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Un gouvernement conservateur majoritaire est élu en Colombie-Britannique

«Nos meilleurs jours sont encore devant nous, mes amis — je vous le promets», a déclaré Lorne Doerkson.

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Le chef intérimaire conservateur de la Colombie-Britannique, Lorne Doerkson, prend la parole pour le discours de la victoire lors de la soirée électorale à Vancouver, le samedi 24 octobre 2026, devenant le prochain premier ministre de la province. LA... Le chef intérimaire conservateur de la Colombie-Britannique, Lorne Doerkson, prend la parole pour le discours de la victoire lors de la soirée électorale à Vancouver, le samedi 24 octobre 2026, devenant le prochain premier ministre de la province. LA PRESSE CANADIENNE (ETHAN CAIRNS)

Le pari électoral de dernière minute de David Eby a permis au Parti conservateur de la Colombie-Britannique de former un gouvernement majoritaire, comme l’a annoncé en premier CTV News samedi soir.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Bien que les résultats de certaines circonscriptions ne soient pas encore connus, le parti du chef par intérim Lorne Doerkson a remporté suffisamment de sièges pour renvoyer le NPD de la Colombie-Britannique dans les rangs de l’opposition après neuf ans au pouvoir.

Les conservateurs étaient en tête ou avaient remporté 62 des 93 circonscriptions de la province lorsqu’il a prononcé son discours de victoire devant une foule en délire.

«Nos meilleurs jours sont encore devant nous, mes amis — je vous le promets», a déclaré M. Doerkson.

«Nous allons dynamiser la Colombie-Britannique.»

—  Lorne Doerkson, premier ministre désigné de la Colombie-Britannique

Dans un discours conciliant, le premier ministre désigné, originaire de Williams Lake, s’est engagé à représenter aussi bien les collectivités rurales qu’urbaines, ainsi que les Premières Nations de la province.

«Cet avenir, nous le construirons ensemble, en partenaires, avec toute la certitude dont nous avons tous besoin», a soutenu M. Doerkson.

Il n’a pas fait directement référence à sa promesse électorale d’abroger la Loi sur la Déclaration des droits des peuples autochtones de la Colombie-Britannique.

Le vainqueur a toutefois réitéré le plan de son parti visant à tripler la production de gaz naturel liquéfié de la Colombie-Britannique d’ici 2035, ainsi que sa promesse d’accorder une réduction d’impôt de 1 000 $ à presque tous les travailleurs — tout en maintenant et en améliorant le système de santé publique de la province, qui est sous pression.

«Je veux une Colombie-Britannique où une journée de travail acharné vous permette d’acquérir une maison familiale et de vous construire un avenir, ici même, dans cette magnifique province», a exprimé M. Doerkson.

Il a d’ailleurs dimanche annoncé la nomination d’une ancienne haute fonctionnaire à la tête de son équipe de transition. 

Kim Henderson a passé plus d’une décennie au service des précédents gouvernements de Christy Clark et Gordon Campbell en tant que sous-ministre, secrétaire du cabinet et directrice de la fonction publique de la Colombie-Britannique. 

Selon un communiqué des conservateurs de la Colombie-Britannique, elle présidera l’équipe de transition à titre bénévole et prendra un congé sans solde de la société de pipelines Trans Mountain Corp., où elle occupait le poste de vice-présidente par intérim depuis un an. 

David Eby démissionne de son poste de chef du NPD provincial

Plus tôt, lors d’un discours de concession empreint de gravité devant les partisans du NPD, David Eby a annoncé sa démission en tant que chef du parti.

«C’est évidemment une décision que je prends le cœur lourd, mais il est temps qu’un nouveau leadership prenne la relève au sein de notre parti», a-t-il indiqué.

«Ce fut une aventure mouvementée, mais ma famille a payé un prix très élevé pour ce travail, et j’ai très hâte de passer du temps avec mes enfants, ma conjointe et nos amis — sans avoir à m’inquiéter que quelqu’un me filme pendant que je chante au karaoké.»

—  David Eby, premier ministre sortant de la Colombie-Britannique

Il est également revenu sur certaines des réalisations du NPD, notamment l’investissement de plus de 7 milliards de dollars dans des projets d’infrastructure scolaire, l’élimination des cotisations au Medical Services Plan et l’augmentation du salaire minimum de la province, qui est passé de l’un des plus bas au Canada à l’un des plus élevés.

