La commissaire par intérim aux langues autochtones restera en fonction pendant encore un mois, tandis que le ministère du Patrimoine canadien poursuit sa recherche d’un remplaçant permanent.
Candice St-Aubin, ancienne sous-ministre adjointe principale chargée de la politique stratégique au sein de Services aux Autochtones Canada, devait occuper ce poste pendant 90 jours ou jusqu’à ce qu’un nouveau commissaire soit nommé.
Un arrêté du Conseil des ministres daté du 7 octobre prolonge son mandat de 31 jours supplémentaires, ou jusqu’à ce que ses services ne soient plus nécessaires à ce poste. Cet arrêté prenait effet à partir du 12 octobre.
Le mandat de Ron Ignace, l’ancien commissaire, a pris fin en juillet, tout comme ceux des directeurs de l’organisme.
Le ministère du Patrimoine canadien n’a pas répondu à une question concernant la date à laquelle un commissaire et des directeurs permanents seront nommés.
La Presse Canadienne a rapporté plus tôt cette année qu’un audit était en cours au sein du bureau, qui a pour mission de contribuer à la préservation des langues autochtones menacées.
Une demi-douzaine de sources, dont d’anciens employés, ont déclaré à La Presse Canadienne que le bureau du commissaire n’avait pas réussi à faire avancer les choses en matière de renforcement des langues autochtones et de soutien à la recherche au cours de ses cinq années d’existence.
Au contraire, ont-elles affirmé, le bureau s’est concentré sur de nombreux déplacements et sur l’organisation d’une grande conférence à Ottawa qui a coûté 10 millions $. Les sources ont également dénoncé un environnement de travail toxique, des cas d’intimidation et des projets inachevés. Des membres du personnel ont démissionné en raison de leur frustration.
La Presse Canadienne a accepté de ne pas révéler leur identité, car elles craignaient des représailles.
Dans un communiqué de presse publié à l’époque, M. Ignace indiquait que le bureau avait dû faire face à des difficultés, mais qu’ils avaient jeté les bases d’un bureau capable de mener son travail à bien.
Le ministre du Patrimoine canadien, Marc Miller, a qualifié de graves les allégations portées contre le bureau.
«Mais pour demander des comptes aux gens, il faut aussi leur accorder le bénéfice du doute, ce qui implique notamment de veiller à ce que les procédures régulières soient respectées», a-t-il déclaré au début du mois de juin.
Dans une entrevue accordée en juillet à La Presse Canadienne, Mme St-Aubin a reconnu que son bureau avait du travail à faire pour rétablir la confiance avec les communautés autochtones, ajoutant qu’elle participait pleinement à l’audit.
«En prenant connaissance des rapports qui m’ont été transmis, j’ai eu les yeux grand ouverts. La gestion financière est une valeur qui m’est chère, tout comme l’éthique et les codes de conduite, mais aussi la gestion des personnes», a affirmé Mme St-Aubin.
Elle a indiqué qu’elle souhaitait que le prochain commissaire et les futurs directeurs entament leur mandat en sachant que le bureau fonctionne correctement.
Elle a ajouté que les communautés autochtones souhaitent également voir des résultats tangibles issus du travail du bureau.
«Nous devons instaurer la confiance en montrant [notre travail], en en parlant, en engageant le dialogue, en poursuivant les échanges, même si cela peut être délicat», a soutenu Mme St-Aubin, ajoutant qu’elle souhaitait que les jeunes aient davantage leur mot à dire dans le travail du bureau.
«Il y a énormément d’innovations formidables qui y voient le jour. Et je pense que si nous parvenons à les mettre en avant et à montrer aux gens ce qui se passe, nous ferons un grand pas en avant.»

