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Québec remboursera le coût carbone aux entreprises agricoles

Québec bonifiera également le soutien financier pour la relève.

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Un semoir sème du blé dans une exploitation agricole près de Cremona, en Alberta, le mardi 6 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh (Jeff McIntosh)

Pressé par l’UPA, le gouvernement Fréchette s’est engagé vendredi à rembourser pour deux ans, 2026 et 2027, la contribution des entreprises agricoles à la Bourse du carbone, un montant total de 87 millions $.

Les sommes proviendront du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC, appelé couramment Fonds vert) et correspondent aux versements des entreprises agricoles à ce fonds, a indiqué la porte-parole du ministre de l’Agriculture, Donald Martel.

Les entreprises agricoles y contribuent par une taxe sur les carburants qu’elles consomment.

C’est la Financière agricole qui versera les montants à plus de 15 000 agriculteurs à compter de juillet.

La première ministre Christine Fréchette réalise ainsi un engagement qu’elle avait pris et répond à une récrimination véhiculée depuis plusieurs années par l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Les agriculteurs n’auront donc plus aucun incitatif contraignant pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES)? Non, estime Mme Fréchette.

«Je suis convaincue que le secteur agricole va poursuivre ses démarches pour réduire son empreinte carbone», a affirmé la première ministre en mêlée de presse, vendredi matin, en marge d’une activité du secteur bioalimentaire à Drummondville.

Dans un discours, elle a laissé entendre que cela aidera les agriculteurs à faire face à la «compétition d’États qui n’ont pas de normes environnementales très élevées».

L’UPA plaidait que les agriculteurs versaient plus d’argent pour la lutte aux changements climatiques qu’ils n’en recevaient pour faire face à ces défis.

Selon le président général de l’UPA, Martin Caron, il s’agit d’un «gain majeur pour la compétitivité et la transférabilité de nos entreprises».

«Nous avons confiance que la première ministre s’efforcera aussi d’augmenter la part des aliments québécois dans nos institutions et de réduire le fardeau administratif et réglementaire, comme elle s’y est engagée», a ajouté ajoute M. Caron dans un communiqué.

En 2025, l’opposition officielle libérale affirmait que les agriculteurs avaient dû verser 480 millions $ sur quatre ans pour leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la Bourse du carbone, soit le Système de plafonnement et échange de droits d’émission (SPEDE).

Le gouvernement avait alors indiqué qu’un mémoire du ministère des Finances arrivait plutôt à une contribution de 140 millions $ des agriculteurs.

Le gouvernement avait ajouté que les agriculteurs avaient reçu en plus 290 millions $ sur quatre ans pour l’adaptation aux changements climatiques.

Rappelons que le SPEDE vise à réduire les émissions de GES du Québec et de la Californie: les entreprises des grands secteurs les plus polluants peuvent acheter aux enchères à tous les trois mois des «unités», en quelque sorte des droits d’émission.

Année après année, le plafond des émissions autorisées diminue, ce qui force à la hausse le prix des unités et incite les entreprises à réduire leurs émissions, ou encore, à acheter des «unités» dans l’autre territoire.

Les revenus que tire le gouvernement du Québec de cette Bourse sont versés intégralement dans le FECC, qui sert exclusivement à financer toutes sortes de projets de réduction des GES et d’adaptation aux changements climatiques.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste