Les musées nationaux canadiens consacrés à la guerre et à l’histoire devront procéder à un examen avant de pouvoir exposer un revolver personnalisé offert au premier ministre Mark Carney lors du sommet de l’OTAN de cette année.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a offert à chaque dirigeant de l’OTAN présent au sommet un pistolet sur lequel était gravé son nom, en guise de cadeau à l’issue du récent sommet qui s’est tenu à Ankara, en Turquie.
M. Carney a indiqué aux journalistes la semaine dernière qu’il pensait que ce revolver pourrait trouver sa place dans un lieu tel que le Musée canadien de la guerre.
«C’est intéressant et cela témoigne d’un lien avec l’OTAN et du contexte plus large dans lequel s’inscrit cette organisation, a-t-il souligné. Nous allons lui trouver le meilleur emplacement possible.»
Le premier ministre a indiqué la semaine dernière que le revolver se trouvait entre les mains de la GRC et que, comme il ne s’agit pas d’une arme de poing légale au Canada, il avait été rendu inutilisable. Affaires mondiales Canada a précisé que les munitions avaient été laissées en Turquie.
Avra Gibbs Lamey, porte-parole du Musée canadien de la guerre et du Musée canadien de l’histoire, a précisé que les musées ont pris connaissance des propos de M. Carney et saluent son intérêt pour la préservation et la mise en valeur d’objets revêtant une importance historique.
Elle a ajouté qu’aucune offre officielle de don du revolver n’a encore été formulée et qu’aucun processus d’évaluation officiel n’a été lancé.
Mme Lamey a souligné que son équipe collaborait avec le cabinet du premier ministre afin de s’assurer que l’arme à feu soit «conservée de manière appropriée».
Thida Ith, porte-parole d’Affaires mondiales Canada, a indiqué que, conformément aux directives des autorités canadiennes, le gouvernement chercherait un lieu approprié pour accueillir ce don. Cela pourrait être un musée canadien.
«Nous ne sommes pas en mesure de fournir davantage de détails concernant une éventuelle institution destinataire ou le calendrier», a ajouté Mme Ith.
Roy Norton, professeur adjoint de sciences politiques et de fonction publique à l’université de Waterloo et ancien chef du protocole pour Affaires mondiales Canada, a déclaré qu’il ne s’attendait pas à voir cette arme à feu exposée dans un musée.
«Je pense qu’elle finira dans un coffre-fort au sous-sol d’Affaires mondiales Canada, sans jamais voir la lumière du jour, a affirmé M. Norton. Je serais extrêmement surpris si le musée de la guerre ou tout autre musée canadien exposait cet objet. Il n’a aucune importance militaire ou historique pour le Canada. C’est en quelque sorte une curiosité.»
Les premiers ministres reçoivent souvent des cadeaux qui ne finissent pas par être exposés dans des musées, a-t-il ajouté, précisant qu’il ne se souvenait pas qu’un dirigeant canadien n’ait jamais reçu une arme à feu.
«Cela ne s’est certainement pas produit lorsque j’étais chef du protocole et je ne me souviens pas que cela ne se soit jamais produit auparavant, a-t-il indiqué. C’est un cadeau quelque peu inhabituel, mais il s’agit tout de même d’un sommet de l’OTAN.»
En vertu des règles canadiennes en matière de conflits d’intérêts, tout cadeau reçu par un homme politique d’une valeur supérieure à 200 $ doit être déclaré publiquement et tout cadeau d’une valeur supérieure à 1000 $ doit être cédé à la Couronne.
Une photo fournie par le bureau du président lituanien Gitanas Nauseda montre l’arme à feu qu’il a reçue de la part du dirigeant turque: un revolver Gumusay .357 sur le canon duquel est gravé le nom de M. Nauseda, avec le croissant et l’étoile turcs sur le châssis, ainsi qu’une petite plaque sur la crosse portant en anglais l’inscription «Sommet d’Ankara».
Une carte jointe au coffret indique qu’il s’agit du premier modèle de revolver fabriqué en Turquie dans les années 1990 et que ces armes commémoratives ont été produites par la société turque MKE.
Un porte-parole du bureau de M. Nauseda a affirmé que le revolver serait exposé au palais présidentiel, aux côtés de nombreux autres cadeaux offerts au chef de l’État.
— Avec des informations de David Baxter
