Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, et le président du parti, Rafael Primeau-Ferraro, ont annoncé samedi en conférence de presse à Montréal que le parti a mis en demeure le chef du Parti québécois (PQ), Paul Saint-Pierre Plamondon.
La raison: lors des bilans de fin de session parlementaire vendredi à l’Assemblée nationale, «PSPP» a avancé qu’il existait un lien entre le PLQ et le crime organisé.
Le péquiste a ensuite dû préciser qu’il avait en tête «la définition juridique» et non «une organisation criminelle», mais il a insisté sur le fait qu’il veut que la lumière soit faite avant les élections.
Or, le PLQ n’a pas digéré les propos de M. Plamondon – une poursuite en diffamation n’est pas exclue.
Devant les médias réunis au bureau du parti ce week-end, M. Milliard a assuré qu’il n’y a pas de lien entre le PLQ et le crime organisé.
«Cette fois-ci, ça ne passe pas», a dit le chef libéral, qualifiant les propos de son adversaire péquiste d’«irresponsables» et «diffamatoires», notamment.
«Il y a une différence fondamentale entre poser des gestes légitimes et lancer des accusations sans aucune preuve dans le but de désinformer la population et de semer le doute.»
— Charles Milliard, chef du PLQ
M. Millard a indiqué qu’il est capable d’accepter les critiques, «aussi sévères soient-elles», mais qu’il devient «intraitable» lorsque la réputation du parti, des militants, des députés et des nouveaux candidats est attaquée.
En associant le PLQ au crime organisé, Paul St-Pierre Plamondon a franchi une ligne qu’aucun chef politique sérieux ne devrait avoir franchie. Ses propos sont irresponsables, diffamatoires et indignes d’une personne qui aspire à gouverner le Québec. Il y a toujours bien des limites», a dénoncé M. Milliard, soulignant que «les débats doivent se faire sur la base des faits et non des intentions».
«PSPP» n’a pas l’intention de se rétracter
M. Milliard somme M. Plamondon de retirer ses propos et lui a réclamé des excuses, mais avant le point de presse, «PSPP» a prévenu qu’il n’a «aucune intention» de se rétracter.
Dans un message publié sur X, le chef péquiste a affirmé avoir consulté ses avocats et soutient avoir soulevé des «questions légitimes» concernant l’origine des fonds ayant servi au financement illégal lors de la course à la direction du PLQ en 2025.
«Je tiens donc à maintenir mon droit à poser des questions pertinentes et plausibles dans le cadre de mes fonctions à l’Assemblée nationale», a-t-il écrit.
M. Saint-Pierre Plamondon soutient qu’il s’agit de la quatrième mise en demeure envoyée par des acteurs liés au PLQ en sept mois. Il ajoute qu’une éventuelle poursuite judiciaire permettrait, selon lui, d’approfondir certaines questions entourant le financement du PLQ.
Le chef du PQ a également invité Charles Milliard à répondre publiquement à plusieurs questions concernant les révélations entourant le financement de la campagne à la direction de Pablo Rodriguez et les allégations qui font l’objet d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).
Les déboires libéraux
Pour lancer ses attaques vendredi matin, M. Saint-Pierre Plamondon s’est fondé sur l’enquête de l’UPAC en cours concernant des allégations de financement illégal lors de la course à la direction du PLQ l’année dernière.
L’UPAC a ouvert une enquête en décembre dernier à la suite de nombreuses révélations des médias concernant des allégations de pratiques de financement illégal.
Ces allégations visaient l’équipe de Pablo Rodriguez, qui a été élu chef en juin 2025, dans une course à la direction où il avait devancé M. Milliard.
Peu de temps après sa victoire, le Journal de Montréal avait révélé des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient reçu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages n’étaient toutefois pas nommées dans l’article.
Cogeco avait ensuite affirmé que les deux personnes derrière ces mystérieux textos étaient la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier ainsi que la députée caquiste Alice Abou-Khalil. Les deux élues avaient démenti.
De même, La Presse révélait en décembre que le producteur et importateur de porto et de vin Emanuel Cabral avait versé des montants de 500 $ à certains de ses employés pour rembourser leurs dons à M. Rodriguez, pour sa campagne à la direction du PLQ - une pratique interdite par la loi.
En mai, à la suite d’une enquête, la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a recommandé une sanction de 8000 $ contre la députée Sona Lakhoyan Olivier, en lien avec la course à la direction au PLQ. Elle s’était servie de son bureau de circonscription et de son personnel pour des activités partisanes en appui à M. Rodriguez, ce qui est interdit en vertu des règles de l’Assemblée nationale.
Avec la collaboration de CTV News et de l’information de La Presse canadienne.

