Politique

Paul St-Pierre Plamondon laisse entrevoir que Santé Québec sera mis au rancart

Voici les priorités du chef du Parti québécois.

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Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, prend la parole lors de la période de questions à l'Assemblée nationale de Québec, le mardi 26 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, prend la parole lors de la période de questions à l'Assemblée nationale de Québec, le mardi 26 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Tout indique que Santé Québec, la société d’État créée par le gouvernement Legault pour gérer le système de santé québécois, ne survivrait pas à un éventuel gouvernement péquiste.

S’adressant vendredi à un parterre de convives venus l’entendre à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a insisté sur trois priorités s’il prend le pouvoir en octobre prochain.

«Débureaucratisation»

Une de ces priorités sera d’élaguer la bureaucratie qu’il estime devenue insupportable. En discussion avec la présidente de la Chambre, Isabelle Dessureault, Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que «les chantiers de fiscalité et de débureaucratisation vont commencer dès le départ du mandat. (…) Il y a une demande politique, il y a une demande du milieu des affaires, et il y a devant nous l’impossibilité de boucler un budget si la plupart de nos ressources passent en bureaucratie. Parce qu’ il faut le comprendre, quand on crée des Santé Québec, des Mobilité infra, puis toutes sortes de couches, l’argent va là, donc il ne va pas en services. Et ma lecture de la situation, c’est que si on ne corrige pas le tir rapidement, que ces ressources-là ne sont pas dédiées à des services tangibles pour la population, la polarisation, à juste titre, va aller en augmentant au sens où les gens vont manifester leur insatisfaction d’être largement taxés et imposés sans obtenir des services fondamentaux.»

Par la suite, en mêlée de presse, M. St-Pierre Plamondon n’a pas voulu annoncer officiellement que les jours de Santé Québec seront comptés dans un gouvernement péquiste, mais ses propos laissaient quand même planer peu de doute sur le sort de la jeune société d’État. «Si on se rend compte qu’on n’est pas capable de soigner des malades qui ont le cancer à temps et qu’on n’est pas capable de prendre soin de nos tout-petits qui sont à l’école et qui ont des difficultés d’apprentissage, il va falloir se pencher sur d’autres missions qui sont moins essentielles et dire quel est l’arbitrage d’allocation des ressources. On va se concentrer sur l’essentiel.»

«Quand je dis qu’on va couper dans de la bureaucratie, puis dans des appareils de l’État qui ont été créés de toutes pièces par la CAQ, j’annonce, sans l’ombre d’un doute, une réorientation vers l’essentiel, parce que ce que je peux sauver, je veux le réorienter en services essentiels. (…) Le gouvernement fédéral est un exemple éclatant. On peut créer plein d’agences puis de bébelles qui visent des missions idéologiques, mais qui apportent rien de concret en service à la population. Donc, c’est déjà une réalité et on veut corriger cette réalité-là.»

Pro-entreprises

Paul St-Pierre Plamondon a d’ailleurs livré un discours qui avait l’heur de plaire aux gens d’affaires, annonçant qu’«un gouvernement du Parti québécois sera pro-entreprises. Vous pouvez le répéter si vous voulez. Mais nous sommes dans une logique de recentrage vers la PME québécoise.» Dans cette optique, il promet «la fin du bar ouvert de subventions orchestrées par la CAQ».

Dénonçant le fait que le fardeau fiscal global des PME soit 50 % plus élevé que la moyenne du Canada et trois fois plus élevé que la fiscalité des États-Unis, il a promis un allègement tous azimuts de cette fiscalité «sur les salaires, sur le capital, sur les bénéfices. Donc, je réitère aujourd’hui également que, sous un gouvernement du Parti québécois, on va devenir, on se donne cet objectif-là, d’être l’un des endroits les plus compétitifs au niveau de la fiscalité en Amérique du Nord.»

Ce genre de discours avait tout pour plaire aux gens d’affaires, mais la portion de son allocution portant sur les travailleurs temporaires n’a sûrement pas trouvé d’oreilles aussi réceptives au sein de cet auditoire.

Remplacer les temporaires par des robots

Paul St-Pierre Plamondon a déjà fait part dans le passé de son intention de chercher à augmenter la productivité dans les entreprises par l’automatisation et la robotisation. C’est pourquoi il promet une réorientation des crédits d’impôt, «lesquels désormais vont viser l’augmentation de la productivité et non pas l’emploi. Ça fait des années qu’on est en pénurie de main-d’œuvre, mais regardez les crédits de l’impôt, ils sont orientés en fonction de l’embauche de personnel. Ça n’a aucun sens», a-t-il tranché.

Et c’est de cette façon qu’il espère sevrer les entreprises de la main-d’œuvre temporaire, par une révision des politiques migratoires «qui découragent l’innovation parce qu’une réalité macroéconomique vastement documentée, c’est que si la main-d’œuvre est illimitée, à quoi bon, quel est l’incitatif d’automatiser et de repenser son modèle d’affaires?»

«On est devant un phénomène qui survient lorsque la croissance de la population est si rapide que les investissements en capital, que ce soit pour le logement ou les infrastructures, ne peuvent pas suivre. Et l’exemple typique de ça, c’est quand des villes disent: ‘moi je veux construire plus de logements pour la crise du logement’, mais qu’ensuite le deuxième étape de la discussion c’était ‘mon aqueduc ne permet plus de construire un logement de plus’.»

Le chef péquiste a soutenu que «la hausse des seuils d’immigration, suivant toutes les études sérieuses, ne comble pas la pénurie de main-d’œuvre», mais il s’est empressé de blâmer les décideurs politiques qui ont ouvert les portes et non les immigrants eux-mêmes: «On a fait de mauvaises politiques publiques et jamais, jamais vous ne m’entendrez blâmer qui que ce soit d’autre que ceux qui ont fait ces politiques publiques-là. Donc, ce n’est pas une question de nous et de vous, c’est une question qu’on est tous ensemble devant une crise du logement qui est historique et qui amène la prochaine génération à n’avoir aucune chance à la propriété alors qu’ils travaillent plus que leur part.»