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Le Canada peut rendre «à l’Amérique sa grandeur», selon Mark Carney

Il s’est exprimé devant l’Economic Club of New York, présentant la stratégie économique du Canada et les progrès réalisés jusqu’à présent.

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Le premier ministre Mark Carney prononce un discours et participe à une table ronde à l'Economic Club of New York, à New York, le jeudi 28 mai 2026. Le premier ministre Mark Carney prononce un discours et participe à une table ronde à l'Economic Club of New York, à New York, le jeudi 28 mai 2026. (Sean Kilpatrick/The Canadian Press)

Reprenant le célèbre slogan du président américain Donald Trump, le premier ministre Mark Carney a déclaré devant un parterre d’hommes d’affaires à New York: «Un Canada fort contribuera à rendre l’Amérique à nouveau grande».

Lors d’une allocution prononcée devant l’Economic Club of New York, le premier ministre a présenté en détail sa stratégie de diversification économique, ainsi que ses projets visant à redéfinir les relations et la réputation du Canada.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

«Nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler, ce qui signifie tisser un réseau dense de partenariats internationaux à l’étranger. Cela fait de nous un pays beaucoup plus fort, plus résilient et plus indépendant», a dit M. Carney devant un public d’hommes d’affaires.

Mettant en avant certains domaines clés dans lesquels les libéraux fédéraux ont réalisé des progrès, il a cherché à expliquer pourquoi le Canada et les États-Unis devraient continuer à coopérer dans des secteurs clés.

Voyez l’intégrale de l’allocution de Mark Carney devant l’Economic Club de New York:

«Avant tout, comme on peut s’y attendre, nous nous concentrons sur ce qui est bon pour le Canada. C’est bon pour tous les Canadiens, mais c’est aussi bon pour les États-Unis», a déclaré le premier ministre.

«Car un Canada plus fort est un meilleur allié.»

—  Mark Carney

Sans donner de détails, le premier ministre a exprimé devant un parterre de personnalités du monde de la finance et de l’industrie que son gouvernement avait présenté «des propositions concrètes et spécifiques à l’administration américaine» afin de dépasser la période de tensions actuelle.

Puis, lors d’une discussion informelle qui a suivi son discours, on a demandé à M. Carney ce qui le rendait optimiste quant à l’avenir des relations économiques entre le Canada et les États-Unis.

Commençant par l’économie, le premier ministre a évoqué la crise énergétique mondiale et la manière dont le Canada «peut faire partie de la solution» aux pénuries américaines.

Il a également fait valoir que permettre aux secteurs nord-américains de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium de devenir une véritable «forteresse» serait «dans l’intérêt de tous».

Après avoir souligné les mesures prises par le Canada pour assumer davantage de responsabilités en matière de sécurité dans l’Arctique et sur le continent, Carney a ensuite abordé la question des valeurs, et la façon dont les deux pays partagent des «valeurs fondamentales» en matière de liberté.

«C’est finalement là où nous en sommes, et cela se réaffirme au fil du temps, alors nous allons trouver une issue», a déclaré le premier ministre.

M. Carney a également dû répondre à des questions sur les relations entre le Canada et la Chine, qu’il a qualifiées de «nécessitant un nouveau départ», après que les relations diplomatiques se soient «détériorées» et que les relations commerciales soient devenues «tendues».

Quant à la façon dont la guerre que mène actuellement la Russie en Ukraine l’amène à réfléchir à la stratégie de défense du Canada, le premier ministre a admis que le pays avait «pris du retard» en matière de dépenses globales, mais que ce n’était plus le cas aujourd’hui.

Des réactions mitigées au discours

De ce côté-ci de la frontière, les réactions au discours prononcé par le premier ministre aux États-Unis ont été mitigées.

Prenant la parole à la Chambre des communes pour répondre aux propos du premier ministre, le chef conservateur Pierre Poilievre a plaisanté en disant que M. Carney était à New York pour «développer son produit d’exportation préféré: les discours».

«Et une fois de plus, son discours était truffé de ces mots à la mode qui semblent sophistiqués, mais qui sont en réalité très contradictoires», a dit M. Poilievre. «D’un côté, il affirme que nous sommes en pleine rupture avec les États-Unis, tandis que de l’autre, il dit vouloir rendre l’Amérique – selon ses propres termes – à nouveau grande.»

«Ses coudes s’agitaient encore de haut en bas, dans une sorte de danse du poulet rhétorique, car il ne semble pas pouvoir décider si l’intégration avec les États-Unis est une force ou une faiblesse ; il a défendu avec passion les deux positions au cours des trois derniers mois seulement.»

—  Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada

Le chef conservateur a ensuite affirmé que malgré les commentaires de M. Carney, selon lui, le Canada est «exactement sur la même voie».

Goldy Hyder, PDG du Conseil des entreprises du Canada, avait un point de vue différent. Dans une entrevue accordée jeudi à CTV News Channel, il a indiqué qu’il trouvait que Mark Carney avait «parfaitement saisi» les domaines dans lesquels le Canada doit s’améliorer.

«Ce qui se passe ici au Canada est une belle histoire, et c’est formidable d’entendre le premier ministre la raconter à New York», a soutenu M. Hyder. «Je pense que le ton adopté par le premier ministre, selon lequel ce qui est bon pour le Canada l’est aussi pour les États-Unis, est important.»

Avec des informations de Spencer Van Dyk pour CTV News