L’ambassadeur des États-Unis au Canada affirme que les deux côtés de la frontière ont leur part de responsabilité dans la détérioration des relations canado-américaines et dans l’affaiblissement de l’accord de libre-échange entre les deux pays.
Pete Hoekstra affirme que les «points de friction» et les «tensions» doivent être réglés avant que les pourparlers puissent reprendre en vue du renouvellement de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui n’a pas été prolongé avant la date limite du 1er juillet.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’ambassadeur a ajouté jeudi à l’émission CTV Your Morning Vancouver que «certains des propos tenus par vos premiers ministres provinciaux (canadiens)» n’ont pas contribué à rétablir les relations officielles.
«Les torts sont partagés», a dit M. Hoekstra à propos de la rupture entre les deux parties. «De toute évidence, les deux équipes de négociation n’en sont pas encore au point où elles estiment qu’il est temps d’entrer dans le vif du sujet et de trouver une entente.»
«Nous sommes sur la bonne voie avec le Mexique. Nous avons tenu deux séances approfondies. La troisième est prévue ce mois-ci. Les quatrième et cinquième séances sont prévues pour août», a-t-il ajouté.
Bien qu’il ait reconnu ne pas être directement impliqué dans les négociations quotidiennes sur le commerce et les tarifs douaniers, l’ambassadeur s’est dit surpris que les pourparlers avec le Canada soient au point mort.
«Je ne pensais pas que cela prendrait autant de temps», a-t-il avoué. «Je croyais que nous en serions déjà là.»
L’entente sur les tarifs douaniers «est tombée à l’eau»
La semaine dernière, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a soutenu que les États-Unis ne renouvelleraient pas l’ACEUM «sous sa forme actuelle», mais que l’accord resterait en vigueur pendant la poursuite des négociations.
Cet accord commercial a protégé le Canada d’une grande partie des droits de douane imposés par le président américain, bien que des droits sectoriels distincts sur des produits comme l’acier et les automobiles s’appliquent toujours.
«Je discute avec nos négociateurs, et pour l’instant, les progrès sont insuffisants sur ce que nous appelons les “points irritants”», a mentionné M. Hoekstra.
«Ce que les États-Unis ont fait — et le Canada a fait de même —, c’est que nous avons cerné une série de problèmes qui sont apparus au cours des six dernières années et qui, selon nous, faussent les relations commerciales entre les États-Unis et le Canada»
— Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada
«Il faut s’attaquer à ces problèmes, et ensuite nous pourrons envisager de prolonger ou de modifier l’ACEUM, ce qui n’est pas encore le cas à l’heure actuelle», a-t-il dit.
Le Canada et le Mexique ont publiquement déclaré qu’ils espéraient que l’accord, dans sa forme actuelle, resterait en vigueur pendant encore 16 ans. Les États-Unis, toutefois, ont fait valoir que l’accord devait être mis à jour et que la version actuelle avait fait son temps.
Au sujet d’autres discussions sur les droits de douane, M. Hoekstra a indiqué que le Canada et les États-Unis étaient sur le point de conclure une entente l’automne dernier qui aurait allégé les pressions tarifaires sur des secteurs tels que l’acier, l’aluminium, le pétrole, l’uranium et les pièces d’automobile.
«Cette entente est tombée à l’eau», a-t-il lâché. «Et ce n’est pas nous qui l’avons fait.»
«Une coopération extraordinaire»
Malgré les tensions, l’ambassadeur affirme qu’il y a beaucoup de raisons de se réjouir dans les relations canado-américaines, même si de nombreux Canadiens continuent de boycotter les voyages et les produits américains.
«Regardez ce qui se passe ici même en Colombie-Britannique aujourd’hui et depuis la semaine dernière», a-t-il mentionné. «Nous avons bénéficié d’une coopération phénoménale dans le cadre de la Coupe du monde de la FIFA. D’après ce que j’ai compris, le passage de la frontière entre les États-Unis et le Canada s’est déroulé sans heurts pendant toute la durée de la Coupe du monde. Nous nous en inquiétions il y a un an, lorsque j’étais ici. Nous avons examiné la situation, mais tout le monde s’est mobilisé. Les Canadiens et les Américains ont fait leur travail.»
L’ambassadeur a ajouté que les deux parties faisaient également preuve d’une « coopération extraordinaire » en matière d’atténuation des feux de forêt à la suite de la saison des feux de 2025, au cours de laquelle près de 90 000 kilomètres carrés de territoire canadien ont brûlé.
«Nos pensées vont à la population de la Colombie-Britannique», a ajouté M. Hoekstra jeudi, alors que de vastes étendues de la province étaient une fois de plus envahies par la fumée des feux de forêt qui menacent les collectivités.
«Il y a à peine une semaine, j’ai participé à une téléconférence avec des Canadiens et des Américains pour discuter de la saison des feux, de la collaboration et des mesures que nous prenons ensemble», a-t-il expliqué.
«Il y a donc beaucoup d’éléments positifs. Y a-t-il des tensions en ce moment? Absolument», a-t-il rappelé. «Nous devons surmonter ces droits de douane et certains “facteurs irritants” dans le domaine commercial qui se sont développés au cours des six dernières années, mais dans l’ensemble, il se passe chaque jour beaucoup de choses qui sont extrêmement positives et bénéfiques pour les gens des deux côtés de la frontière. »

