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Régine Laurent dans l’embarras pour son appui à Bernard Drainville

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Course à la chefferie de la CAQ: De nouveaux appuis pour Bernard Drainville En marge du caucus des députés de la CAQ à Trois-Rivières, le candidat à la succession de François Legault, Bernard Drainville, a annoncé les appuis des députés Shirley Dorismond et Luc Provençal, alors que le ministre Jean-François Roberge, lui, se range derrière Christine Fréchette.

Les deux candidats à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ), Bernard Drainville et Christine Fréchette, ont tenu à marquer le coup au premier jour du caucus de la rentrée à Trois-Rivières, mardi, chacun avec sa démonstration de force.

M. Drainville s’est affiché en fin de journée avec un appui provenant hors du cercle des élus et militants: Régine Laurent, ancienne présidente du syndicat des infirmières (FIQ) et actuellement membre du conseil d’administration de Santé Québec, ce qui l’a plongée dans l’embarras.Pour sa part, Mme Fréchette a reçu un nouvel appui de taille, le ministre responsable de l’Immigration, de la Laïcité et de la Langue française, Jean-François Roberge.

«Bernard n’a pas seulement le Québec tatoué sur le coeur, il l’a dans tous les pores de sa peau», a fait valoir Mme Laurent en mêlée de presse au côté de son candidat, au centre des congrès de Trois-Rivières.

Elle a assuré qu’elle ne contrevenait à aucune règle de Santé Québec concernant les conflits d’intérêts.

Or, Santé Québec a indiqué de son côté qu’elle est en discussion avec Mme Laurent à ce sujet.

Selon le Code d’éthique des administrateurs de Santé Québec et le règlement sur l’éthique et la déontologie des administrateurs publics, «un administrateur doit, dans l’exercice de ses fonctions, prendre des décisions et formuler des recommandations indépendamment de toute considération politique partisane», a précisé l’organisation dans une déclaration.

«Il doit, de plus, faire preuve de réserve dans la communication publique de ses opinions politiques», a ajouté Santé Québec.

Plus tôt en journée, M. Drainville s’est présenté devant les médias avec tous les élus qui le soutiennent, dont deux nouveaux appuis, les députés Shirley Dorismond et Luc Provençal.

Bernard Drainville cumule huit appuis de députés, dont un ministre, alors que Mme Fréchette en affiche le double, 16, dont sept ministres.

«J’ai senti qu’elle est vraiment la leader qu’il nous faut, un leadership qui est rassembleur, j’ai senti qu’elle ne me demandait pas de choisir entre la fierté ou la prospérité, la prospérité ou l’efficacité, j’ai senti que Christine incarne réellement l’ADN de la Coalition avenir Québec», a plaidé M. Roberge en se présentant au côté de sa candidate, en mêlée de presse.

Mme Fréchette est présentée comme issue de l’aile économique de la CAQ, tandis que M. Drainville est présenté comme issu de l’aile nationaliste du parti.

M. Roberge a été associé au courant nationaliste du parti et son ralliement au camp de Mme Fréchette lui apporte un appui symbolique.

Pour sa part, la députée Shirley Dorismond a justifié son choix en faveur de M. Drainville, alors qu’elle avait d’abord appuyé Simon Jolin-Barrette, qui s’est désisté.

«C’est un candidat d’envergure nationale avec énormément d’expérience pour faire face au contexte actuel qui est mondial», a-t-elle fait valoir.

Parmi ceux qui se disent encore indécis, il y a le député de Johnson et ancien ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, qui avait appuyé Simon Jolin-Barrette avant son retrait de la course.

«Je verrai», a-t-il lancé quand les journalistes l’ont interrogé.

Chez les députés indécis, on retrouvait mardi matin Amélie Dionne (Rivière-du-Loup-Témiscouata), Mathieu Rivest (Côte-du-Sud), Jean-Bernard Émond (Richelieu) et Stéphane Sainte-Croix (Gaspé).Il y a également la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Chantal Soucy (Saint-Hyacinthe).

Interrogée sur sa préférence, la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a indiqué qu’elle n’était «pas rendue là».

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, celle de l’Habitation, Caroline Proulx, le ministre des Finances, Eric Girard, et leur collègue à l’Agriculture, Donald Martel, ont fait savoir qu’ils n’allaient pas prendre position.

En mêlée de presse, ce dernier a laissé entendre qu’il souhaitait une candidature provenant hors du parti.

Outre M. Roberge, les appuis recueillis par Mme Fréchette jusqu’à maintenant sont donc les ministres Gilles Bélanger, Kateri Champagne-Jourdain, Benoit Charette, Mathieu Lacombe, Ian Lafrenière et Chantal Rouleau.

Parmi les députés qui ne sont pas ministres, il y a Céline Haytayan (Laval-des-Rapides), Audrey Bogemans (Iberville), Chantal Jeannotte (Labelle), Vincent Caron (Portneuf), Karine Boivin Roy (Anjou-Louis-Riel), François St-Louis (Joliette), Valérie Schmaltz (Vimont), Mario Laframboise (Blainville) et Marie-Louise Tardif (Laviolette).

En plus de Mme Dorismond et M. Provençal, M. Drainville récolte les appuis du ministre Samuel Poulin, des députés Yannick Gagnon (Jonquière), Kariane Bourassa (Charlevoix-Côte-de-Beaupré), Suzanne Blais (Abitibi-Ouest), Isabelle Lecours (Lotbinière) et Marilyne Picard (Soulanges).

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste