Politique

Ottawa reste opposé à l’acquisition d’armes nucléaires

L’ancien chef d’état-major de la défense, Wayne Eyre, a suggéré lundi lors d’un événement à Ottawa que le Canada ne devrait pas exclure totalement l’acquisition d’armes nucléaires.

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National Defence Minister David McGuinty speaks with media before attending a cabinet meeting on Parliament Hill on Tuesday, Feb. 3, 2026 in Ottawa. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, s'adresse aux médias avant d'assister à une réunion du Cabinet sur la Colline du Parlement, le mardi 3 février 2026, à Ottawa. LA PRESSE CANADIENNE (Adrian Wyld)

Le Canada n’a «absolument aucune intention» d’acquérir des armes nucléaires, a déclaré mardi le ministre de la Défense David McGuinty, rejetant ainsi la suggestion de l’ancien chef d’état-major de la Défense Wayne Eyre selon laquelle Ottawa ne devrait pas exclure cette possibilité.

M. McGuinty a rappelé que le Canada avait signé des traités internationaux s’opposant explicitement à la prolifération des armes nucléaires.

«Le Canada est signataire de traités internationaux qui nous en empêchent, premièrement, et le Canada est depuis longtemps un État opposé à la prolifération nucléaire», a déclaré M. McGuinty aux journalistes alors qu’il se rendait à une réunion du conseil des ministres mardi.

«Nous allons continuer à construire des armes conventionnelles. Nous allons continuer à nous réarmer. Nous allons continuer à réinvestir. Nous allons continuer à reconstruire nos Forces armées canadiennes et c’est ce que nous faisons», a-t-il ajouté.

M. Eyre a suggéré lundi lors d’un événement à Ottawa que le Canada ne devrait pas exclure totalement l’acquisition d’armes nucléaires.

Selon le «Globe and Mail», M. Eyre a soutenu que le Canada ne pourrait jamais jouir d’une véritable indépendance stratégique sans disposer de sa propre force de dissuasion nucléaire.

Le général à la retraite a cependant reconnu que les armes nucléaires n’étaient pas un outil que le pays devrait acquérir pour le moment.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a souligné mardi aux journalistes que le gouvernement libéral avait eu raison de rejeter rapidement cette idée et qu’il était satisfait que le gouvernement fédéral ne souhaite pas s’engager dans cette voie.

«Je me soulage qu’il ne soit plus là», a-t-il commenté par rapport à la proposition de l’ancien chef d’état-major.

M. Eyre a fait ces commentaires au Rideau Club à Ottawa, lors d’une discussion organisée par l’Institut de la Conférence des associations de la défense et le cabinet de conseil ottavien Catalyze4.

La discussion portait sur la souveraineté canadienne et les limites de l’autonomie militaire du pays dans un contexte géopolitique en pleine mutation. Elle ne semble pas avoir été diffusée publiquement.

Les armes nucléaires sont revenues au premier plan en tant que préoccupation urgente dans les relations internationales. Le traité New START, un pacte clé de non-prolifération entre les États-Unis et la Russie, doit expirer jeudi, laissant planer la crainte mondiale d’une course à l’armement.

L’attitude dédaigneuse du président américain Donald Trump à l’égard de l’OTAN, sa volonté de s’emparer du Groenland et la nouvelle posture agressive des États-Unis en matière de sécurité amènent les dirigeants européens à se demander dans quelle mesure ils peuvent compter sur l’aide des États-Unis.

Les actions perturbatrices de M. Trump ont suscité un débat sur la nécessité pour davantage de pays d’acquérir des armes nucléaires afin de se protéger contre une annexion territoriale russe en l’absence de protection américaine.

Le 10 janvier, l’un des plus grands journaux suédois a proposé un programme nucléaire «nordique» commun avec des pays partenaires. Le 25 janvier, le premier ministre suédois Ulf Kristersson aurait déclaré sur la chaîne publique SVT que Stockholm avait entamé des discussions préliminaires avec la France et le Royaume-Uni au sujet d’une éventuelle coopération en matière d’armes nucléaires.

Tout comme la Suède, le Canada est un État non nucléaire et signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Ce pacte international interdit aux signataires n’ayant pas déjà d’armes nucléaires d’en acquérir ou d’en produire.

Ce traité sert de fondement au mouvement mondial de désarmement. Le Canada soutient fermement ce traité depuis son entrée en vigueur en 1970.