Politique

Nouveau gouvernement: «nous ne cherchons pas l'affrontement», assurent les syndicats

«Je pense que l’on peut s’entendre sur le fait que beaucoup d’énergie a été perdue et gaspillée, dans les dernières années, à faire de nombreux appels à la collaboration, sans succès», a commenté Éric Gingras.

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Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, Robert Comeau, président de l'APTS et François Enault, vice-président de la CSN, lors d'une conférence de presse du front commun intersyndical, le 7 janvier 2024 à Montréal. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, Robert Comeau, président de l'APTS et François Enault, vice-président de la CSN, lors d'une conférence de presse du front commun intersyndical, le 7 janvier 2024 à Montréal. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

Au lendemain du scrutin, les organisations syndicales assurent ne pas chercher l’affrontement avec le nouveau gouvernement du Parti québécois, après avoir vécu des relations très tendues avec l’ancien gouvernement de la Coalition avenir Québec.

«Nous ne cherchons pas l’affrontement, loin de là. Je pense que l’on peut s’entendre sur le fait que beaucoup d’énergie a été perdue et gaspillée, dans les dernières années, à faire de nombreux appels à la collaboration, sans succès», a commenté le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras.

«La majorité de ces partis-là, excluant le Parti conservateur, n’ont pas eu de ton négatif envers les syndicats, au contraire», a ajouté M. Gingras en entrevue mardi. «Donc, on pense qu’on a quelque chose à reconstruire. Et l’occasion est belle pour le faire.»

Interrogée à savoir s’il y avait des ponts à rebâtir entre Québec et les syndicats, la présidente de la CSN, Caroline Senneville, a eu cette réponse: «je pense que c’est le gouvernement qui a une relation à réparer avec nous».

Elle voit aussi, dans le résultat du scrutin, une «leçon d’humilité pour beaucoup de partis, notamment la CAQ, où ils étaient vraiment au-dessus de leurs affaires et ils ont gouverné en pensant qu’ils étaient au-dessus de leurs affaires».

La présidente de la FTQ, Magali Picard, va dans le même sens: «Le verdict de cette élection démontre clairement que les politiques de division et d’opposition de l’ancien gouvernement ont été rejetées par les Québécoises et les Québécois.»

Mme Picard met en garde contre les coupes généralisées dans les services publics. «Les Québécoises et Québécois restent profondément attachés à une société qui prend soin de son monde, dans un Québec où tout le monde peut vivre dignement. Nos réseaux publics ont certainement besoin d’attention, mais ce n’est pas une surenchère de coupes qui fera en sorte que la population obtiendra de meilleurs services à un meilleur coût.»

Appel au dialogue social

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Julie Bouchard, a aussi appelé à la reprise du dialogue. «Le contexte social est difficile et très polarisé. Dans les dernières années, le dialogue avec le mouvement syndical a trop souvent fait défaut. Il faut maintenant se parler, s’écouter et travailler ensemble pour obtenir des résultats concrets pour la population et les professionnelles en soins.»

L’APTS rappelle que le gouvernement du Parti québécois est minoritaire et l’invite à agir en ce sens. «Un gouvernement minoritaire se doit d’œuvrer en faveur de politiques rassembleuses et profitables à tou(te)s. Les défis auxquels fait face le Québec exigent des politiques publiques élaborées en collaboration avec les organisations syndicales et communautaires, ainsi que les autres acteurs de la société civile. L’heure est au dialogue social pour renforcer nos services publics et répondre aux besoins de la population», a commenté son président, Robert Comeau.

À la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), la présidente Mélanie Hubert a déploré les distorsions causées par notre mode de scrutin. «Bien que la démocratie se soit exprimée et que la FAE entende respecter ce choix, elle souligne que le résultat des élections porte un parti au pouvoir avec seulement 28 % des voix. Cette situation met en évidence les distorsions de représentativité générées par le système actuel et déforme l’expression de la volonté populaire. Le système actuel contribue à l’instabilité des politiques publiques.»

Alors que les coupes dans la fonction publique ont été évoquées plusieurs fois en campagne, le Syndicat des professionnels du gouvernement a adressé une mise en garde. «Dans la dernière campagne, la fonction publique a été particulièrement malmenée par des déclarations teintées de préjugés. Nous espérons maintenant un changement de ton et une collaboration empreinte de respect avec toutes les personnes élues. Nous sommes favorables à une meilleure efficacité de l’État. Nos membres sont les mieux placés pour voir les problèmes et proposer des solutions. Il faut prendre le temps de les écouter avant d’agir», a commenté le président du SPGQ, Guillaume Bouvrette.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste