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Le Canada est prêt à aider si l’accord avec l’Iran se concrétise, dit Carney

«Le Canada est heureux du progrès qui a été fait.»

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Le premier ministre canadien Mark Carney rencontre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le lundi 15 juin 2026. Photo AP Le premier ministre canadien Mark Carney rencontre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le lundi 15 juin 2026. Photo AP (Vadim Ghirda)

Le premier ministre Mark Carney a déclaré que le Canada était prêt à contribuer au rétablissement du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz si l’avancée annoncée dans les négociations entre l’Iran et les États-Unis se concrétisait.

Lundi, le premier ministre Carney est arrivé à Évian-les-Bains, en France, pour le Sommet du G7, au lendemain de l’annonce par le président américain, Donald Trump, d’un accord visant à mettre fin au conflit en Iran.

M. Trump a annoncé cet accord dimanche, ajoutant qu’il avait autorisé la levée du blocus américain dans le détroit d’Ormuz, mais il a précisé par la suite que le détroit ne serait pas rouvert avant vendredi, date à laquelle l’accord sera officiellement signé.

S’adressant aux journalistes sur le tarmac en Irlande, lundi, avant de s’envoler pour Genève, M. Carney a indiqué qu’il aurait l’occasion, au G7, d’examiner comment le Canada et les autres pays pourraient contribuer à consolider l’accord annoncé.

«Le Canada est heureux du progrès qui a été fait», a-t-il soutenu.

Il a ajouté que la situation au Moyen-Orient démontrait la nécessité de rendre les systèmes d’approvisionnement en matières premières plus «résilients» aux chocs qu’un conflit peut engendrer. Il a précisé que cette question serait également abordée au G7.

Vendredi, Mark Carney était à Paris pour rencontrer le président français Emmanuel Macron.

Il a ensuite passé la fin de semaine en Irlande, où il s’est entretenu avec le taoiseach Micheál Martin à Dublin avant de se rendre dans l’ouest du pays. Là, il a rencontré la présidente Catherine Connolly et visité le village d’où ses grands-parents avaient émigré il y a plus d’un siècle.

M. Carney a atterri à Genève lundi en milieu d’après-midi et s’est rendu en hélicoptère sur le site du sommet, à Évian-les-Bains, dans les Alpes françaises. À son arrivée à l’aéroport, il a été accueilli par plusieurs personnalités, dont Jean-Paul Lemieux, ambassadeur du Canada en Suisse, et Natalie Drouin, ambassadrice du Canada en France.

Il s’est entretenu plus tard avec le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avant de participer à un dîner de travail consacré aux questions géopolitiques et économiques.

Avant la réunion, M. Carney a annoncé que la société montréalaise Marconi Technologies était devenue la première entreprise canadienne à décrocher un contrat dans le cadre de l’accord SAFE sur les marchés publics de défense que le Canada a signé avec l’Union européenne.

Le Parlement européen a officiellement accueilli le Canada au sein du pacte SAFE sur les emprunts et les marchés publics de défense en mai. C’est le seul pays non européen à y adhérer.

Le «moment idéal pour rétablir la stabilité»

Dans une déclaration commune publiée lundi, les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni ont félicité les États-Unis et le gouvernement iranien pour cette «avancée diplomatique».

«C’est le moment idéal pour rétablir la stabilité régionale et stabiliser l’économie mondiale», ont-ils soutenu.

Les signataires ont réitéré qu’il est «essentiel» que les négociations détaillées aboutissent et que cet accord soit mis en œuvre «rapidement et pleinement». Ils se sont engagés à soutenir cet effort.

Ils ont également qualifié d’«urgente» la réouverture du détroit d’Ormuz, plaidant en faveur d’une liberté de navigation «inconditionnelle et sans restriction». Ils se sont engagés à jouer leur rôle, notamment au moyen d’une «mission strictement défensive et indépendante visant à rassurer le trafic commercial et à mener des opérations de déminage».

«L’Iran ne doit jamais se doter d’une arme nucléaire», ont poursuivi les dirigeants, qui se sont dits prêts à travailler avec les États-Unis, l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique à cette fin.

«Nous sommes disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire», ont-ils précisé.

Les dirigeants ont aussi promis de collaborer avec les États-Unis, l’Iran et les partenaires régionaux pour «saisir cette occasion, maintenir l’élan et parvenir à un règlement diplomatique à long terme».

«Nous réaffirmons également notre plein soutien à la stabilité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban, et à l’importance d’un cessez-le-feu robuste», ont-ils conclu.

Sur les réseaux sociaux, M. Carney avait écrit plus tôt lundi que le Canada continue d’appeler à un cessez-le-feu durable qui garantira à la fois la traversée sûre et sans entrave du détroit d’Ormuz et contrera la menace «omniprésente» que constitue le programme nucléaire iranien.

«Pendant que les négociations se poursuivent, nous exhortons toutes les parties à dialoguer de bonne foi et à éviter l’escalade du conflit», a fait valoir M. Carney.

M. Trump est arrivé à Genève pour assister au sommet du G7. Les dirigeants du Brésil, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Inde, du Kenya et de la Corée du Sud devraient également y participer.

On ignore si M. Carney rencontrera M. Trump à Évian, mais on sait qu’une rencontre est prévue entre le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.

Le député conservateur Shuvaloy Majumdar a critiqué lundi les déplacements de M. Carney à l’étranger, affirmant qu’ils n’avaient pas permis de conclure un nouvel accord commercial avec Washington.

«Pas un seul emploi n’est en cours de négociation pour les métallurgistes, les travailleurs de l’aluminium, les travailleurs forestiers et les travailleurs de l’automobile canadiens. Nous avons vu une série de protocoles d’accord insignifiants qui n’ont pas créé d’emplois», a affirmé M. Majumdar aux journalistes lundi sur la colline du Parlement.

Mardi, M. Carney doit rencontrer la première ministre italienne Giorgia Meloni, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, le premier ministre indien Narendra Modi et le président coréen Lee Jae Myung.

Il participera également à des séances de travail sur l’Ukraine, le Moyen-Orient et le développement international, et assistera à un spectacle culturel ainsi qu’à un dîner avec les chefs de délégation.

Le président de la France, Emmanuel Macron, organise le sommet — son dernier en tant que chef d’État — sur le thème des déséquilibres économiques.

M. Carney a indiqué aux journalistes en Irlande que les normes, la réglementation et l’imputabilité en matière d’intelligence artificielle feraient également partie des discussions.

La France a prévenu qu’il n’y aura pas de communiqué commun global à la fin du sommet — un tel document était autrefois publié à chaque sommet, mais il est devenu plus difficile à produire en raison des divisions géopolitiques. La France publiera plutôt une série de déclarations au fil de l’événement.

Les autorités suisses et françaises ont déployé des milliers de policiers pour assurer la sécurité de ce sommet de trois jours. Avant le rassemblement, les autorités genevoises ont bloqué des routes, interdit les rassemblements non autorisés et promis un soutien financier aux entreprises susceptibles d’être touchées par les manifestations.

Samedi, une flottille d’une vingtaine de bateaux a fait son apparition sur le lac Léman, au large d’Évian, arborant des banderoles anti-G7 et pro-palestiniennes. Dimanche, environ 20 000 manifestants ont participé à une marche organisée dans l’après-midi.

- Avec les informations de Kelly Geraldine Malone à Washington, de Dylan Robertson et Anja Karadeglija à Ottawa et de l’Associated Press.

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste