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Voici la nouvelle ministre de l’Indépendance, Catherine Gentilcore

«Vous aurez la responsabilité de préparer ce rendez-vous», lui dit le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon. La liste de tâches de la députée de Terrebonne est longue et ne concerne pas que la place du Québec dans le Canada.

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Voici la ministre de l'Indépendance, Catherine Gentilcore

Pierre d’assise de la vision du nouveau gouvernement, le vœu de souveraineté du Parti québécois (PQ) a maintenant un visage: Catherine Gentilcore.

En plus d’être nommée vice-première ministre et ministre de l’Immigration, la députée de Terrebonne devient ministre de l’Accession du Québec à l’Indépendance.

Comme l’a rappelé le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon immédiatement après l’assermentation de Mme Gentilcore dans ses nouvelles fonctions, mercredi lors de la cérémonie d’assermentation de son conseil des ministres, «les Québécois seront invités à se prononcer sur leur avenir dans le Canada après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche».

«Vous aurez la responsabilité de préparer ce rendez-vous pour que le débat qui s’engagera […] repose sur les faits, sur l’intérêt public, sur notre volonté de voir le Québec connaître le meilleur avenir possible devant nous», a continué M. Plamondon en s’adressant à sa nouvelle ministre.

«On veut que l’exercice démocratique se déroule dans les meilleures conditions possibles. Vous serez la gardienne de cette espace de réflexion et la gestionnaire des étapes de préparation critiques dans ce projet.»

—  Paul St-Pierre Plamondon au sujet de la nomination de Catherine Gentilcore comme ministre de l’Accession du Québec à l’Indépendance

Des alliés ailleurs au Canada?

En défilant la longue liste de tâches de Mme Gentilcore, qui devient également leader parlementaire du gouvernement péquiste, «PSPP» a fait du pouce sur le récent référendum en Alberta, lors duquel les citoyens se sont prononcés en faveur du maintien au sein du Canada plutôt que de la séparation.

Cependant, neuf des 10 questions ont montré que les Albertains sont très divisés sur des questions relatives à l’immigration et la collaboration avec les autres provinces. M. Plamondon y voit des parallèles avec le contexte québécois.

Le premier ministre est d’avis que son projet d’indépendance trouvera «sans doute des alliés du côté des provinces canadiennes».

«Elles sont elles aussi excédées par l’abus de pouvoir du régime fédéral, comme le témoigne la démarche référendaire albertaine qui, clairement, demande de rapatrier des pouvoirs en Alberta, et donc demande des changements constitutionnels importants», a affirmé M. Plamondon.

M. Plamondon donne donc à Mme Gentilcore le mandat de «collaboration» avec le gouvernement libéral de Mark Carney dans le respect et dans l’intérêt du Québec à la fois.

«Le respect de nos champs de compétences, le respect de notre droit à prendre nos propres décisions […], le respect de notre spécificité comme peuple sur le plan linguistique, sur le plan culturel, mais également sur le plan de notre compréhension à nous, au Québec, des enjeux sociaux et des politiques publiques qui peuvent être bonnes ou moins bonnes», a énuméré le premier ministre.

Gagner le «respect»

Autrement, le respect vaut aussi pour la position du Québec face au conflit commercial qui oppose le Canada aux États-Unis, selon M. Plamondon. «Je vous confie donc, Mme Gentilcore, le mandat de faire en sorte que le Québec soit à la table et non pas au menu», a-t-il dit.

Et le même jour que l’assermentation, Mark Carney rencontrait le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, pour dévoiler un plan de 9 milliards de dollars face aux droits de douane américains. Interrogé sur le désir du gouvernement péquiste d’obtenir plus de pouvoirs en immigration, le premier ministre du Canada n’a pas fermé de porte.

«On verra», a dit M. Carney en conférence de presse. «Ce n’était pas une conversation que j’ai eue avec le nouveau premier ministre. [...] On verra. Il y aura des conversations.»

Le premier ministre fédéral croit que «l’enjeu le plus important, ici au Canada, c’est le niveau d’immigration» et qu’il faut «avoir un niveau plus soutenable».

«On verra, il y aura des discussions» : Carney répond à PSPP sur les pouvoirs en immigration Mark Carney ne ferme pas la porte à offrir davantage de pouvoirs en immigration au Québec. Il croit qu’un des enjeux du Canada à l’heure actuelle est d’avoir des niveaux d’immigration plus soutenables pour les provinces.

En s’en tenant aux mots, voilà qui peut éventuellement rejoindre la vision péquiste.

Dans ce dossier, M. Plamondon, a appelé sa nouvelle ministre de l’Immigration à avoir «une sensibilité particulière pour nos compatriotes venus de pays de partout dans le monde et qui sont maintenant québécois», tandis que son gouvernement cherche à abaisser à 35 000 le seuil d’immigration permanente et de faire passer de 500 000 à environ 250 000 le nombre d’immigrants temporaires sur le territoire.

«[Tous les Québécois] sont des Québécois à part entière; on le dit souvent, on va le redire souvent, et notre projet de pays s’adresse à tous celles et ceux qui croient en notre aventure collective, au beau récit québécois, et qui veulent y participer», a assuré le premier ministre.

Mme Gentilcore se butera certainement à l’opposition officielle dans ce dossier. Lors des débats de campagne électorale, le chef libéral Charles Milliard, qui allait devenir chef de l’opposition officielle après le scrutin, a soutenu que «l’entêtement» de Paul St-Pierre Plamondon à vouloir réduire significativement l’immigration «nuit au Québec».

Les libéraux, eux, accueilleraient entre 45 000 et 70 000 immigrants permanents par année et garderaient tous les immigrants temporaires.

Une longue liste de tâches

L’accession à l’indépendance, voilà déjà un projet qui s’annonce d’envergure, en sachant que les données récentes de sondages montrent que l’appui au «oui» se situe autour de 29 % à environ 40 % selon les tranches d’âge, avec un soutien plus marqué chez les 18 à 34 ans.

Or, Mme Gentilcore aura de nombreuses autres tâches connexes à l’Immigration et dans le Salon rouge, dont celle de négocier avec les oppositions dans un contexte minoritaire comme leader parlementaire.

«Le nombre de tâches qui vous sont attribuées est important, j’en suis très conscient», a dit M. Plamondon en commençant son allocution lors de la cérémonie d’assermentation de son conseil des ministres.

Le PM croit cependant que la députée de Terrebonne, réélue le 5 octobre dernier lors des élections générales plus d’un an et demi après avoir ravi la circonscription à la Coalition avenir Québec (CAQ) laissée vacante par l’ex-ministre Pierre Fitzgibbon, est «une des parlementaires les plus appréciées» à Québec et «capable de trouver des voies de passage, des terrains d’entente».

Avec de l’information de La Presse canadienne