Finis les vêtements personnels: des détenus de la prison de Roberval devront porter des morceaux qui leur seront prêtés. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement du Québec dans une série de mesures visant à renforcer l’ordre dans les centres de détentions.
Pendant un an, un premier projet pilote sera implanté au centre de détention de Roberval, qui dispose d’un atelier de couture et de travailleurs incarcérés en mesure de confectionner les pantalons.
En éliminant le port des vêtements personnel, on souhaite notamment à réduire les risques d’introduction d’objets prohibés et le trafic institutionnel, a-t-on indiqué par communiqué. Cela permettra aussi «de faire disparaître les signes d’appartenance à des organisations criminelles susceptibles d’entraîner des actes de violence», de faciliter processus de fouille et de les distinguer.
Selon le gouvernement, les détenus participeront à la confection et au nettoyage des vêtements prêtés.
«L’introduction des vêtements institutionnels propose aussi un levier intéressant pour lutter plus efficacement contre le trafic et la contrebande, tout en favorisant la réinsertion sociale par le travail», a expliqué Ian Lafrenière, vice-premier ministre, ministre de la Sécurité intérieure et, ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.
«Les paramètres pour le déploiement de vêtements institutionnels à l’échelle du Québec seront déterminés en fonction des conclusions tirées du projet», a-t-on ajouté.
Ce type de mesure est déjà en place dans les prisons des neuf provinces canadiennes et territoire, en plus des centres fédéraux.
D’ailleurs, des modifications au Règlement d’application de la Loi sur le système correctionnel du Québec ont fait l’objet d’une consultation au cours des derniers mois. Elles entreront en vigueur le 28 septembre prochain et permettront au personnel de produire des rapports de manquement dans plusieurs situations.
Les comités de discipline auront quant à eux la latitude nécessaire pour imposer des sanctions plus variées et plus sévères en cas de faute grave, comme l’introduction d’un téléphone cellulaire ou l’endommagement des infrastructures, selon le communiqué.
Les sanctions, qui dépendront de l’état de santé physique et psychologique du détenu, comprennent les travaux d’intérêt collectif, la suspension des achats à la cantine ou un isolement plus long que la durée permise.
«En permettant aux comités de discipline d’avoir recours à un plus large éventail de sanctions, nous ajoutons un rempart contre les écarts de conduite et les gestes de violence», a rapporté le ministre Lafrenière.
Ces mesures s’ajoutent à celles déjà en place dans les prisons, comme le retour en cellule à 21h.

