Politique

Richard Martel n'a pas choisi d'affiliation au Sénat, mais dit conserver ses valeurs

«J’ai un fond conservateur. Ça ne veut pas dire à 100 % que je vais aller conservateur, mais mes valeurs, quand même, restent.»

Publié le 

Le sénateur Richard Martel (au centre), prend la pose avec les sénateurs Pierre Moreau (à gauche) et Claude Carignan (à droite) avant une cérémonie d'assermentation au Sénat du Canada, à Ottawa, le 28 septembre 2026.PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le sénateur Richard Martel (au centre), prend la pose avec les sénateurs Pierre Moreau (à gauche) et Claude Carignan (à droite) avant une cérémonie d'assermentation au Sénat du Canada, à Ottawa, le 28 septembre 2026.PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (PATRICK DOYLE)

L’ex-député conservateur Richard Martel, assermenté cette semaine en tant que nouveau sénateur, n’a pas encore choisi quelle sera son affiliation à la Chambre haute, mais il soutient que ses «valeurs» conservatrices resteront.

Celui qui a quitté son siège d’élu quand il a été nommé sénateur par le premier ministre Mark Carney se fait courtiser. Il pourrait choisir de se rallier aux conservateurs, au Groupe des sénateurs canadiens, au Groupe progressiste de sénateurs ou au Groupe des sénateurs indépendants.

Pour faciliter son arrivée à la Chambre haute, M. Martel s’est tourné vers le sénateur conservateur Claude Carignan pour être son «parrain», c’est-à-dire celui qui l’aide à se familiariser à son nouveau rôle.

«J’ai un fond conservateur. Ça ne veut pas dire à 100 % que je vais aller conservateur, mais mes valeurs, quand même, restent», a dit en entrevue celui qui a représenté la circonscription de Chicoutimi—Le Fjord pendant huit ans.

Il a pris soin de souligner qu’il n’a pas quitté les députés conservateurs pour se joindre au caucus libéral. Quatre de ses anciens collègues l’ont fait, comme Matt Jeneroux et Chris D’Entremont, et le gouvernement de Mark Carney, élu minoritaire, est aujourd’hui majoritaire.

«Quand j’ai démissionné, il y avait des raisons, il y avait un poste au Sénat. Je n’ai jamais traversé de l’autre côté, je suis un conservateur», a soutenu le nouveau sénateur.

Il aurait été «hors de question» qu’il devienne député libéral puisque «c’était clair» pour lui que «c’était impossible». M. Martel a assuré ne pas avoir été approché pas les troupes de M. Carney pour devenir transfuge, sauf à la blague. «Il n’y a rien eu de formel», a-t-il dit.

Départ de Richard Martel: un coup dur pour Pierre Poilievre? Le premier ministre Mark Carney a nommé au Sénat le député conservateur du Québec Richard Martel. Alain Rayes analyse le tout.

Il a aussi précisé qu’il est «en bons termes avec Pierre Poilievre», notant que le chef conservateur a eu de bons mots pour lui lorsqu’il a annoncé qu’il quittait la Chambre des communes pour la Chambre haute.

Quoi qu’il en soit, les départs de députés conservateurs se sont accumulés et atteindront bientôt le nombre de huit, en incluant celui de M. Martel.

En plus des quatre membres du caucus qui ont déserté le caucus conservateur pour se joindre aux libéraux de Mark Carney, deux autres ont démissionné de leur poste de député sans changer de camp. L’élu Scott Aitchison a signalé mercredi qu’il fera de même.

Questionné à savoir ce qui explique, selon lui, tous ces départs, M. Martel a répondu en évoquant l’équilibre entre la vie professionnelle et le travail ainsi que la «motivation».

«Ça fait quand même un bon bout de temps qu’on est de l’autre côté», a-t-il mentionné en faisant référence aux banquettes de l’opposition officielle.

Il a rappelé que les conservateurs ont longtemps trôné en tête des sondages et ont donc pu croire qu’ils prendraient le pouvoir, au terme de la dernière élection générale de 2025 remportée par les libéraux.

«Quand tu vas en politique, ce n’est pas pour toujours être dans l’opposition, je pense. C’est comme quand tu as une équipe de hockey, ce n’est pas pour être en dernière position toutes les années», a illustré l’ancien entraîneur.

Le nouveau sénateur a nuancé son propos en ajoutant que la motivation du député doit aussi être celle de servir les résidents de sa circonscription.

«Chez nous, au Saguenay, ce qui est intéressant, même dans l’opposition, c’est qu’il y a des enjeux fédéraux où tu dois y participer: l’aluminium, la forêt, la base de Bagotville, l’agriculture, on a des ports de mer, des projets de développement économique qui peuvent déboucher chez nous, a-t-il énuméré. On est toujours dans le radar lorsqu’on parle d’enjeux fédéraux.»

S’il n’a toujours pas choisi quel groupe de sénateurs sera le meilleur véhicule pour lui, M. Martel assure qu’il continuera de défendre les intérêts de sa région et de s’occuper de «son monde».

«J’adorais ça, alors c’est pour ça que, pour moi, c’était plus facile de passer à côté de la petite déception de ne pas être au pouvoir et de continuer avec mon monde», a-t-il conclu.

Quant au siège de Chicoutimi—Le Fjord aux Communes, il est désormais occupé par le libéral Daniel Gobeil, élu lors de l’élection partielle d’août.

L’opposition officielle détenait la circonscription depuis 2018 avec M. Martel, qui y avait été élu à quatre reprises, sans interruption. Cette fois, les conservateurs ont terminé au troisième rang, loin derrière les libéraux.

Émilie Bergeron

Émilie Bergeron

Journaliste