Le gouvernement fédéral a annoncé qu’il allait vendre dix de ses avions C-130 Hercules d’occasion à l’entreprise aérospatiale britanno-colombienne Coulson Aviation, qui les transformera en avions de lutte contre les incendies.
Ces avions font partie d’une flotte de 12 appareils retirés du service par l’Aviation royale canadienne en janvier dernier. Les deux Hercules restants seront exposés au public dans des bases et des musées.
Stephen Fuhr, le secrétaire d’État chargé des achats de défense, a annoncé vendredi cette vente sous condition à Abbotsford, en Colombie-Britannique, où se tient actuellement un salon aéronautique international.
M. Fuhr a affirmé que cette cession était «exemplaire» et qu’elle permettra de donner une nouvelle vie à ces moyens militaires.
«Honnêtement, je ne vois pas de meilleure cession, a déclaré M. Fuhr à La Presse Canadienne. Cela crée des emplois dans l’industrie aérospatiale. Nous avons désespérément besoin de capacités supplémentaires de lutte contre les incendies pratiquement partout (…) que ce soit au Canada, en Europe, en Australie ou aux États-Unis. On n’a jamais trop de ces moyens.»
Partout dans le monde, les pays sont confrontés à une pénurie de bombardiers d’eau alors que les incendies de forêt gagnent en intensité et en fréquence. Plus de 4500 feux de forêt ont ravagé le Canada depuis le début de l’année.
Wayne Coulson, directeur de Coulson Aviation, a déclaré que son entreprise s’attendait à ce que le premier de ces appareils soit prêt pour la prochaine saison des feux de forêt.
Même si, dans le meilleur des cas, l’entreprise pourrait convertir deux de ces Hercules d’ici l’année prochaine, elle risque de recevoir les appareils plus rapidement qu’elle ne pourra les convertir.
Coulson Aviation se chargera de la conversion et de l’exploitation des appareils à ses propres frais et proposera ses services aux gouvernements dans le cadre de contrats. La conversion aura lieu à Port Alberni, et éventuellement aussi à Abbotsford et à Kelowna.
«Nous ne voulons pas garder ces appareils plus longtemps que nécessaire. Ils coûtent de l’argent rien qu’en restant là. On a besoin d’eux pour lutter contre les incendies, a déclaré M. Fuhr lors de la conférence de presse de vendredi. Tout le monde fait pression pour que ces avions soient transférés de leur emplacement actuel vers leur utilisateur final.»
Les C-130H ont constitué le cœur des capacités de transport aérien de l’armée pendant des décennies. Ils étaient utilisés pour le transport de personnel et de cargaisons volumineuses, pour des opérations de recherche et de sauvetage, ainsi que pour le ravitaillement en vol.
Ottawa les a depuis remplacés par des avions tactiques C-130J plus modernes.
Les dix Hercules mis en vente seront transformés en gros avions-citernes capables de transporter des milliers de litres de retardateur et d’être déployés partout dans le monde. La conversion d’un seul appareil devrait nécessiter environ 20 000 heures de travail.
L’entreprise et le gouvernement ont refusé de divulguer la valeur approximative de la transaction, affirmant qu’il s’agissait d’une information confidentielle faisant partie de l’accord commercial.
Le gouvernement fédéral n’a pas toujours la possibilité de vendre ses anciens équipements militaires. Ceux-ci sont parfois utilisés jusqu’à la fin de leur durée de vie utile et Ottawa n’a alors d’autre choix que de s’en débarrasser.
Lorsque le Canada mettra hors service ses quatre sous-marins de classe Victoria au cours de la prochaine décennie, ceux-ci finiront presque certainement à la casse.

