Politique

Propos sur l’Assemblée nationale: QS doit expulser Haroun Bouazzi «sur le champ de son caucus», lance Joël Arseneau

«Les propos du député de Maurice-Richard sont injurieux et portent atteinte à la dignité de notre Assemblée nationale.»

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Haroun Bouazzi, porte-parole en matière de finances de Québec Solidaire, commente le discours du budget, le mardi 21 mars 2023, à l'Assemblée législative de Québec. Haroun Bouazzi, porte-parole en matière de finances de Québec Solidaire, commente le discours du budget, le mardi 21 mars 2023, à l'Assemblée législative de Québec. (Jacques Boissinot | La Presse canadienne)

Les propos du député solidaire Haroun Bouazzi sur le climat au sein de l’Assemblée nationale ne passent pas aux yeux de Joël Arseneau. Le député du Parti québécois (PQ) exhorte la chef parlementaire de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, de condamner «sans délai» ces propos et d’expulser M. Bouazzi «sur le champ de son caucus».

Après avoir été condamné en 2024 pour avoir affirmé qu’il voyait tous les jours au Parlement des manifestations de racisme, M. Bouazzi a récidivé cette fois en affirmant que «mentir, manipuler, intimider» fait partie du quotidien à l’Assemblée nationale.

Dans un article où il fait le bilan de son mandat, on mentionne que le député a déclaré que «l’Assemblée nationale est un espace toxique».

«Les propos du député de Maurice-Richard sont injurieux et portent atteinte à la dignité de notre Assemblée nationale. Ils sont indignes de sa fonction», s’est insurgé M. Arseneau sur les réseaux sociaux. «Il s’agit d’une déclaration destinée à déconsidérer l’institution, le personnel qui y œuvre ainsi que le travail des 124 autres députés élus de l’Assemblée nationale.»

Le député des Îles-de-la-Madeleine a par ailleurs rappelé la saga entourant M. Bouazzi en 2024.

«À cette époque, Québec solidaire a laissé faire comme si de rien n’était, sans même exiger d’excuses, alors que l’Assemblée nationale est le siège de la démocratie québécoise, l’une des plus vieilles institutions parlementaires en Amérique, et qu’elle représente toutes les Québécoises et les Québécois. Est-ce que QS va de nouveau s’associer à ces accusations?» a conclu M. Arseneau.

La Coalition avenir Québec a emboité le pas et a vivement dénoncé les propos «radicaux» du député solidaire.

Simon Jolin-Barrette estime que ces propos constituent «un manque de respect envers l’Assemblée nationale, les débats qu’on y tient et surtout les gens qui y travaillent». M. Jolin-Barrette demande à QS d’exclure M. Bouazzi de son caucus.

«Il s’agit d’un test de leadership», a-t-il écrit sur Facebook.

«Ces propos démontrent un mépris de nos institutions démocratiques et tentent de discréditer le travail quotidien des élus de la nation québécoise. Être député est un privilège dont on doit être digne. QS doit cesser d’excuser cette attitude et prendre les actions qui s’imposent en excluant de son caucus le député de Maurice-Richard.»

La réaction de Bouazzi

De son côté, une attachée de presse de QS a soutenu que les propos de M. Bouazzi étaient sortis de leur contexte.

M. Bouazzi a également rectifié le tir dans une déclaration écrite envoyée à Noovo Info.

«Est-ce que l’Assemblée nationale comme institution est toxique, la réponse est évidement non. Je n’ai jamais visé ni les collègues députés, ni mes camarades solidaires. Maintenant, comme environnement de travail, c’est un espace où il y a de la manipulation et du mensonge et ce n’est pas sain. Par respect pour l’institution, j’ai toujours refusé de trouver ça normal», a mentionné le député solidaire.

En janvier, M. Bouazzi a annoncé qu’il n’allait pas être se représenter aux élections de 2026.

- Avec de l’information de La Presse canadienne