«L’administration Trump est prête à utiliser tous les moyens de pression dont elle dispose pour amener le Canada, ou tout autre pays, à se plier à sa volonté », a affirmé un expert américano-canadien, basé à Washington, à CTV News.
Mais selon Christopher Sands, l’optimisme affiché par le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, après sa rencontre mardi avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, est justifié, même si de nouveaux droits de douane de 10% ont été brandis quelques heures plus tard.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Christopher Sands est directeur du Centre d’études américano-canadiennes de l’Université Johns Hopkins. CTV News s’est entretenu avec lui mardi devant son bureau à Washington, situé juste à côté de l’ambassade du Canada et offrant une vue dégagée sur le Capitole américain, au bout de la rue.
M. LeBlanc est sorti de sa rencontre avec M. Greer mardi en la qualifiant de «positive» et a déclaré qu’il était «éternellement optimiste» quant à la possibilité d’un renouvellement complet pour 16 ans de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, également connu sous le nom d’ACEUM.
La nouvelle concernant les droits de douane est tombée plus tard mardi soir. L’expert qualifie cela de «juxtaposition fascinante», mais comprend pourquoi le ministre canadien considère cette journée comme une victoire, même face à ces nouveaux droits de douane.
«Le Canada n’est plus mis à l’écart des pourparlers, et c’est donc un accomplissement», a-t-il souligné.
Deuxièmement, Christopher Sands voit des aspects positifs dans le fait que les États-Unis tentent d’aborder des questions comme le travail forcé en dehors des négociations de l’ACEUM.
«La bonne nouvelle, c’est que cela pourrait signifier que l’ACEUM pourrait aller jusqu’au renouvellement, ou que les négociations pourraient être plus constructives à l’avenir», a-t-il expliqué. «La mauvaise nouvelle, c’est que cela vise à permettre aux États-Unis de conserver un moyen de pression, même si nous renouvelons l’ACEUM, car il y a d’autres enjeux que nous pourrions utiliser pour imposer des droits de douane au Canada.»
Quant aux nouveaux droits de douane de 10% proposés, l’expert souligne qu’il est important de noter qu’ils ne sont pas encore en vigueur et qu’ils doivent suivre un processus, puisqu’ils relèvent de l’article 301 de la Loi sur le commerce des États-Unis.
Cela diffère des droits de douane prévus par la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), qui ont été invalidés par la Cour suprême des États-Unis et sont communément appelés «droits de douane sur le fentanyl». Ces derniers n’étaient pas soumis aux mêmes exigences de procédure.
Selon Christopher Sands, cette procédure offre plusieurs options au Canada: il peut plaider en faveur d’un taux de droits de douane plus bas, renforcer ou défendre ses pratiques d’application de la loi, ou contester la décision dans son ensemble par le biais d’un recours devant la Commission du commerce international des États-Unis.
Au stade actuel de l’enquête, la procédure passe maintenant au Département du commerce des États-Unis, a-t-il avancé.
«Il y aura un examen minutieux pour déterminer si la plainte américaine est justifiée, ce qui laisse du temps pour négocier», a-t-il ajouté.
L’United States Trade Representative tiendra des audiences sur les nouveaux droits de douane proposés le 7 juillet.
