Politique

Traitement des demandes d'asile: Roberge demande à Ottawa de se ressaisir

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Le ministre de l'Immigration du Québec, Jean-François Roberge, répond à une question de l'opposition à l'Assemblée nationale, le mercredi 25 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le ministre de l'Immigration du Québec, Jean-François Roberge, répond à une question de l'opposition à l'Assemblée nationale, le mercredi 25 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot (Jacques Boissinot)

Le gouvernement Legault exige que le fédéral reprenne en main son système de traitement des demandes d’asile, qui peut poser des risques pour la sécurité du pays.

Un rapport révèle que pour au moins 25 000 demandes, Ottawa n’a fait aucune enquête et aucune entrevue pour vérifier la validité des dossiers.

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a manifesté son impatience en Chambre mercredi et il a même déploré le silence et l’absence de son homologue fédérale, Lena Diab.

«J’ai hâte de voir quand Ottawa va réviser sa manière de procéder et qu’il va respecter la capacité d’accueil (du Québec)», a-t-il déclaré, en réponse à une question du député péquiste Alex Boissonneault.

«Le système d’asile a été saboté par le gouvernement fédéral, le mot est fort, mais il est juste», a dénoncé le député du PQ.

«Le système de demande d’asile au Canada, et donc celui du Québec, est brisé. En fait, le fédéral utilise le système actuel pour contourner nos seuils d’immigration.»

M. Roberge a par ailleurs fait écho aux risques que pourraient représenter pour la sécurité du pays ces demandes d’asile acceptées sans vérifications, comme l’indique le rapport.

Il a appelé sa vis-à-vis à Ottawa à sortir de son mutisme. «Mais où est la ministre Diab, la ministre de l’Immigration? Où est-elle?» a-t-il demandé.

Le rapport a été écrit par l’ancien directeur des politiques à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, James Yousif.

En vertu d’une demande d’accès à l’information, il a appris que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada a accepté 24 599 demandes d’asile au pays sans questionner personnellement en audience les demandeurs, entre le 1er janvier 2019 et le 28 février 2023.

Le Canada a ainsi accepté 80 % des dossiers, soit beaucoup plus que l’Irlande, à 30 %, a rappelé M. Boissonneault en citant le rapport, qui évoque aussi le taux de 40 % en Suède et de 59 % en Allemagne.

La politique actuelle de la Commission est «problématique», soutient M. Yousif dans son rapport.

«Toutes les demandes d’asile ne sont pas véridiques et des documents peuvent être falsifiés», écrit-il.

«Or, il est impossible de le détecter sans poser de questions. L’audience d’asile sert également de filtre pour évaluer les risques liés à la sécurité nationale et à l’intégrité du programme; elle doit être interrompue si des anomalies apparaissent lors de l’interrogatoire afin d’en informer le ministre compétent. Ce mécanisme ne peut être activé si les demandeurs ne sont jamais interrogés.»

M. Roberge s’en est inquiété et a exigé que le gouvernement fédéral fasse les vérifications requises.

«C’est la parfaite recette pour admettre ici des gens qui ne devraient pas être acceptés. Dans certains cas, ça pourrait être des gens qui posent même des dangers pour la sécurité nationale. Donc, on s’attend à ce qu’Ottawa fasse son travail.»

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste