Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, estime que le premier ministre Mark Carney se soustrait à ses responsabilités, en lien avec de récentes données démontrant que l’économie canadienne s’est contractée de nouveau.
Statistique Canada a indiqué vendredi que le produit intérieur brut (PIB) réel avait reculé en rythme annualisé pour un deuxième trimestre consécutif en début d’année, ce qui correspond à certaines définitions d’une récession technique.
De nombreux économistes ont rejeté le terme de «récession» pour décrire la situation économique, arguant que le récent ralentissement n’a ni la profondeur ni l’ampleur nécessaires pour répondre à cette définition.
Mais M. Poilievre a affirmé aux journalistes sur la colline du Parlement que ce ralentissement n’a rien de technique. Il a cité des statistiques sur la hausse des taux d’insolvabilité et le recours aux banques alimentaires pour démontrer que les Canadiens sont plus mal servis après un an de gouvernement Carney.
Il a ajouté que les Canadiens exigent des réponses quant aux raisons pour lesquelles le Canada est le seul pays du G7 à connaître une contraction économique.
M. Carney doit visiter un chantier de construction à Ottawa lundi et ne sera pas présent pour la période de questions à la Chambre des communes.
«Où est M. Carney? Ça fait maintenant quatre jours, quatre jours depuis qu’on a appris que le Canada est le seul pays en récession», a lancé M. Poilievre en conférence de presse.
«M. Carney a besoin de répondre comment, après qu’il a promis d’avoir l’économie le plus forte dans le G7, on a maintenant l’économie avec la seule récession dans le G7», a-t-il ajouté.
Les conservateurs réclament un débat parlementaire d’urgence afin que le gouvernement et l’opposition officielle puissent présenter leurs visions respectives de l’économie.
Effets des tarifs et des événements mondiaux
La Presse Canadienne a contacté le cabinet du premier ministre, lundi, pour obtenir une réaction aux déclarations de M. Poilievre. La demande a été transmise à John Fragos, l’attaché de presse du ministre des Finances, François-Philippe Champagne.
Ce dernier a évoqué les droits de douane élevés imposés par les États-Unis et d’autres événements géopolitiques pour expliquer l’incertitude économique du Canada.
«Les Canadiens n’ont pas besoin de théâtre politique en ce moment – ils veulent un plan. C’est précisément ce que nous mettons en œuvre: diversifier nos relations commerciales, accélérer les grands projets, investir dans la main-d’œuvre et réduire les coûts», a affirmé M. Fragos.
Lundi, M. Poilievre a cité une liste d’autres pays du G7 qui doivent également faire face aux droits de douane et aux répercussions de la guerre en Iran. Il a souligné qu’aucune de ces économies n’est en récession.
«Si c’est vraiment les effets mondiaux, les autres pays auraient eu la même récession, mais c’est seulement le Canada qui a contracté deux trimestres, l’un après l’autre, la définition d’une récession», a déploré le chef conservateur.
M. Poilievre a également balayé d’un revers de main les analyses contestant le terme de récession, les qualifiant de «commentateurs et d’économistes libéraux».
L’attaché de presse du ministre Champagne a cité une prévision récente du Fonds monétaire international selon laquelle l’économie canadienne devrait connaître la deuxième plus forte croissance du G7 cette année et l’année prochaine. Il a également souligné que les libéraux ont mis en place de nouvelles mesures d’accessibilité financière au cours de la dernière année afin d’aider les familles en difficulté à payer leurs factures.
«Nous avons hâte de vous informer des mesures supplémentaires que nous prendrons pour bâtir une économie plus forte, plus compétitive et plus abordable, mesures que nous espérons voir appuyées par le chef de l’opposition et tous les partis d’opposition», a déclaré M. Fragos.

