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Coûts liés au projet de souveraineté: «une fausseté», lance St-Pierre Plamondon

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Assemblée nationale: la question référendaire divise Mercredi, le ministre des Finances Eric Girard a avancé que l’incertitude politique causée par la montée du PQ dans les sondages avait déjà des impacts sur les finances publiques, une affirmation qualifiée de «fausseté» par le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

L’augmentation des coûts d’emprunt de 20 millions par année pour le Québec ne serait pas liée au spectre d’un référendum sur la souveraineté de la province, selon le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, qui a répliqué au ministre des Finances Eric Girard.

Mercredi, M. Girard a avancé lors d’une mêlée de presse que l’incertitude politique causée par la montée du PQ dans les sondages avait déjà des impacts sur les finances publiques.

Perspective d’un référendum: Québec paie déjà plus pour ses emprunts, selon Eric Girard Les perspectives d’un référendum sur la souveraineté au Québec se font déjà ressentir sur les finances publiques; les coût d’emprunt sont en augmentation de 20 millions par année en raison de l’incertitude politique, selon le ministre des Finances, Eric Girard

«Présentement, ça coute plus cher emprunter», a-t-il dit, ajoutant que le montant total pourrait atteindre 100 millions de dollars dans cinq ans, dépendamment du plan du Parti québécois s’il venait à prendre le pouvoir.

«Je vous confirme qu’il y a un minimum de 5 points de base liée à la perspective d’un référendum dans un premier mandat [du PQ]. Si notre cout moyen était de 4%, il est plutôt aujourd’hui de 4,05% étant donné cette prime de risque. Comme on emprunte 40 milliards $ par année, ça fait 20 millions $ par année», a expliqué M. Girard.

Cette explication ne tiendrait pas la route, selon M. St-Pierre Plamondon, qui a pris la parole lors d’un point de presse mercredi après-midi afin de rétorquer à ce qu’il qualifie de «fausseté».

«En effet, ça coutait moins cher pour le Québec d’emprunter que l’Ontario jusqu’en mars 2024», a dit le chef péquiste qui associe la hausse des coûts d’emprunt «à l’incompétence du gouvernement sur le plan budgétaire».

«Lorsqu’on examine ce qui est arrivé en mars 2024, on remarque que c’est le moment où le ministre Girard a déposé un budget dans le cadre duquel on retrouvait un déficit budgétaire record de 11 milliards», a affirmé Paul St-Pierre Plamondon.

«Il faut avoir du front pour essayer de prendre cette responsabilité et la mettre sur la tenue d’un référendum dans un futur qui n’a rien à voir avec mars 2024 [...] Les fédéralistes vont toujours utiliser la peur pour étouffer la légitimité d’un projet [référendaire]», a-t-il lancé.

Eric Girard a souligné être arrivé à ces chiffres après avoir étudié les écarts des coûts d’emprunt entre le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique.

«La souveraineté, c’est un projet politique légitime, mais [la période de transition] serait économiquement très difficile», a expliqué le ministre évoquant notamment la disparition du montant de 12 milliards $ transféré annuellement par Ottawa en vertu de la péréquation.

En outre, pour le co-porte-parole de Québec solidaire Sol Zanetti, «20 millions $ par rapport au coût de rester dans le Canada, c’est vraiment ridicule».

«À la dernière élection, on avait fait le calcul: (...) c’est 5,6 milliards $ que ça nous coûte de rester dans le Canada, juste en dédoublement de programmes ou de ministères inutile», a-t-il fait valoir.

Les deux hommes ont répété que les fédéralistes menaient une campagne de «peur».

À quand le budget?

M. Girard, qui a voté «non» lors du référendum en 95, a aussi indiqué que le Québec n’était pas en voie d’entrer dans une récession. Le caquiste s’appuie entre autres sur la force de l’économie domestique au Québec.

Concernant le 8e budget du gouvernement Legault, M. Girard n’a pas avancé de date précise pour son dépôt, mais a confirmé que celui-ci serait «sobre avec des gestes ciblés», notamment avec des investissements en infrastructure.

Avec des informations de La Presse canadienne