Politique

Pourquoi Mark Carney est-il au Qatar?

Son voyage marque la première visite d’un premier ministre canadien en exercice dans ce pays.

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Le premier ministre canadien Mark Carney (deuxième à partir de la gauche) a été accueilli au Qatar par le ministre d'État à l'Énergie, Saad bin Sherida Al Kaabi (à gauche( et l'ambassadeur du Canada au Qatar, Karim Morcos, le 17 janvier 2026. LA PRES... Le premier ministre canadien Mark Carney (deuxième à partir de la gauche) a été accueilli au Qatar par le ministre d'État à l'Énergie, Saad bin Sherida Al Kaabi (à gauche( et l'ambassadeur du Canada au Qatar, Karim Morcos, le 17 janvier 2026. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Le premier ministre Mark Carney est arrivé au Qatar, où il a l’intention de renforcer les relations bilatérales et de stimuler les investissements commerciaux au Canada.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

M. Carney passera deux jours au Qatar pour rencontrer des chefs d’entreprise et des dirigeants gouvernementaux. Son voyage marque la première visite d’un premier ministre canadien en exercice dans ce pays.

S’exprimant en coulisses, un haut fonctionnaire du gouvernement a indiqué que l’objectif de ce voyage était de renforcer les liens avec ce qu’il a qualifié d’allié de plus en plus important, en particulier dans les domaines diplomatique et sécuritaire.

Le Qatar a renforcé sa présence diplomatique ces dernières années, en accueillant les négociations entre Israël et le Hamas et en aidant à la réunification des enfants ukrainiens kidnappés par des soldats russes. Il a également tenté de participer aux pourparlers entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, ainsi qu’entre le Venezuela et Washington.

Human Rights Watch a fait part de ses préoccupations concernant le Qatar, citant le travail forcé, la surveillance accrue et les restrictions à la liberté d’expression.

Pourquoi le Qatar?

Depuis son élection l’année dernière, le Premier ministre a beaucoup voyagé afin de diversifier les partenaires commerciaux du Canada et d’attirer davantage d’investissements étrangers.

Les responsables canadiens estiment que le Qatar, dont la richesse en gaz naturel a financé ses investissements publics à l’étranger, partage de nombreuses valeurs et intérêts similaires dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et les technologies propres.

S’exprimant depuis le Qatar, le ministre des Finances François-Philippe Champagne a indiqué que le premier ministre cherchait à établir un partenariat stratégique avec le Qatar qui se traduirait par un engagement plus durable.

«Nous avons besoin de partenaires. Nous avons besoin d’investisseurs, et c’est l’objectif de ce voyage», a affirmé M. Champagne depuis le Qatar.

M. Champagne, qui a rencontré son homologue à Doha samedi, a soutenu que les Qataris étaient «très intéressés» par l’investissement de capitaux au Canada.

Pour y parvenir, il espère que le Canada pourra signer un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) avec le Qatar afin de donner confiance aux investisseurs quant à la sécurité et à la protection de leurs capitaux.

«Je pense que c’est une bonne chose, car cela permet de supprimer les obstacles, d’accroître la prévisibilité et la sécurité des investissements, ce dont le monde a besoin», a-t-il expliqué.

Le bureau de M. Carney a indiqué que lors de cette visite, il cherchera à obtenir un meilleur accès commercial dans le cadre de partenariats dans plusieurs domaines, notamment l’intelligence artificielle et l’énergie. Ottawa espère également que les Qataris finiront par investir dans certains des grands projets canadiens.

Goldy Hyder, du Conseil canadien des affaires, estime que ce partenariat est logique, étant donné que les Qataris disposent de nombreux capitaux à investir et que le Canada a besoin de plus d’argent pour construire.

«Nous sommes en train de créer un cadre pour construire, et nous avons besoin d’investissements supérieurs à ceux dont nous disposons ici au Canada.»

—  Goldy Hyder, président du Conseil canadien des affaires

En 2024, les échanges commerciaux entre le Canada et le Qatar s’élevaient à 325 millions de dollars, les principales exportations canadiennes étant évaluées à 159 millions de dollars.

Quel est le programme?

Les responsables canadiens affirment vouloir faciliter les investissements des Canadiens au Qatar et vice versa. Pour y parvenir, M. Carney rencontrera l’Agence d’investissement du Qatar. Il participera également à un déjeuner au siège administratif du Qatar et aura une réunion bilatérale avec l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani.

Selon certaines sources, le premier ministre devrait faire plusieurs annonces concernant les échanges culturels, le partage d’informations et la collaboration dans les domaines diplomatique et sécuritaire.

La visite de M. Carney intervient au lendemain d’une réunion bilatérale avec le président chinois Xi Jinping qui a contribué à jeter les bases d’un nouveau partenariat stratégique à cinq piliers entre les deux pays. Cet accord engage le Canada et la Chine à travailler ensemble dans des domaines tels que la finance, l’agriculture, les relations interpersonnelles et le commerce. Il comprend également ce que M. Carney a qualifié d’accord commercial historique, qui prévoit la suppression de plusieurs droits de douane agricoles importants sur les produits canadiens en échange d’une réduction des droits de douane sur les véhicules électriques chinois.

M. Hyder affirme que ces deux visites constituent les « piliers » de la stratégie de diversification du gouvernement.

«D’une part, il y a une stratégie d’exportation. Nous voulons vendre davantage de nos produits à l’étranger, et l’un des plus grands consommateurs au monde est la Chine», a-t-il déclaré. «D’autre part, nous avons besoin d’investissements dans notre pays afin de pouvoir mettre en place les infrastructures commerciales qui vous permettront de réaliser la stratégie d’exportation que vous vous êtes fixée.»