semble se refléter dans les propos de l’ambassadeur Wilkinson.

Il a mentionné, au cours de ses échanges avec La Presse Canadienne, des exemples de ce qui se fait déjà en termes de mobilité des talents.

«Nous avons passé quelques années à développer des certifications mutuelles pour les architectes qui sont aujourd’hui en place. Il pourrait y avoir d’autres professions où nous pourrions bénéficier d’une capacité à faire un peu plus d’allées et venues.»

Encore une fois, il a tenu à préciser que l’idée préconisée n’était pas d’opter pour une formule élargie qui s’appliquerait à tout type de secteur, mais il a plaidé pour des mesures ciblées.

Il n’a pas précisé pourquoi exactement il effectuait ces précisions.

Or, le fonctionnement de l’espace Schengen, auquel adhèrent 29 pays européens, est bien connu. Le principe général en est un de libre circulation des personnes qui permet d’amoindrir les contrôles frontaliers pour différents types de voyageurs.

Le Canada n’a jamais évoqué quelconque volonté de se joindre à l’espace Schengen.

Rapprochements économiques

Ottawa a surtout insisté sur un rapprochement à caractère économique afin de diversifier les échanges commerciaux et réduire sa dépendance aux États-Unis.

M. Wilkinson n’a pas manqué de se faire le porte-voix de ce leitmotiv.

«Maintenant, dans un monde qui change (...), c’est important pour les alliés qui partagent les mêmes valeurs de trouver les chemins dans lesquels on peut avoir les relations plus profondes, particulièrement dans les secteurs qui sont très stratégiques, si on veut avoir la capacité d’être souverain, a-t-il dit. Et, bien sûr, c’est l’énergie et les minéraux critiques, mais, aussi, ce sont les choses comme l’intelligence artificielle, la défense, la sécurité, la résilience démocratique.»

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Parmi les 27 États membres de l’UE, l’Allemagne est particulièrement intéressée par le gaz naturel liquéfié canadien, a noté M. Wilkinson. Il a soutenu que les Allemands planifient de s’approvisionner au Canada malgré l’océan à traverser pour tout acheminement.

«C’est une usine qui est (en) processus de construction, mais ils veulent avoir le gaz naturel liquéfié de l’ouest du Canada (afin de pouvoir) l’utiliser dans le monde. Ils (pourraient faire) un échange avec l’Asie. Mais, bien sûr, il y a beaucoup d’intérêt et il y a beaucoup de gens qui travaillent maintenant pour voir si, par exemple, le port de Churchill, c’est une option», a évoqué l’ambassadeur.

Il y a plusieurs années, la faisabilité de tels projets était remise en doute par plusieurs. Questionné à ce sujet, M. Wilkinson a été sans équivoque. «Si le Canada avait du gaz naturel disponible sur la côte est aujourd’hui, les Européens l’achèteraient, je dirais.»

Quant à l’accord de libre-échange qui existe depuis déjà une décennie entre le Canada et l’Europe, connu par son acronyme AECG ou, en anglais, CETA, M. Wilkinson dit sentir un «momentum» autour de l’entente.

Il a noté que neuf pays n’ont toujours pas ratifié l’AECG, mais que «98 %» des modalités sont en vigueur. «Nous avons vu des augmentations énormes dans les deux directions quant à l’ampleur des échanges commerciaux. Ça a été productif et réussi. Est-ce qu’on aimerait que le reste ratifie? Bien sûr. Est-ce que je sens qu’il y a un ‘’momentum’’ dans cette voie? Oui», a-t-il lancé.

L’ambassadeur estime qu’«un certain nombre de pays» vont avancer à ce chapitre au cours des «prochains mois». «C’est un processus qui va aller de pair avec le reste de l’approfondissement de notre relation», a-t-il conclu.

Avec la collaboration de David Baxter

Émilie Bergeron

Émilie Bergeron

Journaliste