Le Canada cherche à renforcer ses liens économiques avec l’Inde tout en suivant de près les premières négociations entre les États-Unis et le Mexique concernant l’accord trilatéral.
Plus de 150 chefs de file de l’industrie canadienne rencontrent cette semaine la plus importante délégation commerciale par l’Inde, alors que les deux pays cherchent à élargir leurs possibilités en matière de commerce et d’investissement.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Barry Appleton, expert en commerce international et directeur par intérim du Balsillie Legal Advisory Centre, affirme que cette visite marque un moment important dans les relations entre le Canada et l’Inde.
«C’est sans précédent. Il s’agit de la plus grande délégation commerciale indienne jamais envoyée. Je veux dire, de toute l’histoire», a-t-il expliqué lors d’une entrevue à l’émission CTV Your Morning lundi.
L’Inde, une opportunité à long terme
Ces pourparlers interviennent quelques mois après la signature par le Canada et l’Inde d’un accord de partenariat économique global de plusieurs milliards de dollars visant à doubler les échanges bilatéraux d’ici 2030.
Selon M. Appleton, la croissance économique et les intérêts stratégiques de l’Inde en font un partenaire naturel pour le Canada, qui cherche à diversifier ses relations au-delà des États-Unis.
«Quand on examine la taille du marché, nos échanges commerciaux avec l’Inde s’élèvent à environ 30 milliards de dollars par année», a-t-il avancé. «Nos échanges avec les États-Unis sont 30 fois supérieurs, soit près d’un billion de dollars par année.»
Il a toutefois ajouté que la relation avec l’Inde offrait un potentiel à long terme considérable, avec l’agriculture, l’énergie et la technologie comme secteurs clés.
«Nous avons de nombreuses occasions de vendre des produits agricoles, de vendre des produits manufacturés, d’importer des produits manufacturés et de nouer des partenariats technologiques», a-t-il précisé.
Les exportations d’énergie pourraient également jouer un rôle majeur dans ces relations.
«Bien sûr, nous avons de l’énergie, dont l’Inde a désespérément besoin et que nous voulons désespérément vendre», a soutenu M. Appleton, en avertissant que l’établissement de liens commerciaux plus solides avec l’Inde prendrait du temps après des années de relations diplomatiques tendues.
M. Appleton a décrit ce renouveau des relations comme s’inscrivant dans une stratégie indo-pacifique plus large pour le Canada. «Il s’agit donc d’un pivot majeur, un pivot indo-pacifique, quelque chose que le Canada souhaite vraiment faire», a-t-il dit.
Pas présent aux premières discussions de l’ACEUM
Parallèlement, le Canada suit de près la première phase des négociations de l’ACEUM entre les États-Unis et le Mexique. Le Canada ne participe pas à la première série de discussions.
Selon l’expert en commerce international, la structure des pourparlers suscitait des inquiétudes pour le Canada, notamment parce que les décisions prises lors des discussions entre les États-Unis et le Mexique pourraient avoir des répercussions sur les industries canadiennes.
«Les États-Unis ont structuré les pourparlers. Ils discutent d’abord avec le Mexique, puis avec nous», a affirmé Barry Appleton. «Mais ce sont eux qui préparent le terrain. Et nous ne sommes pas là quand ils le font.»
Le secteur automobile est un domaine que le Canada surveillera de près.
«Les discussions sur l’automobile au Mexique pourraient avoir un impact significatif sur les discussions concernant le Canada», a-t-il ajouté.
Selon lui, le Canada devait suivre de près l’évolution des négociations. «Nous devons surveiller très attentivement ce qui se passe et voir où cela mène.»
La pression monte à l’approche des négociations
Les prochaines négociations avec les États-Unis devraient porter sur la gestion de l’offre, les politiques économiques provinciales et le commerce numérique, d’après Barry Appleton.
Malgré les inquiétudes concernant la position du Canada dans les pourparlers, il estime que le pays disposait encore d’un levier de négociation.
«Je suis convaincu que nous disposons d’un levier que nous n’avons pas encore utilisé», a-t-il lancé. La question clé est de savoir si le Canada est prêt à l’utiliser.
«Nous devons maintenant voir si nous allons utiliser le levier dont nous disposons, ou si nous allons nous faire écrase», a-t-il conclu.
