Politique

Roberge s’engage à traiter les dossiers des travailleurs de la santé en priorité

Le gouvernement Legault répond aux signaux d’alarme du réseau de la santé.

Mis à jour le 

Publié le 

Le ministre québécois responsable de l'Immigration, de la Francization et de l'Intégration, Jean-François Roberge, répond aux questions de l'opposition sur les travailleurs immigrants lors de la période de questions à l'Assemblée législative à Québec, le jeudi 5 février 2026. Le ministre québécois responsable de l'Immigration, de la Francization et de l'Intégration, Jean-François Roberge, répond aux questions de l'opposition sur les travailleurs immigrants lors de la période de questions à l'Assemblée législative à Québec, le jeudi 5 février 2026.

Le gouvernement Legault répond aux signaux d’alarme du réseau de la santé, qui craint de perdre des milliers de travailleurs étrangers à la suite des changements dans le système d’immigration.

À la période des questions jeudi, le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, s’est engagé à ce que leurs dossiers soient traités en priorité d’ici à la fin de l’année.

Le chef de l’opposition, Marc Tanguay, a rappelé que, en se référant aux données de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), pas moins de 4000 préposés aux bénéficiaires et 1200 infirmières étaient à risque de devoir quitter leur emploi et le Québec.

Il y a quelques semaines, le grand patron du Centre hospitalier universitaire de Québec, Martin Beaumont, s’était inquiété de perdre les travailleurs recrutés à l’étranger et de ne pouvoir ainsi «respecter sa parole» envers eux.

Toute cette controverse dure depuis plusieurs mois maintenant.

Elle fait suite à l’abolition en novembre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui était perçu comme une voie rapide pour les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants étrangers diplômés du Québec aux fins d’obtenir le Certificat de sélection du Québec (CSQ).

Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui le remplace, a été critiqué de toutes parts.

Des entreprises ainsi que des établissements du réseau de la santé craignent de subir une hémorragie de personnel, des travailleurs dont le permis de travail émis par le fédéral arriverait à échéance avant même que leur dossier soit accepté en vertu du PSTQ.

«Les travailleurs de la santé sont priorisés, et je m’engage à ce que le gouvernement sélectionne ces personnes, ces travailleurs et travailleuses essentiels qui travaillent dans le réseau de la santé, d’ici la fin de l’année 2026», a soutenu M. Roberge en Chambre.

Invité à préciser comment le gouvernement procédera, le porte-parole du ministre a fait savoir que M. Roberge garantit ainsi que les travailleurs de la santé allaient recevoir une «invitation» du PSTQ dans le cours de l’année.

«On souhaite ainsi rassurer ces gens», a-t-il écrit par message texte.

Cependant, il est précisé que les travailleurs doivent déposer leur déclaration d’intérêt sur la plateforme Arrima.

«Seul un tout petit nombre de travailleurs étrangers du secteur de la santé ont déposé leur déclaration à ce jour, déplore-t-on. On ne peut pas inviter les gens qui ne postulent pas au programme.»

Les travailleurs doivent respecter les critères de base comme l’expérience de travail, selon le volet, et une connaissance suffisante du français, est-il rappelé.

Permis de travail

En Chambre, le ministre a toutefois reconnu un autre écueil.

Les permis de travail sont délivrés par le gouvernement fédéral et c’est lui qui peut les renouveler ou pas.

M. Roberge a fait savoir qu’il était en discussion avec Ottawa afin de s’assurer que les permis de travail soient renouvelés à temps, avant l’émission des autorisations nécessaires par le Québec.

«Ça suffit, de menacer les gens de retirer leurs permis de travail et de les sortir du pays, les arracher à leurs emplois», a-t-il lancé, tout en décochant une flèche à ses adversaires du PLQ en les associant au gouvernement libéral fédéral.

«J’espère que mon collègue (M. Tanguay) va nous aider, va appeler à sa maison mère pour convaincre le gouvernement fédéral, libéral, de renouveler les permis de travail, notamment dans nos régions, dans le secteur manufacturier et aussi dans le secteur touristique, qui fait vivre nos régions québécoises.»

L’opposition a demandé à plusieurs reprises une clause de droits acquis pour les personnes qui auraient pu postuler au PEQ avant que les demandes de candidature ne soient fermées

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste