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Une nouvelle répartition des dépenses de l’OTAN est en cours, selon Mark Carney

Il a ajouté que ce transfert a déjà commencé et s’attend à ce qu’il se poursuive.

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Le premier ministre Mark Carney s'exprime lors d'une séance avec la presse au sommet de l'OTAN à Ankara, en Turquie, le mercredi 8 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Mark Carney s'exprime lors d'une séance avec la presse au sommet de l'OTAN à Ankara, en Turquie, le mercredi 8 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Adrian Wyld)

Les pays de l’OTAN renforcent leurs forces armées après que le président américain Donald Trump a «eu le dernier mot» sur la question des dépenses de défense, a affirmé mercredi le premier ministre Mark Carney.

Donald Trump dit depuis longtemps que les alliés ne consacrent pas suffisamment de moyens à la défense et que les États-Unis assument une part disproportionnée des dépenses de défense de l’OTAN.

M. Carney a déclaré aux journalistes en Turquie, lors de la dernière journée du sommet, que M. Trump cherchait à rééquilibrer cette charge, tout comme l’ancien président américain Barack Obama avait tenté de le faire.

Il a ajouté que ce transfert a déjà commencé et s’attend à ce qu’il se poursuive.

«Cela prend de l’ampleur», a indiqué M. Carney. «C’est en partie ce que j’ai fait valoir auprès du président Trump lorsque nous nous sommes entretenus il y a quelques jours (…) Non seulement il est en train de gagner le débat, mais il l’a déjà remporté.»

Carney rencontre des dirigeants alliés en marge du sommet de l'OTAN Mark Carney a rencontré le président turc Recep Erdogan et le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du sommet de l’OTAN.

«Les pays reconnaissent qu’ils doivent assumer davantage de responsabilités et prennent conscience des menaces directes», a-t-il ajouté.

Le premier ministre a souligné que les menaces pour la sécurité mondiale «évoluent rapidement» parallèlement aux progrès de la technologie militaire, des missiles hypersoniques à la guerre autonome.

Insatisfaction de Donald Trump

M. Carney a eu une conversation avec M. Trump dimanche. Il a indiqué aux journalistes que le président était de bonne humeur, comme lorsqu’il avait assisté mardi soir à un souper des dirigeants de l’OTAN.

Cependant, lorsque le président américain est apparu à la conférence et s’est entretenu avec le secrétaire général Mark Rutte, il a soutenu qu’il était toujours en colère contre les membres de l’alliance et a menacé de mettre fin aux échanges commerciaux avec l’Espagne.

«Je ne suis pas satisfait de l’OTAN à cause de ce qu’ils ont fait avec le Groenland, et je ne suis pas satisfait de l’OTAN parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au premier État soutenant le terrorisme, à savoir l’Iran», a déclaré M. Trump.

Le conflit mené par les États-Unis contre l’Iran et les menaces de M. Trump d’annexer le Groenland ont mis l’alliance à rude épreuve. Le président américain a ajouté qu’il aborderait la question du Groenland lors de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord.

M. Rutte a cherché à apaiser M. Trump avant cette réunion, lui rappelant qu’il était à l’origine d’une augmentation massive des budgets militaires au sein de l’alliance.

«C’est vraiment important, en ce qui concerne l’OTAN, ce que vous avez accompli, et c’est une immense victoire», a-t-il souligné.

En marge du sommet, les alliés ont annoncé des dizaines de milliards de dollars de nouvelles dépenses militaires.

Un «prix de consolation» à la Corée du Sud?

Avant son arrivée en Turquie cette semaine, le premier ministre Carney a annoncé que le constructeur allemand TKMS serait le soumissionnaire retenu pour la prochaine flotte de sous-marins de la marine canadienne.

Ce contrat colossal va faire exploser les dépenses militaires du Canada, ce qui l’aidera à convaincre ses alliés de l’OTAN qu’il renforce ses efforts en matière de défense.

L’offre germano-norvégienne a devancé de justesse celle de la société sud-coréenne Hanwha pour devenir le soumissionnaire retenu, bien que Hanwha puisse encore remporter le marché si les négociations avec TKMS échouaient.

Interrogé sur l’éventualité d’un «prix de consolation» destiné à apaiser les relations, M. Carney a répondu que le Canada était déjà en train d’élaborer d’autres projets avec Séoul.

Il a indiqué avoir eu mardi une rencontre fructueuse avec le président Lee Jae Myung.

«De toute évidence, il était déçu, mais la conversation a immédiatement dérivé – à son initiative – vers une série de questions liées à (l’intelligence artificielle) et aux risques technologiques, ainsi qu’à la manière dont nous pouvons continuer à approfondir notre coopération dans ce domaine», a raconté M. Carney.

«Ce n’est pas un prix de consolation. Il s’agit d’alliés travaillant ensemble de manière stratégique sur des questions importantes», a-t-il renchéri.

Kyle Duggan

Kyle Duggan

Journaliste