Québec solidaire (QS) est «bien en selle» malgré les derniers mois marqués par des annonces de départs, une exclusion du caucus et des sondages défavorables, assurent ses deux co-porte-paroles. Ils positionnent leur parti comme le seul «connecté» aux enjeux du coût de la vie et y vont de premiers engagements électoraux à ce chapitre.
«On a traversé une transition. Cette transition-là est terminée. Et là, en ce moment, on est un parti qui est bien en selle, qui est sur les priorités des enjeux de la fin du mois des Québécoises et des Québécois», a déclaré Sol Zanetti, en mêlée de presse, jeudi matin.
Les députés solidaires sont réunis en caucus à Montréal en vue de préparer la dernière session parlementaire à l’Assemblée nationale avant les prochaines élections générales.
QS se retrouve au dernier rang des intentions de vote, à égalité avec la Coalition avenir Québec, récoltant 11 % des appuis, selon un dernier sondage Pallas Data paru début janvier.
Au cours des derniers mois, quatre députés du parti ont fait part qu’ils n’allaient pas être sur les rangs aux élections d’octobre, dont les anciens co-porte-paroles Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé.
En plus de ces départs à venir, QS a exclu l’automne dernier de son caucus le député Vincent Marissal, en raison de discussions avec le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon en vue de se présenter pour le Parti québécois (PQ). M. Marissal avait soutenu, le même jour, avoir quitté de son propre chef le parti.
Consciente de cette période plus difficile, la co-porte-parole Ruba Ghazal affiche tout de même un optimisme et un enthousiasme à l’approche de la campagne électorale.
«On a hâte à cette élection-là parce qu’on est les seuls depuis des mois et des mois à parler des enjeux qui touchent les Québécois dans leur quotidien, que ce soit la crise du coût de la vie, la crise du logement, l’épicerie et l’hypothèque», a affirmé Mme Ghazal.
«On est vraiment sur les enjeux connectés à ce qui touche les Québécois, contrairement aux autres partis qui sont soit pris dans des courses à la chefferie, soit pris dans une réputation de corruption», a-t-elle ajouté.
Mme Ghazal assure par ailleurs que le parti sera prêt si des élections hâtives devaient avoir lieu. Elle promet que des annonces de candidatures sont à venir. QS compte actuellement 11 députés.
Détaxer les produits d’hygiène
QS ne compte «pas lâcher» les questions liées au coût de la vie au cours des prochains mois.
En ce sens, la formation politique a annoncé plus tard jeudi trois mesures qu’elle mettrait en oeuvre si elle prenait le pouvoir.
QS propose de détaxer les produits d’hygiène (par exemple, le shampoing, le papier de toilette, le savon et le dentifrice), fixer les loyers à l’inflation et forcer les grandes bannières en alimentation à ouvrir leurs livres comptables pour s’assurer que leur marge de profits ne dépasse pas le 2 %.
«C’est pour aider le portefeuille des familles tout de suite, rapidement, mais on veut aussi aller plus loin, puis renverser la tendance», a affirmé Mme Ghazal.
En marge du début de leur caucus présessionnel, les deux co-porte-paroles ont aussi été appelés à réagir au discours de Mark Carney sur les Plaines d’Abraham et à la réplique de M. St-Pierre Plamondon à ce sujet.
«On est tous d’accord qu’il y avait là quelque chose d’inacceptable. Une vision de l’histoire qui est révisionniste pour le moins, choquante, qui montre la distance entre M. Carney, le Québec et notre histoire», a répondu M. Zanetti.
Sur les propos du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui prétend que l’élection du PQ serait un «désastre» pour le Canada, M. Zanetti a affirmé que la question de l’indépendance du Québec ne regarde que la population québécoise. Il a aussi invité à ne pas tenir pour acquis le résultat de la prochaine élection.
