Un député canadien est en route pour Taïwan afin de faire valoir la «souveraineté canadienne» face à ce qu’il a qualifié d’avertissement de l’ambassadeur de Chine au Canada à l’encontre des députés qui se rendent sur l’île.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Le député conservateur Michael Chong rencontrera les dirigeants taïwanais la semaine prochaine. L’ambassade de Chine a déjà condamné ce voyage, affirmant qu’il franchissait une «ligne rouge dans les relations sino-canadiennes».
M. Chong, ministre conservateur de l’opposition chargé des Affaires étrangères, a indiqué que ce voyage avait deux objectifs.
Premièrement, a-t-il écrit sur X, « pour manifester notre solidarité avec une démocratie en première ligne face à l’intimidation» de la République populaire de Chine (RPC).
«Deuxièmement», a-t-il ajouté, «pour affirmer la souveraineté canadienne face à l’avertissement lancé par l’ambassadeur de la RPC au Canada concernant les déplacements de députés canadiens se rendant à Taïwan».
M. Chong fait probablement référence à une récente entrevue accordée au Globe and Mail par l’ambassadeur Wang Di, qui a déclaré que les échanges commerciaux entre les deux pays pourraient être compromis si les parlementaires continuaient de rencontrer des responsables à Taïwan, selon le journal.
«Le Canada est un pays indépendant et souverain. Nous ne recevons pas d’instructions de gouvernements étrangers quant aux endroits où les députés peuvent voyager à l’international», a écrit le député.
Dans une déclaration à CTV News, l’ambassade de Chine au Canada a écrit que la visite d’un «certain député canadien» à Taïwan contredit l’engagement d’Ottawa envers sa politique d’une seule Chine.
Taïwan se considère comme un territoire souverain. Cependant, la République populaire de Chine, dirigée par Xi Jinping depuis Pékin, revendique également la souveraineté sur ce territoire.
En vertu de la politique de longue date d’une seule Chine, le Canada considère la République populaire de Chine comme le seul gouvernement de la Chine, « ni contestant ni approuvant » la position du gouvernement chinois sur Taïwan.
«Nous exhortons le Canada à respecter scrupuleusement son engagement envers le principe d’une seule Chine, à restreindre efficacement toute parole ou action qui viole ce principe, et à s’abstenir d’intervenir dans les affaires intérieures de la Chine», indique la déclaration de l’ambassade.
Tensions autour de Taïwan
Taïwan était au centre de l’attention lors de la visite du président américain Donald Trump à Pékin plus tôt cette semaine.
Xi a déclaré à Trump que l’indépendance de Taïwan et la paix étaient aussi inconciliables que «le feu et l’eau», selon la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning.
Si la «question taïwanaise» n’est pas gérée correctement, a-t-elle ajouté sur X, la Chine et les États-Unis pourraient faire face à des «affrontements, voire à des conflits». Elle a qualifié cette question de plus importante entre les deux pays.
Les États-Unis s’engagent depuis longtemps à aider Taïwan à se défendre en cas d’attaque. À la fin de l’année dernière, l’administration Trump a approuvé un contrat d’armement de 11 milliards de dollars comprenant des missiles à moyenne portée, des obusiers et des drones destinés à l’île, mais ne l’a pas encore honoré.
Avant une réunion à huis clos de deux heures avec Xi, Trump a qualifié le président chinois de «grand leader».
Taïwan appréciera ce voyage, selon un ancien ministre
L’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Mackay a félicité M. Chong pour son voyage.
«Je pense que ce sera très bien accueilli par le gouvernement et la population de Taïwan», a-t-il dit dimanche à CTV News Channel. Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait que ce voyage risquait de déstabiliser les relations commerciales du Canada avec la Chine, M. Mackay a répondu: «Le Canada doit soit adopter une position de principe en matière de politique étrangère, soit ne pas le faire.»
Le Canada a récemment amorcé une renaissance commerciale, bien que limitée, avec la Chine. En janvier, le premier ministre Mark Carney a mené une mission commerciale à Pékin et en est revenu avec un accord: Ottawa autoriserait l’entrée de 49 000 véhicules électriques chinois au Canada sous le régime des droits de douane de la nation la plus favorisée, et la Chine réduirait les droits de douane sur les graines de canola, la farine de canola, les pois et les fruits de mer canadiens.
À l’époque, M. Carney avait exprimé que cet accord «reflétait le monde tel qu’il est aujourd’hui». La Chine reste le deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis.
Il a prédit que les libéraux au pouvoir resteraient neutres quant au voyage de M. Chong. CTV News a contacté le cabinet du premier ministre pour obtenir des commentaires, mais a été redirigé vers un autre ministère.
Avec des informations de l’Associated Press

