«On sera le gouvernement qui aura mis la bonne gouvernance en place pour livrer les projets» numériques, a assuré mercredi la présidente du Conseil du trésor et ministre de la Cybersécurité et du Numérique, France-Élaine Duranceau.
En commission parlementaire, elle a été bombardée de questions par l’opposition concernant un autre bourbier informatique, le Système d’information en finances et en approvisionnement (SIFA) du réseau de la santé.
Mme Duranceau a défendu le bilan de son gouvernement en faisant valoir qu’une minorité de projets dépassait les échéances et les budgets.
Mais des zones d’ombre demeurent nombreuses concernant le SIFA, critiqué durement notamment par l’Autorité des marchés publics (AMP).
Le projet actuellement suspendu en raison entre autres de l’explosion des coûts a fait l’objet d’au moins trois avertissements au gouvernement, incluant un audit, a-t-on indiqué en commission.
Néanmoins, «Santé Québec considère que le projet doit aller de l’avant», a précisé Mme Duranceau.
Des discussions sont en cours avec le fournisseur, LGS, et la résiliation est encore sur la table.
Cela entraînerait toutefois une pénalité de 150 millions $, qui est aussi en train d’être renégociée, et de plus, des redevances sont toujours versées à LGS, 218 000 $ par mois d’octobre à février, et 723 000 $ par mois depuis mars.
LGS, qui a été impliquée aussi dans le fiasco SAAQclic, a encore aujourd’hui un mandat de lobbyisme enregistré pour des «démarches auprès des clients afin d’effectuer le suivi des prestations de services pour les contrats déjà accordés».
En 2022, le coût de développement du projet SIFA était estimé à 96,2 millions $, alors que Santé Québec évalue désormais ce coût à environ 330 millions $, dont près de 230 millions $ en dépenses externes liées aux contrats, avait relevé l’AMP.
Le responsable du projet à l’origine était le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Ce n’était «pas normal que le CIUSSS (du Saguenay-Lac-Saint-Jean) s’occupe d’un projet aussi massif», a reconnu Mme Duranceau.
Questionnée à savoir si son ministère de la Cybersécurité détenait suffisamment de pouvoir pour assumer son rôle, elle a répondu: «Il y a des choses à revoir, c’est sûr.»
Son prédécesseur, Gilles Bélanger, qui siège maintenant à titre de député indépendant, affirmait que son ministère était un chien de garde sans pouvoirs.
Appelée à donner des exemples de projets numériques qui fonctionnaient bien, elle a fait ressortir que seulement 4 % des 139 projets numériques menés par le gouvernement actuellement dépassent les coûts prévus et seulement 17 % dépassent les échéanciers.
«Je suis satisfaite de l’ensemble des projets», a-t-elle conclu.

