Politique

Pierre Poilievre invite les conservateurs à continuer de lutter pour leurs idées

Il a affirmé que les conservateurs avaient remporté le débat sur toutes les questions politiques de la dernière décennie.

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Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, prend la parole lors du rassemblement annuel du Canada Strong and Free Network à Ottawa, le jeudi 7 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, prend la parole lors du rassemblement annuel du Canada Strong and Free Network à Ottawa, le jeudi 7 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Spencer Colby)

Le message que le chef conservateur Pierre Poilievre a adressé à ses collègues conservateurs lors du congrès du Canada Strong and Free Network, jeudi, était de continuer à se battre.

Cet événement annuel, qui se tient à Ottawa, est présenté comme le plus grand rassemblement du mouvement conservateur au pays, et le thème de cette année est «une vision gagnante».

M. Poilievre a prononcé le discours d’ouverture lors de la première journée complète du congrès devant un public d’environ 500 personnes qui l’ont accueilli par des applaudissements polis et qui lui ont réservé une ovation debout à l’issue de son discours de 20 minutes.

Le mouvement conservateur au Canada a connu une année difficile. Au fédéral, les conservateurs ont perdu une élection qu’ils semblaient pourtant assurés de remporter six mois avant le scrutin d’avril dernier.

Le Parti conservateur de l’Ontario, dirigé par le premier ministre Doug Ford, perd du terrain dans les sondages après une série de scandales, notamment l’achat et la revente quasi immédiate d’un jet privé destiné aux déplacements du premier ministre.

M. Poilievre n’a pas évoqué directement les prochaines élections ni expliqué comment le parti allait renverser la tendance pour remporter ce scrutin après quatre défaites consécutives face aux libéraux depuis 2015.

Il a plutôt dit que les conservateurs étaient déjà en train de gagner sur le plan des politiques.

«Nous avons remporté tous les débats, sur toutes les questions de politique publique au cours de la dernière décennie: sur l’inflation, les taxes sur le carbone, le logement, la drogue, la criminalité, l’exploitation des ressources, nous avons eu raison», a-t-il soutenu, sous quelques applaudissements.

Il a ajouté que les conservateurs avaient remporté le débat «de manière si écrasante que les libéraux ont complètement cessé de débattre avec nous et se sont mis à nous plagier».

Mais M. Poilievre a fait valoir que le premier ministre Mark Carney ne tenait pas ses promesses, ce qui rendait les Canadiens moins heureux et le pays moins prospère.

«Il se passe quelque chose de grave, et la situation empire», a-t-il déclaré.

M. Poilievre a qualifié la différence fondamentale entre les libéraux de M. Carney et ceux de M. Trudeau d’«illusion», comme en témoignent les dépenses publiques élevées et les déficits, ainsi que l’absence de progrès sur les grands projets que M. Carney s’était engagé à réaliser à un rythme jamais vu depuis des générations.

Des critiques envers Poilievre

M. Poilievre a dit que l’opposition devait se battre pour les personnes qui ont voté conservateur lors des dernières élections — en nombre record, a-t-il rappelé à la foule. Le mouvement conservateur, a-t-il ajouté, doit décider pour quel type de pays il souhaite se battre.

«Voulons-nous un capitalisme de copinage contrôlé par l’État ou voulons-nous un capitalisme de libre entreprise ?», a-t-il demandé.

Il a fait valoir que les groupes d’intérêts particuliers disposent d’un pouvoir démesuré sous le régime libéral, et que leur dépendance vis-à-vis du lobbying et des subventions gouvernementales signifie qu’ils se concentrent sur le maintien du statu quo.

«Et c’est exactement pour cela qu’ils veulent m’arrêter et me remplacer», a-t-il déclaré.

Depuis sa défaite aux élections en avril dernier, M. Poilievre a essuyé des critiques au sein du mouvement conservateur, et même au sein du caucus conservateur, selon lesquelles il n’aurait pas su s’adapter lorsque l’arrivée d’un nouveau chef libéral et d’un nouveau président américain a modifié l’enjeu central de la campagne.

Depuis plus d’un an, des experts et des membres du parti l’exhortent, en privé comme en public, à modifier son message et son ton.

Si le chef conservateur s’est effectivement adapté ces derniers mois, avec deux voyages à l’étranger et un ton plus modéré dans certaines longues entrevues accordées à des médias indépendants, il ne s’est jamais pleinement engagé à changer la stratégie qui lui avait permis de chasser Justin Trudeau du pouvoir et qui avait placé le parti sur le point de remporter une majorité écrasante à la fin de 2024.

Jeudi, il s’en est tenu à certains de ses grands succès.

«L’illusion était que Mark Carney n’était pas aussi “woke” que Justin Trudeau, et il est certainement moins écœurant», a déclaré M. Poilievre, provoquant l’hilarité de l’assistance.

La relation Canada-États-Unis examinée

La salle était également comble pour une discussion en soirée sur la «forteresse nord-américaine» avec le député conservateur Shuvaloy Majumdar et l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

M. Pompeo, qui a également été directeur de la CIA, a lancé un avertissement au gouvernement libéral et à ses efforts pour rétablir les relations du Canada avec la Chine, qui sont tendues depuis 2017.

«C’est une erreur, c’est faire preuve d’un manque de vision», a soutenu M. Pompeo.

Il a fait valoir que le Parti communiste chinois ne partageait pas les valeurs des pays occidentaux.

Le Canada, a-t-il ajouté, devrait «dépasser son irritation» envers le président américain Donald Trump et se rappeler quels pays partagent ses valeurs.

M. Pompeo a également déclaré qu’il n’y avait «pas d’anges» dans les négociations commerciales, et a souligné que les premières discussions sur l’Accord Canada–États-Unis–Mexique auxquelles il avait participé avaient été âprement disputées.

«Malgré le bruit ambiant — et je comprends, j’ai travaillé pour le président Trump, donc je comprends. Je me réveillais chaque matin, je vérifiais mon téléphone, je m’assurais d’avoir encore un emploi, puis j’allais au bureau», a-t-il raconté.

M. Pompeo a déclaré qu’il exhorterait les Canadiens et les Américains à prêter attention aux «fils conducteurs qui existent depuis des décennies» dans cette relation.

«Le Canada est important pour les États-Unis, et nous sommes extrêmement importants pour le Canada», a-t-il soutenu.

Sarah Ritchie

Sarah Ritchie

Journaliste