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Santé: les provinces demandent plus de financement à Mark Carney

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Les premiers ministres des provinces et territoires tiennent une conférence de presse conjointe dans le cadre du Conseil de la fédération, à Charlottetown, le mercredi 22 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Darren Calabrese Les premiers ministres des provinces et territoires tiennent une conférence de presse conjointe dans le cadre du Conseil de la fédération, à Charlottetown, le mercredi 22 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Darren Calabrese (Darren Calabrese)

Les premiers ministres des provinces attendent Mark Carney jeudi avec une revendication concertée: le fédéral doit augmenter massivement le financement du système de santé.

Mais malgré leur unanimité, les chefs des gouvernements provinciaux, dont Christine Fréchette, n’ont pas fixé de cible ou de montant clair.

Les provinces veulent du «financement prévisible» et de la «certitude», a déclaré Mme Fréchette mercredi à la conférence de presse finale de la réunion du Conseil de fédération qui s’est tenue pendant deux jours à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Rappelons que le financement du système public de santé, une compétence partagée, est l’objet de différends constants entre Ottawa et les provinces: le fédéral assumait autrefois 50 % des coûts des soins de santé, mais sa part équivaudra bientôt à 20 % des coûts totaux.

Dans un communiqué substantiel de cinq pages, les provinces et territoires disent faire face à des «coûts croissants» et des «pressions financières insoutenables».

Le financement fédéral ciblé qui se termine en mars 2027 mène «tout droit à une impasse financière», déplorent les provinces.

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a rappelé sur le ton de la récrimination qu’autrefois, à l’origine, Ottawa finançait la moitié des coûts du système de santé.

«On veut le revoir à 50 % idéalement», a lancé le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew.

«Notre espoir serait de retourner moitié, moitié, comme c’était le cas historiquement. On s’entend tous sur le fait de réclamer davantage de financement d’Ottawa.»

«Notre investissement dans le système de santé fait partie du projet d’édification de la nation s’il est traité avec sérieux», a renchéri Rob Lantz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard et président du Conseil de la fédération.

Rappelons que le Québec prévoit dépenser au moins 68 milliards $ en 2026-2027 en santé sur un budget de 170 milliards $, soit près de 40 %.

Sur ce montant, 9,2 milliards $ doivent venir du fédéral par l’entremise du Transfert canadien en santé (TCS).

C’est davantage qu’en 2025-2026 (8,6 milliards $), mais pratiquement le même montant que ce qui est prévu l’an prochain (9,4 milliards $).

La semaine dernière, lors de la rencontre des ministres des Finances qui s’est tenue aussi à Charlottetown, Eric Girard a milité pour l’augmentation de l’enveloppe du TCS.

Il avait laissé entendre alors qu’il sentait qu’il n’était pas seul à porter cette revendication.

Selon les renseignements fournis par une porte-parole à La Presse Canadienne, la hausse du financement en santé ne semblait pas apparaître dans les priorités principales du gouvernement fédéral, mais le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, s’était montré «très ouvert».

Québec demande à ce que le TCS augmente au minimum de 5 % par an, alors qu’Ottawa avait consenti lors de la dernière entente 2016-2017 à une hausse d’environ 4 %.

M. Girard a également demandé à ce que certaines enveloppes fédérales dédiées particulièrement à la santé mentale et aux soins à domicile soient reconduites, puisqu’Ottawa n’a pas manifesté clairement son intention de renouveler ces engagements financiers.

En 2016-2017, le précédent gouvernement Couillard réclamait au moins un plancher de financement fédéral de 25 % en santé, mais en vain, puisque la proportion a glissé à 23 % et devrait être réduite à autour de 20 %, alors que les besoins ne cessent d’augmenter et que les provinces subissent de fortes pressions sur leurs finances publiques.

Dans son budget 2026-2027 déposé au printemps dernier, le gouvernement caquiste avait établi un constat clair et fait valoir ses récriminations.

«Le Québec demande une augmentation plus importante du TCS, peut-on lire. Les sommes annoncées en santé par le gouvernement fédéral en février 2023 sont nettement insuffisantes. Or, le budget fédéral présenté le 4 novembre 2025 ne contenait aucun rehaussement du TCS.»

Le budget de M. Girard rappelait que «la part du TCS dans les dépenses de santé des provinces et territoires s’établira à 20,8 % en 2026-2027, alors qu’elle était de 23,2 % en 2016-2017. Qui plus est, cette part ira en diminuant à compter de 2028-2029, et ce, en raison du fait que l’augmentation annuelle minimale du TCS diminuera de 5 % à 3 % à compter de 2028-2029».

Le document rappelait que le gouvernement demande formellement une hausse minimale du TCS à 5 % par an au delà de 2027-2028.

«Le Québec obtiendrait ainsi des revenus de transferts fédéraux additionnels, estimés à 1,1 milliard $ sur trois ans, soit de 2028-2029 à 2030-2031, pour financer son système de santé et de services sociaux», précisait-on.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste