Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, se réjouit de voir que les États-Unis affirment publiquement que les enjeux liés au français ne sont pas un point d’achoppement dans les discussions commerciales.
Sur les réseaux sociaux, jeudi matin, M. LeBlanc a écrit que «le Canada se réjouit que les États-Unis reviennent désormais sur leurs positions concernant la découvrabilité et l’étiquetage, et qu’ils confirment que les mesures visant à promouvoir la langue française et la culture canadienne ne feront pas l’objet de futures mesures commerciales de la part des États-Unis».
«Nous attendons avec intérêt de nouvelles précisions constructives de la part des États-Unis concernant leurs autres positions, ce qui ouvrirait la voie à un accord commercial mutuellement avantageux et respectueux de la souveraineté canadienne», a ajouté M. LeBlanc.
Deux versions s’affrontent actuellement concernant la place occupée par la découvrabilité des contenus francophones sur les plateformes en ligne et l’étiquetage en français des produits lors des discussions entre Ottawa et Washington, qui ont finalement été rompues vendredi dernier.
Selon Ottawa, les États-Unis faisaient pression sur le Canada pour qu’il revienne sur sa position concernant les règles entourant la visibilité du contenu francophone et québécois sur les services de diffusion en ligne, comme Netflix.
Le premier ministre Mark Carney a ajouté que l’étiquetage en français exigé par les lois québécoises figurait également sur la liste des points de friction avec les États-Unis.
Or, lors d’une entrevue accordée à CBC News, mercredi, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a fait valoir que, bien que les États-Unis aient posé des questions sur ces éléments, ils n’ont pas posé d’exigences dans ces dossiers.
«L’équipe canadienne a été très claire que c’était trop important pour le Québec et l’identité québécoise. Donc, nous, on montre beaucoup de flexibilité», a-t-il expliqué en français lorsque questionné par l’animatrice Rosemary Barton.
«On comprend bien que c’est important pour le Québec. Pour nous, ce n’était pas, comme on dit, une ligne rouge», a-t-il soutenu.
Plus tôt cette semaine, le président américain, Donald Trump, avait aussi nié avoir exigé des concessions sur le français lors des négociations commerciales avec Ottawa.
Ottawa ajuste ses droits de douane
Par ailleurs, le ministère fédéral des Finances a annoncé avoir apporté quelques ajustements à la liste des droits de douane de rétorsion qui seront imposés sur des produits américains à compter du 8 septembre.
Dans un communiqué publié tard mercredi, le ministère a expliqué que ces ajustements ont été apportés à la suite de commentaires reçus lors d’échanges avec des représentants de certaines industries.
«Des ajustements ont été apportés en fonction des commentaires reçus pour nous protéger contre les préjudices économiques plus généraux», a expliqué le ministère dans sa déclaration écrite, partagée sur les réseaux sociaux.
Le communiqué nous apprenait notamment que «les produits de la mer et le poisson» ont été retirés de la liste des contre-mesures tarifaires, mais aucun autre détail n’était fourni.
Dans sa propre publication sur les réseaux sociaux, la ministre des Pêches, Joanne Thompson, a expliqué que «le Canada a procédé à des ajustements ciblés afin de protéger notre économie en retirant les produits du secteur des fruits de mer et du poisson de notre liste de droits de douane de rétorsion».
«Le secteur des fruits de mer et du poisson est le moteur de l’économie côtière du Canada», a-t-elle rappelé, ajoutant: «Nous serons là pour protéger les pêcheurs canadiens et tous ceux qui dépendent de la pêche.»
Riposte équivalente
La riposte du Canada, détaillée mardi, prévoit entre autres une hausse des droits de douane sur les produits en acier et en aluminium américains, qui passeront de 25 % à 50 %.
Le gouvernement fédéral imposera également des droits de douane allant de 15 % à 50 % sur des centaines d’autres produits exportés par les États-Unis, dont les vêtements, les appareils électroménagers et les produits laitiers.
Malgré les ajustements apportés, le ministère des Finances a assuré que l’approche privilégiée demeure la riposte «équivalente au dollar près et au taux près».
«Nous continuons à travailler avec les industries canadiennes pour évaluer l’efficacité de ces mesures, en mettant surtout l’accent sur les industries qui ont été ciblées par les droits américains», a souligné le ministère.
M. Greer a prévenu à plusieurs reprises que, si le Canada va de l’avant avec de nouvelles mesures de rétorsion, l’administration Trump ne restera pas les bras croisés.
