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Poilievre invite le prince héritier iranien en exil à venir au Canada

«Ce n’est pas le rôle des Canadiens ni d’aucun gouvernement étranger de dire aux Iraniens qui devrait diriger leur pays, mais il devrait y avoir un Iran libre et démocratique.»

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L'Iranien Reza Pahlavi, fils exilé du shah Reza Pahlavi, s'exprime lors d'une conférence de presse à Berlin, en Allemagne, le jeudi 23 avril 2026. Photo AP L'Iranien Reza Pahlavi, fils exilé du shah Reza Pahlavi, s'exprime lors d'une conférence de presse à Berlin, en Allemagne, le jeudi 23 avril 2026. Photo AP (Markus Schreiber)

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a invité l’ancien prince héritier d’Iran, qui se présente comme la meilleure option pour ramener l’Iran à la démocratie, à venir au Canada.

Samedi, lors d’un événement en Colombie-Britannique, M. Poilievre a affirmé à la foule qu’en plus de lui adresser cette invitation, il s’entretiendrait également par voie virtuelle avec Reza Pahlavi, dont le père a régné sur le pays en tant que shah jusqu’à ce que la révolution islamique de 1979 contraigne la famille à l’exil.

M. Poilievre n’a pas dit qu’il appuyait M. Pahlavi. Au contraire, s’exprimant lors d’une «assemblée publique persane» organisée par le candidat conservateur en vue d’une élection partielle à venir dans la circonscription de North Vancouver-Capilano, il a indiqué qu’il s’agissait d’une occasion de discuter de la démocratie et de la sécurité de la diaspora iranienne.

«Ce n’est pas le rôle des Canadiens ni d’aucun gouvernement étranger de dire aux Iraniens qui devrait diriger leur pays, mais il devrait y avoir un Iran libre et démocratique, entre les mains du peuple iranien», a expliqué M. Poilievre dans un enregistrement de l’événement du 15 août, diffusé par son bureau.

Cette annonce a suscité de vifs applaudissements de la part de la foule.

Reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis, selon Trump Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l’Iran, démentie par Téhéran qui a assuré qu’il n’y avait pas de négociations en cours.

«Un leadeur démocratique, rassembleur et reconnu à l’échelle nationale»

Âgé de 65 ans, le prince Pahlavi vit dans la région de Washington et affirme qu’il serait la meilleure personne pour remplacer l’ayatollah et superviser une transition vers des élections démocratiques.

«Le prince Reza Pahlavi s’est imposé comme un leader démocratique, rassembleur et reconnu à l’échelle nationale pour la période de transition de l’Iran», a fait valoir l’ancienne députée provinciale de l’Ontario Goldie Ghamari dans une pétition déposée ce printemps à la Chambre des communes.

Mais ses détracteurs affirment que son père dirigeait une dictature soutenue par l’Occident et reprochent à Pahlavi de ne pas avoir réussi à mettre en place un programme de gouvernance viable au cours de ses années d’exil.

Dans un commentaire publié en mars, Kaveh Shahrooz, chercheur principal à l’Institut Macdonald-Laurier, a fait valoir que M. Pahlavi ne propose pas une vision de l’Iran qui reflète sa diversité ethnique et politique.

«Malgré le respect qu’il prétend avoir pour les minorités ethniques iraniennes, M. Pahlavi refuse même de discuter du fédéralisme ou des droits linguistiques. Lorsque les partis kurdes ont récemment formé une coalition, il a réagi en menaçant d’envoyer une armée dont il n’a pas encore le commandement», a-t-il écrit. «Le comportement illibéral et brutal du mouvement qu’il a cultivé contredit ses discours soignés.»

Partisans et détracteurs mènent depuis des années des campagnes acharnées les uns contre les autres sur les médias sociaux, et ces efforts se sont intensifiés depuis que les États-Unis se sont joints à Israël pour un conflit contre l’Iran en février.

«L’avenir de l’Iran doit être décidé par le peuple»

L’Iran est dirigé comme une théocratie islamique, Mojtaba Khamenei ayant pris les rênes du poste de Guide suprême en mars après que son défunt père, l’ayatollah Ali Khamenei, eut été tué par Israël. Le Corps des gardiens de la révolution islamique, inscrit sur la liste des groupes terroristes par le Canada, exerce un contrôle considérable sur l’État.

L’Iran a été enhardi par l’incapacité du président américain Donald Trump à mettre fin au conflit, Téhéran exerçant un contrôle croissant sur le détroit d’Ormuz, qui abrite des voies maritimes mondiales vitales.

Le bureau de Reza Pahlavi n’a pas immédiatement répondu à une demande de confirmation concernant la rencontre virtuelle avec Pierre Poilievre, dont le bureau n’a pas souhaité préciser quand la rencontre aurait lieu ni si elle avait déjà eu lieu.

La Presse canadienne a demandé au bureau de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, si elle chercherait à le rencontrer en cas de visite de celui-ci au Canada, mais n’a pas encore reçu de réponse.

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En juin, le secrétaire parlementaire d’Anand, Rob Oliphant, a déposé une réponse à la pétition de Goldie Ghamari, qui demandait au Canada de le reconnaître comme «le représentant légitime du peuple iranien», et s’est prononcé contre cette mesure.

«Le Canada n’appuie aucune figure de l’opposition en Iran et se tient aux côtés du peuple iranien dans sa longue et courageuse lutte contre le régime oppressif. L’avenir de l’Iran doit être décidé par le peuple iranien, et le gouvernement invite les dirigeants iraniens à écouter la voix de leur peuple», a-t-il écrit.

Les Canadiens d’origine iranienne ont exprimé leur angoisse alors que Téhéran a réprimé à plusieurs reprises les manifestants et aurait pris pour cible la diaspora au Canada pour avoir organisé d’importantes manifestations contre le régime.

Des manifestations ont éclaté à la fin de décembre, les Iraniens exprimant leur colère face à la hausse du coût de la vie et aux pénuries d’eau et d’électricité. Les manifestations ont dégénéré en rassemblements de masse réclamant publiquement la démission de Khamenei, avant son décès.

«Répression transnationale»

En réponse aux manifestations, le régime a tué des milliers de personnes et en a détenu des dizaines de milliers d’autres. Alors que des vidéos montrant la répression brutale se propageaient à travers le monde, l’Iran a coupé l’accès à Internet et à la plupart des appels téléphoniques vers l’étranger.

Ottawa a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012, mais des Canadiens d’origine iranienne affirment que l’Iran a continué d’envoyer des agents pour réprimer les membres de la diaspora qui s’opposent au régime, en menaçant leurs proches restés au pays.

En 2022, Ottawa a imposé des sanctions à Morteza Talaei, un haut responsable militaire iranien, quelques mois après qu’il eut été aperçu en train de s’entraîner dans un centre d’entraînement de Richmond Hill, une banlieue près de Toronto où vivent de nombreux Canadiens d’origine iranienne.

En janvier 2025, l’enquête sur l’ingérence étrangère a conclu dans son rapport final que l’Iran «se concentre sur la répression transnationale pour empêcher toute critique à l’égard de son gouvernement. L’Iran s’appuie sur des groupes criminels pour mener ses activités et pratique le harcèlement psychologique en ligne».

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste