Politique

Tech: Israël souhaite être un partenaire du Canada, malgré les tensions diplomatiques

Publié le 

(Justin Tang)

Israël tente de se présenter au Canada comme un partenaire technologique capable d’offrir des solutions concrètes et une intelligence artificielle plus sûre, malgré les tensions importantes qui pèsent sur les relations bilatérales en raison des guerres au Moyen-Orient.

L’ambassadeur israélien Iddo Moed affirme que les deux pays sont des pôles d’innovation et qu’Israël peut contribuer à transformer la recherche en solutions concrètes permettant de résoudre des problèmes.

«Le Canada et Israël sont tous deux des pays qui cherchent activement à exporter des technologies, à ouvrir de nouveaux marchés et à résoudre des problèmes qui existent également ailleurs», soutient l’ambassadeur israélien Iddo Moed à la Presse canadienne.

M. Moed a également souligné que les relations entre son pays et le Canada n’avaient jamais été aussi tendues depuis près de 80 ans. Le Canada a accusé Israël de graves violations du droit international et Israël a affirmé qu’Ottawa compromettait les perspectives de paix.

Le premier ministre Mark Carney n’a jamais eu d’entretien téléphonique ni de rencontre officielle avec son homologue israélien Benyamin Nétanyahou, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

M. Carney a accusé le gouvernement israélien de ne pas avoir su empêcher une crise humanitaire dans la bande de Gaza en restreignant à plusieurs reprises l’acheminement de l’aide essentielle aux Palestiniens. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré en mai que les mauvais traitements infligés par Israël aux Canadiens participant à une flottille tentant de rejoindre Gaza constituaient une violation de la Convention de Vienne.

M. Moed affirme que le gouvernement Carney peut amener les entreprises israéliennes et canadiennes spécialisées dans les données à collaborer afin de renforcer la résilience face aux cyberattaques. Il ajoute que les entreprises technologiques israéliennes pourraient également aider les municipalités canadiennes à utiliser les données pour mieux gérer la circulation routière.

Il dit que les entreprises israéliennes souhaitent également collaborer avec le Canada sur le concept des «hôpitaux à domicile», qui consiste à surveiller les patients présentant des besoins aigus ou chroniques à l’aide d’appareils portables et d’appels vidéo. Les entreprises qui ont mené des projets pilotes en Europe et aux États-Unis, souhaitent faire de même dans les provinces canadiennes.

«Souvent, les Israéliens sont à l’avant-garde pour trouver des solutions rapides à des problèmes majeurs», vante M. Moed.

Il a fait valoir que le secteur technologique israélien s’inscrit parfaitement dans la priorité accordée par le gouvernement Carney à la productivité économique. Il avance que les deux pays partagent une «culture de l’innovation», mais qu’Israël s’est davantage attaché à transformer la recherche pour aider les jeunes pousses à devenir économiquement viables.

Son ambassade s’efforce de mettre en relation des entreprises des deux pays, dans l’espoir que l’innovation israélienne puisse tirer parti de la population plus importante du Canada et de son accès au marché américain — même si Washington bouleverse actuellement les échanges commerciaux sur le continent.

«Nous travaillons à la mise en place d’une sorte de réseau virtuel ou de communauté virtuelle qui rassemblera des technologues de tous horizons, notamment dans les domaines de la cybersécurité et de l’IA, et qui touchera de nombreux secteurs, comme l’agriculture, les communications, les transports et l’aviation», dit M. Moed.

Le ministre fédéral de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, a rencontré M. Moed en janvier pour discuter d’une éventuelle collaboration avec Israël. Le ministre semblait alors reconnaître le climat tendu qui régnait alors dans les relations entre le Canada et Israël.

«Le dialogue est important, en particulier dans les périodes complexes», a écrit M. Solomon sur les réseaux sociaux à propos de cette rencontre.

L’ambassadeur israélien souhaite que les pays travaillent ensemble à éliminer les contenus haineux des services d’IA.

«Ici, au Canada, nous proposons toutes sortes d’idées, voire une collaboration afin de trouver de nouvelles façons de remédier à ce problème, mentionne-t-il. Il ne s’agit bien sûr pas uniquement des Juifs. Il s’agit de la propagation de la haine et, en réalité, de l’incitation à la violence.»

M. Moed ne cite aucune plateforme en particulier. Le réseau social X a connu une recrudescence des discours antisémites et des influenceurs antijuifs depuis son rachat par le milliardaire Elon Musk, selon le Center for Countering Digital Hate américain.

Meta, l’entreprise mère de Facebook, a également constaté que ses agents conversationnels basés sur l’IA reprenaient des clichés racistes et des théories du complot antisémites.

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste