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Stephen Harper affirme ne pas avoir signé la pétition pour la séparation de l’Alberta

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L'ancien premier ministre Stephen Harper donne un discours à Ottawa le 22 mars 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld L'ancien premier ministre Stephen Harper donne un discours à Ottawa le 22 mars 2023. LA PRESSE CANADIENNE (Adrian Wyld)

OTTAWA — L'ancien premier ministre Stephen Harper affirme qu'il n'a pas signé la pétition visant à enclencher un référendum sur la sécession de l'Alberta du Canada.

M. Harper a fait cette déclaration lors d'une table ronde organisée par la Société géographique royale du Canada à Ottawa, aux côtés de l'ancien premier ministre Jean Chrétien.

Les deux hommes ont fait une rare apparition ensemble dans la capitale et ont participé à une discussion approfondie portant sur la souveraineté de l'Arctique, la montée du nationalisme, les bouleversements de l'ordre mondial induits par le président américain Donald Trump et l'essor des mouvements séparatistes.

À un moment donné, alors que M. Chrétien évoquait son expérience du référendum québécois de 1995, il a lancé, sur le ton de la plaisanterie, qu'il ne comprenait pas la situation actuelle en Alberta.

M. Harper a alors rétorqué: «Je n'ai pas signé la pétition.»

M. Chrétien a répliqué: «Des conservateurs l'ont-ils signée?» Ce à quoi M. Harper a répondu: «On me l'a dit.»

«Le Canada restera uni, n'ayez crainte», a affirmé M. Chrétien après ce bref échange.

M. Harper a également abordé brièvement la politique provinciale québécoise. La résurgence du Parti québécois et sa popularité croissante laissent penser aux observateurs politiques qu'un référendum est probable dans la province.

M. Harper a déclaré qu'il serait intéressant de voir comment la politique québécoise évoluera cette année. Il a également mentionné avoir croisé, il y a quelques mois à l'aéroport d'Ottawa, un séparatiste de longue date et de premier plan — dont il a préféré taire le nom — avec qui il a discuté de l'influence du président américain Donald Trump sur les affaires internationales.

M. Harper a rapporté avoir dit: «Voilà pourquoi nous devons rester unis.» Le séparatiste, baissant la voix, a répondu: «Je crois que vous avez raison.»

Après l'événement, aucun des deux anciens premiers ministres n'a répondu aux questions des médias nationaux et n'a donc pas poussé leur réflexion sur la montée des mouvements séparatistes au Canada.

M. Harper a toutefois affirmé que si «le gouvernement fédéral gère bien le pays, en privilégiant l'unité plutôt que les querelles idéologiques, rien ne nous empêche de rassembler le pays».

M. Harper a également assuré qu'en cette période de regain de nationalisme à travers le monde, il n'y a aucune raison pour que les Canadiens ne soient pas profondément fiers de leur pays.

La souveraineté du Canada est devenue une préoccupation majeure pour les Canadiens au cours de la dernière année, depuis l'entrée en fonction de Donald Trump. Le président a ouvertement évoqué l'annexion du Canada pendant plus d'un an, tout en imposant des droits de douane punitifs au pays. Il a également fait pression pour acquérir le Groenland.

Parallèlement, les pressions séparatistes s'intensifient en Alberta et au Québec. Un chef du mouvement séparatiste albertain a récemment affirmé que certains membres du caucus du Parti conservateur uni de la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, avaient même signé la pétition demandant un vote sur la séparation.

M. Chrétien, quant à lui, a indiqué à l'auditoire qu'un changement géopolitique majeur est en cours, qui annonce probablement le déclin de la domination américaine dans le monde, mais que les Canadiens peuvent être assurés que leur pays est en bonne position malgré tout.

«Nous vivons une période charnière pour le monde. C'est un bouleversement majeur. C'est probablement ce que j'appellerais la fin de l'empire américain, et c'est inévitable. Tous les empires évoluent. Certes, ce processus s'accélère, mais nous sommes en excellente position», a lancé M. Chrétien, soulignant les valeurs fortes et le niveau d'éducation élevé du Canada.

Alors que les deux hommes discutaient de l'Arctique canadien, M. Harper a avancé qu'il n'aurait jamais imaginé que la plus grande menace pour l'Arctique canadien viendrait des États-Unis.

M. Harper est de passage dans la capitale cette semaine pour le dévoilement de son portrait officiel sur la colline du Parlement mardi, et pour marquer les deux décennies depuis que le Parti conservateur moderne a été élu pour la première fois au gouvernement.

La Société géographique a décerné lundi à M. Harper sa plus haute distinction, la médaille d'or, en reconnaissance d'une carrière exceptionnelle au service du public.

Kyle Duggan, La Presse Canadienne