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Un groupe d'experts souhaite un meilleur suivi des résidents temporaires

Le ministère de l’Immigration s’est engagé à collaborer avec l’Agence des services frontaliers du Canada afin de mieux suivre les départs.

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Des nouveaux Canadiens prêtent serment lors d'une cérémonie de citoyenneté à Toronto, le 19 juillet 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Chris Young Des nouveaux Canadiens prêtent serment lors d'une cérémonie de citoyenneté à Toronto, le 19 juillet 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Chris Young)

La présidente d’un groupe d’experts sur l’immigration estime qu’il est trop tôt pour affirmer que le système d’immigration canadien est à nouveau maîtrisé.

Le premier ministre Mark Carney a fait cette déclaration le mois dernier, tout en reconnaissant que les niveaux d’immigration avaient été trop élevés.

Mais Parisa Mahboubi, membre du Conseil sur les objectifs d’immigration de l’Institut C.D. Howe, explique qu’avant de pouvoir affirmer cela, le gouvernement doit réduire davantage le nombre de résidents temporaires dans le pays et mieux suivre la date à laquelle ces derniers doivent quitter le Canada.

Mme Mahboubi affirme que le Canada «avance à l’aveuglette» en raison du manque de données permettant de vérifier si les résidents temporaires quittent le pays à l’expiration de leur visa. 

«Il n’existe pas de données claires sur le nombre de visas ou le nombre de renouvellements effectués chaque année, et c’est là un autre obstacle potentiel à la réduction de la population totale de résidents non permanents», souligne-t-elle. 

«Nous ne disposons pas de données fiables sur le nombre de résidents non permanents dont le visa d’étudiant ou le permis de travail a expiré et qui quittent le pays. Nous avons donc besoin de meilleures données à ce sujet. Nous partons simplement du principe que les personnes partiront lorsqu’elles n’auront plus de statut.»

Sans ces données, il est impossible de connaître la taille réelle de la population de résidents non permanents au Canada, ajoute-t-elle.

Au 30 juin, les données sur l’immigration indiquaient qu’il y avait 632 000 titulaires de permis d’études et 1,5 million de titulaires de permis de travail temporaires au Canada. En juin 2024, on comptait plus d’un million d’étudiants et près de 1,2 million de travailleurs temporaires.

Mais le nombre de nouveaux étudiants et travailleurs arrivant au pays a fortement chuté. De janvier à juin de cette année, 22 410 nouveaux étudiants étrangers sont arrivés au Canada, contre 124 930 au cours de la même période en 2024. 

On a dénombré 98 130 nouveaux travailleurs temporaires au cours des six premiers mois de cette année, contre 244 985 au cours des six premiers mois de 2024.

L’objectif actuel du gouvernement est de ramener le nombre de résidents temporaires à moins de 5 % de la population totale d’ici fin 2027. La population de résidents temporaires dépassait les 7 % à son pic, en octobre 2024.

Le ministère de l’Immigration s’est engagé à collaborer avec l’Agence des services frontaliers du Canada afin de mieux suivre les départs. 

Le groupe d’experts qu’elle préside prévoit de publier le mois prochain un rapport contenant ses recommandations pour la mise à jour annuelle des niveaux d’immigration au Canada. 

Statistique Canada estime que la population de résidents non permanents s’élevait à environ 2,5 millions de personnes au printemps dernier, soit environ 6,2 % de la population.

Mme Mahboubi dit que le chiffre de 5 % devait être considéré comme un plafond, et non comme un seuil minimal, pour rétablir le contrôle du système d’immigration canadien. Elle a ajouté que le Canada devrait viser une proportion de résidents non permanents représentant 3 à 4 % de la population totale, conformément aux moyennes historiques.

Michelle Rempel Garner, porte-parole conservatrice en matière d’immigration, a déclaré jeudi que l’affirmation de M. Carney selon laquelle le système est maîtrisé est «quelque peu éloignée de la réalité».

Elle a ajouté que les niveaux d’immigration, tant temporaire que permanente, devraient être adaptés à la capacité du Canada à fournir des emplois, des logements et des soins de santé aux nouveaux arrivants et aux personnes déjà présentes sur le territoire. 

«Nous sommes confrontés à une crise de l’emploi et à des taux de chômage élevés dans de nombreuses régions du pays, n’est-ce pas ? Et ce n’est juste pour personne, a fait valoir Mme Rempel Garner. Ce n’est pas juste pour quelqu’un qui est venu au Canada pour se construire une vie meilleure. Ce n’est pas juste pour les enfants de ceux qui sont aujourd’hui sans emploi.»

Mme Mahboubi a indiqué que l’objectif de 2026 en matière de résidence permanente ne reflète pas la réalité dans son ensemble, car le gouvernement a annoncé des programmes ponctuels visant à accorder la résidence permanente à environ 148 000 personnes entre 2026 et 2027. Environ 115 000 d’entre elles sont des personnes protégées au Canada et jusqu’à 33 000 sont considérées comme des travailleurs qualifiés.

Aucun de ces programmes n’est inclus dans le plan global des niveaux d’immigration.

«Il est en réalité très difficile de dire, même en ce qui concerne l’immigration permanente, si nous corrigeons réellement le cap, car nous admettons plus de personnes que ce que nous annonçons», a déclaré Mme Mahboubi.

David Baxter

David Baxter

Journaliste