Politique

Emmanuel Macron n’a pas donné son appui à Montréal pour la Banque de la défense

«Il ne s’est pas avancé, il ne s’est pas engagé, et je n’ai pas cherché non plus à ce qu’il me donne son appui.»

Mis à jour le 

Publié le 

Mission de Christine Fréchette à Paris: l'analyse d'Alain Rayes Le président français, Emmanuel Macron, n’a pas donné son soutien pour que Montréal obtienne le siège social de la Banque de la défense.

Le président français, Emmanuel Macron, n’a pas donné son soutien pour que Montréal obtienne le siège social de la Banque de la défense.

«Il ne s’est pas avancé, il ne s’est pas engagé, et je n’ai pas cherché non plus à ce qu’il me donne son appui», a affirmé la première ministre, Christine Fréchette, en mêlée de presse lundi après une rencontre avec le président français au Palais de l’Élysée.

«Je lui ai présenté les atouts de la candidature de Montréal et j’ai expliqué aussi que la présence française en sol québécois, que ce soit dans le domaine de la sécurité ou de la finance, contribue à notre attractivité», a-t-elle ajouté.

Au terme d’une rencontre tenue du 23 au 26 avril à Montréal avec les représentants de 18 États, le Canada a été choisi pour accueillir le siège de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience. En plus de Montréal, Toronto, Vancouver et Ottawa convoitent le siège social de cette banque, et la compétition est féroce.

Dimanche, Christine Fréchette disait qu’Emmanuel Macron pouvait être un «acteur d’influence» pour le choix du siège social de cette banque.

Le délégué général du Québec à Paris, Henri-Paul Rousseau, avait ensuite nuancé les propos de la première ministre en rappelant qu’«en général, les présidents des autres pays ne se mêlent pas des décisions des présidents des autres».

«C’est une décision qui se prend à l’échelle du Canada. Donc, c’est le premier ministre Mark Carney qui va choisir», a affirmé Christine Fréchette lundi.

Au moment d’accueillir la première ministre québécoise sur les marches de l’Élysée, Emmanuel Macron a affirmé que le Québec pouvait aider la France dans «beaucoup de domaines», comme «la recherche», «l’IA», ou encore la «stratégie».

«Le Québec est toujours le bienvenu», a-t-il ajouté.

Quelques minutes plus tôt, la première ministre a rencontré son homologue français, Sébastien Lecornu, à Matignon.

Cette rencontre a aussi été l’occasion pour Investissement Québec de renouveler une entente de réciprocité avec Business France. Cette entente vise l’accompagnement d’entreprises québécoises en France et des entreprises françaises au Québec.

Minéraux critiques

Plus tôt lundi, Christine Fréchette a défendu le Québec comme «partenaire de confiance» pour la France et l’Europe dans le secteur des minéraux critiques et stratégiques, alors qu’elle participait à une table ronde avec des représentants du gouvernement français et des acteurs économiques. L’événement s’est tenu à la délégation du Québec à Paris.

La première ministre a vanté «les grands atouts» du Québec en termes de minéraux critiques.

«D’abord, on a les ressources dans le sol québécois. Donc, élément très important: on a la plus grande part des minéraux critiques et stratégiques canadiens. Une bonne part d’entre eux. On en a 28 au total», a-t-elle souligné.

La première ministre a affirmé vouloir développer ce secteur de manière «durable» et «responsable», rappelant l’énergie propre du Québec.

Avec l’Europe, qui compte investir 800 milliards d’euros pour se réarmer, le gouvernement souhaite que le Québec tire son épingle du jeu et obtienne sa part de contrats en matière de défense.

Selon Christine Fréchette, les minéraux critiques ont une «importance stratégique» dans une «ère marquée par les chambardements sur le plan géopolitique».

«On est dans une mouvance où les dépenses en lien avec la défense et les minéraux critiques et stratégiques vont aller en augmentant. C’est le cas ici en Europe, mais c’est également le cas au Canada, avec une volonté de rehausser la contribution au budget de l’OTAN jusqu’à 5 %. Donc, il va s’en suivre des dépenses colossales en lien avec la défense», a expliqué la première ministre.

Le ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christopher Skeete, et M. Rousseau étaient aussi présents à cette table ronde.

Il s’agit de la deuxième mission à l’étranger pour Christine Fréchette. Elle s’était rendue à Washington il y a quelques semaines.

La première ministre est à Paris jusqu’au 20 mai.

Thomas Laberge

Thomas Laberge

Journaliste