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Québec ouvre 12 places d'hébergement pour itinérants avec des enjeux de santé mentale

La ministre de la Santé était de passage à Montréal pour l’inauguration officielle du PRISM Nord.

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La ministre de la Santé Sonia Bélanger répond à l'opposition lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, à Québec, le mardi 10 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot La ministre de la Santé Sonia Bélanger répond à l'opposition lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, à Québec, le mardi 10 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot (Jacques Boissinot)

Québec annonce l’ouverture du PRISM Nord, sixième ressource d’hébergement transitoire pour personnes itinérantes aux prises avec des enjeux de santé mentale.

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, était de passage à Montréal pour l’inauguration officielle de cette ressource dans le nord de la métropole à laquelle seront consacrés 500 000 $ annuellement. Cette somme servira à assurer la présence d’une psychiatre, d’un infirmier, d’un travailleur social, d’un intervenant psychosocial provenant de la Mission Old Brewery et d’une coordonnatrice clinique.

«Le PRISM, ce n’est pas seulement une offre d’hébergement, mais c’est avant tout un milieu thérapeutique, structuré, intégré et transitoire», a expliqué la ministre.

«Partout au Québec, nos équipes médicales et psycho-sociales veulent aller vers des modèles plus terrain, là où se retrouvent les personnes et là, on est sur la bonne voie pour l’itinérance.»

Réaffilier une clientèle isolée

Le PRISM Nord, acronyme signifiant Projet de réaffiliation en itinérance et santé mentale, accueillera dans ce cas-ci 12 personnes, portant à environ 70 le nombre de places disponibles dans ce genre de ressource. Il s’agit d’un lieu d’hébergement transitoire destiné à une clientèle extrêmement vulnérable qui a tourné le dos au réseau de la santé et qui est souvent réfractaire à le réintégrer.

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«Ces logements proposent un milieu de vie convivial où les résidants recevront entre autres du soutien psychosocial et psychiatrique», a expliqué la présidente-directrice générale du CIUSSS du Nord de l’Île de Montréal, Adélaide De Melo.

«Ici, ils seront accompagnés par les professionnels et, ensemble, les résidants et les professionnels identifieront des solutions pérennes permettant une vie plus sereine, plus sécuritaire et plus saine.»

Alliance entre le communautaire et la santé

Le travail se fait en collaboration avec la Mission Old Brewery, un organisme communautaire qui œuvre auprès des itinérants et son président-directeur général, James Hughes, y voit une approche novatrice extrêmement porteuse. «J’aime penser à une fusion des forces communautaires avec les forces du milieu de santé parce que tout seuls, on ne peut pas faire face aux défis des personnes avec des complexités majeure qui vivent l’itinérance et des problèmes de santé majeurs en même temps. C’est une comorbidité très importante, très difficile à gérer. Mais ici, au Québec, on a trouvé une façon d’y faire face et ça s’appelle le PRISM.»

Les durées de séjour sont variables et peuvent s’étendre jusqu’à six mois, parfois plus, et les bénéficiaires sont par la suite dirigés vers du logement permanent supervisé.

Selon Émilie Fortier, vice-présidente aux services à la Mission Old Brewery, ces séjours ont un taux élevé de succès. «On va repérer des gens qui, avec un soin, pourraient être stabilisés puisqu’il n’y a pas de raison, autre que l’accès aux soins, pour laquelle la personne est en situation d’itinérance. Donc, en acceptant, en rapprochant la personne, en créant un lien avec elle, elle accepte d’être hébergée, on stabilise la personne. On parlait de trois à six mois, c’est aussi simple que ça. Ça prend vraiment de trois à six mois maximum pour stabiliser cette personne-là et la sortir de la trajectoire itinérante.»

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Des besoins en hausse

Évidemment, il faudrait davantage de telles ressources sur le terrain puisque, comme l’a rappelé la ministre Bélanger, l’itinérance visible a bondi de 44 % entre 2018 et 2022. «On attend les données du dernier dénombrement et on peut penser qu’il y aura certainement des chiffres qui auront malheureusement encore augmenté. Derrière ces chiffres, il y a des hommes, il y a des femmes, il y a des parcours de vie souvent marqués par la souffrance, par l’isolement, par des épreuves importantes. Et ces personnes-là ont besoin de soutien, de soins, de stabilité.»

D’ici à ce que de nouveaux PRISM promis par la ministre voient le jour, le modèle déjà en place «obtient des résultats notables (...) et a un impact concret et réel sur des personnes qui reprennent une stabilité de leur vie et aspirent à un avenir meilleur, a fait valoir Adelaide De Melo. Aujourd’hui, nous inaugurons non seulement un nouveau programme, mais aussi une porte qui s’ouvre vers l’espoir, vers un avenir plus humain, plus inclusif.»

Pierre Saint-Arnaud

Pierre Saint-Arnaud

Journaliste