Le ministre de la Culture et des Communications, de la Jeunesse, Mathieu Lacombe, s’est vu retirer ses responsabilités ministérielles au sein de la Coalition avenir Québec (CAQ), pour avoir été aperçu dans un party électoral du Parti québécois (PQ) lors de la soirée des élections lundi dernier à Montréal.
«La décision de M. Lacombe de se rendre à l’événement d’un autre parti le soir de l’élection n’est pas compatible avec les valeurs de la CAQ. Par respect envers les militants, le caucus et le Conseil des ministres, la première ministre nommera une nouvelle personne au poste de ministre de la Culture et des Communications. La solidarité et le respect sont des principes fondamentaux de la CAQ», a fait savoir la formation politique caquiste.
Le député sortant de Papineau est aussi exclu de la formation caquiste.
Le cabinet de Mme Fréchette a ensuite fait savoir, vendredi après-midi, que Martine Biron assumera les fonctions de ministre de la Culture et des Communications, en plus de ses fonctions actuelles de ministre de l’Enseignement supérieur et de ministre responsable de la Condition féminine.
M. Lacombe s’est tourné vers les réseaux sociaux vendredi pour présenter des excuses «sincères» aux militants, ses collègues et ses amis qui auraient pu être blessés par sa décision.
«Lundi soir, j’ai participé à un rassemblement du Parti québécois afin de souligner la victoire de personnes que j’estime et avec qui j’ai tissé des liens au fil des années. Cela dit, malgré ma décision de quitter la politique, j’occupais toujours mes fonctions. Je n’aurais donc pas dû être présent à cet événement», a écrit l’ex-ministre.
Mathieu Lacombe, un souverainiste assumé, a été vu lors de l’événement qui se déroulait à l’Espace Saint-Denis, a rapporté La Presse jeudi en soirée. La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre et a alimenté les rumeurs au sein des troupes péquistes.
L’été dernier, il avait brisé un tabou à la CAQ en affirmant qu’il serait dans le camp du Oui dans l’éventualité d’un troisième référendum sur l’indépendance du Québec. Cette révélation était survenue quelques heures après que son ex-collègue Jean Boulet eut affirmé qu’il serait plutôt dans l’autobus du Non.
Ce dernier avait annoncé en juin dernier qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat au terme de celui-ci. Il a évoqué des raisons familiales pour justifier sa décision.
Vendredi, en marge d’une rencontre postélectorale entre les candidats péquistes aux élections, à Drummondville, la députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore, a affirmé que M. Lacombe était un collègue pour qui elle a «beaucoup de respect». Elle ne s’est toutefois pas avancée à savoir s’il pourrait avoir un rôle éventuellement dans un gouvernement péquiste.
«Il n’est absolument pas question de ça pour l’instant, a-t-elle soutenu. Je pense qu’il a annoncé qu’il mettait fin sa carrière politique.»
La soirée électorale de lundi a été difficile pour la CAQ, qui a été rayée de la carte. Le parti n’a récolté que 13 % des suffrages. Ce résultat a mené à la démission de la cheffe Christine Fréchette qui a annoncé par le fait même son retrait de la vie politique.
Avec la collaboration de Guillaume Théroux, Noovo Info et de la Presse canadienne

