Politique

Steven Guilbeault pourrait quitter le caucus libéral cette semaine

Il serait inquiet du recul des politiques climatiques orchestré par le premier ministre Mark Carney.

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Le ministre de l'Environnement et de la lutte au Changement climatique, Steven Guilbeault, prend la parole lors d'une conférence de presse au Théâtre national de la presse à Ottawa, le 7 mai 2024. (Sean Kilpatrick | La Presse Canadienne)

L’ancien ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, envisagerait de démissionner du caucus libéral en raison de ses inquiétudes concernant le démantèlement par le gouvernement fédéral des politiques climatiques de l’ère Trudeau et la dernière version du protocole d’accord conclu avec l’Alberta visant à construire un nouvel oléoduc, selon quatre sources du gouvernement fédéral à CTV News.

Selon ces sources, M. Guilbeault envisagerait de rester député, mais en tant qu’indépendant et ne se présenterait probablement pas aux prochaines élections.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

CTV News a contacté son bureau, mais n’a pas reçu de réponse au moment de la publication de cet article. Des sources proches de l’ancien ministre qui se sont entretenues avec lui lundi indiquent qu’il n’avait pas encore pris sa décision à 100%.

Alors qu’il se rendait à une réunion du Cabinet mardi matin, le premier ministre Mark Carney a été interrogé par Marieke Walsh du Globe and Mail pour savoir s’il s’attendait à ce que M. Guilbeault démissionne. Il n’a pas répondu.

CTV News a posé la même question à la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, qui a répondu: «Je suis une bonne amie de Steven, j’ai beaucoup œuvré pour l’amener en politique, et il restera toujours un bon ami».

«Mais nous sommes également confrontés à une crise énergétique en ce moment, qui affecte le prix de l’essence dans tout le pays», a-t-elle ajouté. «Des événements se produisent à des milliers de kilomètres d’ici. Dans ces circonstances, nous devons donc être en mesure de protéger notre souveraineté énergétique et de soutenir nos alliés.»

M. Guilbeault n’est pas le seul à s’inquiéter du recul des politiques climatiques. Plus d’une douzaine de députés libéraux ont récemment écrit au premier ministre pour exprimer leur inquiétude face aux modifications apportées à la réglementation sur le méthane et l’électricité propre en Alberta, qui repoussent l’objectif d’un prix effectif du carbone de 130$ la tonne au-delà de 2030, ainsi qu’à l’éventuelle utilisation de fonds publics pour un nouveau pipeline.

Des sources proches de M. Guilbeault indiquent qu’il était découragé par le fait que le protocole d’accord, le relâchement correspondant du plafond d’émissions pour le pétrole et le gaz, ainsi que les réglementations susmentionnées signifiaient que même l’objectif de zéro émission nette du Canada pour 2050 était hors de portée, selon une analyse du Canadian Climate Institute.

Carney veut désigner le pipeline albertain comme étant d’intérêt national Le gouvernement de Mark Carney s’engage à faire des démarches pour qu’un projet de pipeline qui n’est pas encore soumis par le gouvernement de l’Alberta soit désigné, d’ici à octobre prochain, comme étant un projet d’intérêt national.

Les spéculations sur l’avenir politique de M. Guilbeault se sont intensifiées après que M. Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, se sont mis d’accord au début du mois sur les éléments d’un accord énergétique qui pourrait voir la construction d’un oléoduc débuter dès l’automne 2027 si certaines conditions sont remplies.

En novembre dernier, il a démissionné du cabinet de Carney, où il occupait le poste de ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes – quelques heures seulement après que Mark Carney et Danielle Smith eurent signé le protocole d’accord (MOU) initial sur l’énergie.

À l’époque, tout en déclarant comprendre les efforts du premier ministre face à une «perturbation profonde», M. Guilbeault avait dit qu’il était «de ceux pour qui les questions environnementales doivent rester au premier plan».

Dans une entrevue accordée à l’émission Power Play de CTV avec Vassy Kapelos en décembre, après sa démission du cabinet, M. Guilbeault a affirmé que l’accord sur l’énergie rendait «impossible» pour le gouvernement fédéral d’atteindre ses objectifs d’émissions pour 2030.

M. Guilbeault avait auparavant occupé le poste de ministre de l’Environnement et du Changement climatique de 2021 à 2025 sous l’ancien premier ministre Justin Trudeau.

Sous le gouvernement Trudeau, le gouvernement fédéral s’était engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% à 45% par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, de 45 à 50% d’ici 2035 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, mais le gouvernement Carney s’est montré beaucoup moins explicite quant à ces engagements.

Un rapport publié en février 2026 par le Canadian Climate Institute a conclu que le Canada était en passe d’atteindre à peine la moitié des objectifs de réduction des émissions fixés pour 2030.

Au début du mois, M. Carney a affirmé que les Canadiens pouvaient s’attendre à une mise à jour sur les plans climatiques du gouvernement fédéral.