M. Eby a également attribué aux restrictions imposées par son gouvernement sur la location à court terme et aux politiques de densification résidentielle obligatoires le mérite d’avoir contribué à faire baisser les loyers, qui avaient auparavant grimpé en flèche.

«Nous devrions tous en être fiers», a-t-il affirmé. «Ce fut l’honneur de ma vie d’occuper le poste de premier ministre.»

Mais sa décision de convoquer les électeurs aux urnes deux ans après le début de son mandat — à la suite de semaines de luttes intestines et de défections au sein du Parti conservateur — restera dans les annales comme une erreur historique, a estimé le politologue Stewart Prest.

«Personne dans la province ne voulait qu’il fasse cela», a déclaré M. Prest à la veille du scrutin.

«C’est lui seul qui porte en fin de compte la responsabilité du fait que le NPD ait passé deux années de moins au pouvoir que prévu, et je pense que cela laissera une trace dans son héritage.»

Bien qu’il ait mené le parti à la défaite, M. Eby a été réélu dans sa circonscription de Vancouver-Point Grey.

Le prochain chef de la Colombie-Britannique

Le premier ministre désigné Doerkson est député de Cariboo-Chilcotin depuis 2020, mais il n’est devenu chef intérimaire du Parti conservateur qu’il y a 34 jours, à la suite de la démission de sa prédécesseure, Kerry-Lynne Findlay.

Pour de nombreux électeurs, il représentait une page blanche, contrairement au fardeau qu’Eby traînait avec lui dans la campagne.

Avant de se lancer en politique, M. Doerkson avait notamment été éditeur de journal, planificateur financier, président du Rotary et annonceur de rodéo. Dans sa jeunesse, il a également pratiqué la monte à cru, ce qui lui a valu des fractures et une épaule disloquée.

«J’ai vu beaucoup de gens se faire éjecter lors d’un rodéo, et je dois dire que cela m’est arrivé quelques fois moi-même», a expliqué M. Doerkson à la foule dans son discours de victoire.

«On se relève, on s’époussette, puis on remonte en selle — et la foule se lève pour vous parce que vous essayez. C’est l’approche que j’ai adoptée dans ma vie politique.»

M. Doerkson et les conservateurs ont été élus malgré les avertissements répétés du NPD selon lesquels le parti offrait un refuge politique à des candidats et à des membres du personnel aux opinions extrémistes, y compris certaines sympathies séparatistes.

Au cours de la campagne, le parti a exclu deux candidats — Joachim Agou et Jordan McIntosh — en raison de publications offensantes sur les médias sociaux, bien que tous deux se présentassent dans des bastions du NPD.

Doerkson a notamment soutenu la directrice de campagne Katy Merrifield, même après la divulgation d’une publication sur les médias sociaux dans laquelle elle qualifiait l’islam d’« idéologie odieuse ».

Après qu’Eby eut contraint les conservateurs à mener une campagne sans chef permanent, le NPD s’est interrogé sur la capacité de M. Doerkson à occuper le poste de premier ministre à long terme — la constitution du parti exigeant en effet la tenue d’une course à la direction dans l’année qui suit, et interdisant aux chefs par intérim de se présenter.

Le conseil d’administration du Parti conservateur a répondu à ces préoccupations par un communiqué publié le mois dernier, assurant que la constitution serait modifiée en faveur de M. Doerkson, si sa campagne aboutissait.

«Un premier ministre choisi par les Britanno-Colombiens mérite la certitude de pouvoir diriger son parti. Cet amendement lui garantira cette certitude», ajoutait le communiqué.

Un tel amendement nécessiterait un vote à la majorité des deux tiers — au sein d’un parti en proie à des luttes intestines depuis qu’il a failli remporter la victoire en 2024.

Un parti en pleine tourmente s’est resserré

Lorsque M. Eby a déclenché les élections, un schisme était en train de se former au sein de la droite politique de la province.

Les conservateurs ont subi l’exode d’une douzaine de députés provinciaux au cours de l’été, chacun invoquant des problèmes avec le chef de l’époque, M. Findlay, dont la rhétorique clivante lui a valu d’être accusé de mener une « politique à la Trump ».

Les troubles se sont poursuivis jusqu’à la mi-septembre, lorsque des allégations ont émergé selon lesquelles un ancien directeur général des conservateurs aurait engagé un enquêteur privé pour espionner les détracteurs du parti, tant à l’interne qu’à l’externe.

«Je n’étais pas au courant», avait dit Mme Findlay à l’époque. «Je ne peux pas vraiment répondre. Ce ne sont que des allégations.»

Peu après, huit anciens conservateurs se sont regroupés sous la bannière de CentreBC, un nouveau parti présenté comme une alternative plus modérée, libre de toute affiliation radicale.

Mme Findlay a finalement démissionné face aux appels de plus en plus pressants lui demandant de se retirer — et aux spéculations grandissantes concernant les intentions d’Eby de déclencher des élections anticipées.

Le premier ministre a donné le coup d’envoi des élections deux jours plus tard, pour voir ses adversaires politiques annoncer leur réunification quelques heures plus tard.

Ces élections anticipées ont interrompu ce qui aurait pu devenir une « division de plus en plus institutionnalisée » au sein de la droite du spectre politique, a estimé M. Prest.

«C’est là un autre élément de l’héritage de David Eby», a-t-il ajouté.

«Il a essentiellement fait la seule chose qui pouvait rassembler à nouveau ces différentes factions du conservatisme dans la province.»

—  Stewart Prest, politologue

M. Prest, professeur agrégé de sciences politiques à l’Université de la Colombie-Britannique, a également fait valoir que cette réunification aurait dû être facile à prévoir.

«On ne peut pas dire que personne n’aurait pu savoir que les conservateurs mettraient de côté leurs divergences pour disputer une élection, car c’est exactement ce qui s’est produit à l’approche des élections de 2024», a-t-il indiqué.

Sept membres de CentreBC ont rejoint les conservateurs le jour du déclenchement des élections, ne laissant que Elenore Sturko, qui est devenue la chef du parti.

Elle a été battue samedi dans sa circonscription de Surrey-Sud.

Programme électoral des conservateurs

Il convient de noter que le parti de M. Doerkson n’a pas présenté de programme électoral chiffré à temps pour le débat des chefs de la Colombie-Britannique, ni pour les premiers jours du vote par anticipation.

Le plan que les conservateurs ont finalement présenté promettait de ramener le déficit prévu de la province, de 14 milliards de dollars, à 10,8 milliards de dollars sur trois ans, en se fondant sur des prévisions de croissance économique nettement supérieures à celles incluses dans le dernier budget de la Colombie-Britannique.

Avant les élections, M. Doerkson a défendu la prévision la plus ambitieuse — une croissance du PIB de 3,2 % en 2029 — en la qualifiant de «tout à fait réalisable», malgré le scepticisme de certains économistes.

Le chef par intérim a également réussi à dissiper les craintes attisées par le NPD selon lesquelles un gouvernement conservateur serait désastreux pour le système de santé public, compte tenu notamment de son engagement à « ne jamais augmenter les impôts ».

M. Prest a fait valoir qu’il serait difficile pour le parti de tenir ses promesses.

«La situation économique de la province s’est détériorée et une bonne partie de cette détérioration échappe au contrôle de tout premier ministre, compte tenu des vents contraires qui secouent actuellement le pays», a-t-il expliqué.

«Il est difficile de prétendre être responsable sur le plan financier tout en investissant dans tous les types de services sociaux et de soins de santé que les Britanno-Colombiens réclament à juste titre et que les conservateurs promettent. À un moment donné, il faudra passer à l’action.»

Le parti a en outre promis d’étendre le programme de garde d’enfants à 10 $ par jour, de financer le déploiement de 500 agents supplémentaires de la GRC dans les régions rurales sur cinq ans, d’embaucher 50 procureurs de la Couronne supplémentaires et d’étendre le recours aux soins involontaires.

Le programme environnemental des conservateurs était largement lié à une augmentation massive de la production de GNL, le parti suggérant que cette expansion réduirait les émissions mondiales de gaz à effet de serre en remplaçant les carburants à plus fortes émissions utilisés en Asie et en Europe.

Avec des informations de La Presse Canadienne