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Départ de Bélanger: «Je m’attends à ce que les troupes restent unies», dit Fréchette

Elle a rappelé que la composition d’un conseil des ministres est un exercice de «haute voltige, fastidieux et déchirant». 

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Gilles Bélanger claquerait la porte de la CAQ Exclu du conseil des ministres de Christine Fréchette, Gilles Bélanger annoncerait son départ de la Coalition avenir Québec (CAQ) jeudi, a appris Noovo Info.

Au lendemain de la désertion de Gilles Bélanger, qui a claqué la porte de la Coalition avenir Québec (CAQ) après avoir été écarté dans le remaniement ministériel, la première ministre Christine Fréchette a dit jeudi ne pas s’attendre pas à d’autres départs.

«Je m’attends à ce que les troupes restent unies», a-t-elle déclaré dans une conférence de presse à Montréal.

Elle a rappelé que la composition d’un conseil des ministres est un exercice de «haute voltige, fastidieux et déchirant».

Une autre élue, la députée de Marie-Victorin, Shirley Dorismond, avait aussi laissé planer le doute sur son avenir.

Dans une publication sur un réseau social, la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, a remercié M. Bélanger, mais a aussi regretté que les «députés ne soient pas utilisés à leur plein potentiel et en fonction de leurs compétences comme ce serait le cas en entreprise privée».

Mardi, M. Bélanger n’a pas été reconduit dans ses fonctions de ministre de la Cybersécurité et du Numérique par la première ministre, lui qui pourtant avait été un de ses premiers appuis dans la course à la direction de la CAQ.

Mme Tardif avait aussi appuyé Mme Fréchette dans la course plutôt que Bernard Drainville, mais pourtant elle désapprouve le choix de sa nouvelle cheffe de ne pas avoir retenu M. Bélanger dans son cabinet.

Mercredi, M. Bélanger a exprimé une certaine frustration et a annoncé qu’il quittait le caucus de la CAQ pour siéger à titre de député indépendant d’Orford.

«L’écosystème politique québécois, lourd et égotique rend très difficile d’insuffler une nouvelle vision et de respecter nos promesses mais j’ai espoir qu’un renouveau puisse y parvenir», a-t-il écrit.

Il a indiqué que sa priorité était de compléter son mandat de député d’Orford en se concentrant sur les dossiers de sa circonscription et de la population qu’il représente, et aussi de continuer à défendre les principes de souveraineté numérique.

«L’impossibilité de faire valoir l’importance du numérique dans l’ensemble de l’œuvre gouvernementale a été une grande déception. J’ai cru que les choses pouvaient changer rapidement, mais je ne sens pas cette ambition qui est étonnamment perçue comme un risque.»

Il a dit regretter de ne pas avoir pu mettre sur pied une société d’État, «Data Québec», une «Hydro-Québec des données», pour protéger les données numériques des Québécois.

Pendant la course à la direction de la CAQ, Gilles Bélanger avait menacé de démissionner de son poste au sein du gouvernement et du caucus si Bernard Drainville était élu chef, une sortie que plusieurs caquistes avaient déplorée.

Ironiquement, maintenant que sa candidate a été élue cheffe, M. Bélanger a tout de même choisi de quitter le parti.

À titre de ministre, M. Bélanger avait causé des frictions au début d’avril en affirmant que le virage numérique dans le réseau de la santé, le DSN (Dossier santé numérique), se dirigeait vers un «déraillement évident», alors que le gouvernement Legault se relevait à peine du scandale SAAQclic.

Or le gouvernement maintient le cap pour le lancement le 9 mai de deux projets pilotes du DSN, dans les CIUSS de Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Santé Québec a même fait une présentation mercredi pour assurer que les deux projets pilotes du DSN étaient sur la bonne voie et que des mesures de soutien étaient en place pour assurer la transition, même si une baisse des activités cliniques est prévue pour deux semaines.

Député d’Orford depuis 2018, Gilles Bélanger a été nommé ministre par François Legault en février 2025. Il succédait ainsi à Éric Caire qui avait dû démissionner dans la foulée du scandale SAAQclic.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste