La candidate défaite à la chefferie du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Caroline Elliott, reproche au chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, un commentaire qu’il a récemment formulé au sujet de sa campagne, l’exhortant à «unir plutôt que diviser» les conservateurs canadiens.
Ses commentaires, formulés dans une vidéo publiée jeudi sur les médias sociaux, faisaient suite aux félicitations adressées par Pierre Poilievre à son adversaire et nouvelle chef du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Kerry-Lynne Findlay, lors d’un discours prononcé au Stampede de Calgary.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Après avoir salué certains de ses collègues conservateurs présents dans la salle, dont la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, M. Poilievre a attiré l’attention sur Findlay, qu’il a qualifiée de «future première ministre de la Colombie-Britannique».
«Bravo. Tout juste après une grande victoire contre les lobbyistes libéraux de l’Est», a-t-il dit.
Ce commentaire a rapidement été interprété comme s’adressant à Mme Elliott, qui s’est classée deuxième, de justesse, dans la course à la direction du Parti conservateur provincial.
La campagne de Mme Elliott était dirigée par Kory Teneycke, qui a également été directeur de campagne du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et qui continue d’agir à titre de conseiller et de commentateur régulier pour CTV News. Plusieurs autres anciens collaborateurs conservateurs, tant au niveau fédéral que provincial, se sont également joints à l’équipe d’Elliott.
Répondant de front à la critique concernant les «lobbyistes libéraux de l’Est», Mme Elliott a défendu son bilan en tant que «Britanno-Colombienne de souche et électrice conservatrice fédérale de longue date», et a appelé Pierre Poilievre à mettre de côté les différends personnels pour se concentrer sur la victoire.
«J’ai voté pour vous lors de votre propre course à la direction du PCC. Ma famille et mes amis vous versent des dons à ma demande. J’ai participé à des événements et fait du porte-à-porte pour vous, je me suis exprimée en votre faveur sur les médias sociaux… Il est donc décevant que vos députés, et maintenant vous-même, célébriez personnellement ma défaite dans la course à la direction du Parti conservateur de la Colombie-Britannique», a-t-elle dit.
« La course est terminée, et il est temps de s’unir, pas de diviser. Parce que voilà le truc: lors de cette course, mon équipe – composée de nombreux anciens membres de votre propre personnel – a battu des records non seulement en termes de montant total de fonds amassés, mais aussi en ce qui concerne le nombre de petits dons provenant des quatre coins de la Colombie-Britannique», a-t-elle ajouté.
Mme Elliott – qui a obtenu 49 % des voix, contre 51 % pour M. Findlay – a ensuite évoqué ce qu’elle considérait comme d’autres points forts de sa campagne, notamment la mise en avant d’enjeux clés et la mobilisation de nouveaux électeurs conservateurs.
«La politique, c’est une question d’addition, pas de soustraction; c’est faire passer l’intérêt public avant les différends personnels, c’est accueillir les gens, pas les exclure. Je continuerai de me battre chaque jour pour rassembler les gens en vue de l’avenir de ma province et de notre pays », a-t-elle dit. «J’espère simplement que vous déciderez de faire de même.»
En réaction à sa vidéo, l’ancien premier ministre de l’Alberta et conservateur de longue date Jason Kenney – qui avait apporté son appui à Elliott dans la course à la direction – a publié trois emojis représentant des applaudissements.
Poilievre se concentre sur le mauvais combat
Dans une entrevue au sujet de la situation, M. Teneycke a affirmé qu’il semblait que M. Poilievre «tente de remporter une bataille contre d’autres conservateurs plutôt que de se concentrer sur la victoire contre les libéraux».
«Ils ont connu des difficultés dans les sondages, et leur réaction, plutôt que de tendre la main et d’élargir leur coalition, consiste à se replier sur eux-mêmes et à tenter de déclencher une guerre civile au sein du Parti conservateur. Dans quel but?», a-t-il demandé. «Certainement pas pour améliorer les chances des conservateurs de remporter la prochaine élection. Vous savez, il est très difficile de gagner une bataille quand tous les mousquets sont braqués les uns contre les autres.»
Selon M. Teneycke, le parti conservateur et son chef ont besoin pour remporter un succès électoral, c’est d’une équipe plus importante et d’une coalition plus large. «Et je ne vois pas comment on pourrait y parvenir si on passe tout son temps à s’attaquer les uns les autres», a-t-il ajouté.
Quelques anciens collaborateurs de M. Poilievre ont confié à CTV News qu’ils ne pensaient pas que la situation – ni les récentes discussions à ce sujet parmi les conservateurs sur les médias sociaux – remettaient en question le leadership de M. Poilievre.
Ils ont toutefois reconnu, sous le couvert de l’anonymat, qu’ils aimeraient voir moins de luttes intestines et davantage de la version de M. Poilievre qu’il avait présentée plus tôt cette année lorsqu’il avait participé à des balados de longue durée aux États-Unis et au Royaume-Uni afin d’élargir son attrait.
«On l’a vu, pendant environ deux semaines, tenter d’adopter une approche différente; on voit donc clairement qu’il est capable de changer, mais la vraie question, je crois, c’est de savoir si cela peut durer», a soutenu M. Teneycke. «Je pense que les chances que Pierre Poilievre devienne un jour premier ministre sont minces et tendent vers zéro.»
Lorsqu’on lui a demandé pourquoi la pression sur le maintien de Poilievre à la tête du parti n’était pas plus forte, M. Teneycke a attribué cela à «une intensité sans précédent d’intimidation de la part de son équipe de direction et de la meute de trolls en ligne qui la suit».
«On réussit mieux à conserver son poste de chef en tendant la main et en se faisant des amis plutôt qu’en lançant des remarques sarcastiques à l’encontre de tous les conservateurs du pays qui ne sont pas soi-même», a-t-il expliqué.
CTV News a fait une demande de commentaires au bureau de M. Poilievre, mais sans réponse au moment de publier cet article.
Avec la collaboration de Jérémie Charron et Stéphanie Ha pour CTV News

