Le premier ministre Mark Carney a profité d’une rencontre avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, au Sommet du G7 qui se tient en France pour annoncer que le Canada va imposer de nouvelles sanctions contre la Russie.
Ce train de mesures visera 162 personnes, entités et navires. Ottawa vise la flotte fantôme de la Russie, ses revenus énergétiques, son secteur de l’industrie de la défense et les acteurs de la désinformation.
«Nous collaborons plus étroitement sur la production de drones et nous discuterons de la prochaine étape de ce projet», a mentionné M. Carney en anglais devant les caméras, mardi.
De son côté, M. Zelensky a remercié le Canada pour son soutien. Il a qualifié la séance de travail sur l’Ukraine de «formidable».
«Nos partenaires ont soutenu nos messages, ce dont nous avons vraiment besoin: un programme énergétique, une défense aérienne et davantage de missiles Patriot», a-t-il expliqué.
«La Russie n’est pas en train de gagner, et nous devons faire pression sur (le président russe, Vladimir Poutine) pour qu’il mette fin à cette guerre.»
Selon un compte rendu du cabinet du premier ministre, M. Carney a condamné la dernière attaque russe contre Kyiv, notamment la frappe contre le monastère de la Laure des grottes, lors de sa rencontre en privé avec M. Zelensky.
«Le premier ministre Carney a souligné le soutien du Canada à l’égard de la reconstruction de l’Ukraine, notamment les occasions de tirer parti de l’expertise canadienne en matière d’énergie, d’infrastructures et de technologies propres», peut-on lire dans le résumé de la discussion.
Le premier ministre a aussi noté «l’importance de poursuivre les réformes pour renforcer la résilience de l’Ukraine».
En 2026, le Canada a fourni 2,8 milliards $ d’aide militaire à l’Ukraine et a imposé des sanctions à plus de 3400 personnes et entités, de même qu’à 600 navires.
En mai, M. Carney a annoncé que le Canada verserait 270 millions $ supplémentaires pour aider l’Ukraine à se doter de capacités militaires essentielles pour se défendre contre l’invasion à grande échelle de la Russie.
Discussion avec Trump
À Évian-les-Bains, les dirigeants se sont réunis autour d’un dîner de travail pour discuter des moyens de surmonter les crises et d’assurer la stabilité au Moyen-Orient.
Avant le début des échanges, M. Carney a eu ce qui semblait être une brève discussion animée avec le président américain, Donald Trump.

«Moins de 3 % de notre marché», a-t-on entendu M. Carney dire lors d’un moment capté par les caméras — probablement en référence aux véhicules électriques fabriqués en Chine. «Un plafond… Je pensais que ça te plairait.»
«C’est bien, ça me plaît», a répondu M. Trump.
Le Canada s’est récemment engagé à réduire de 100 % à 6,1 % ses droits de douane sur certains véhicules électriques fabriqués en Chine, avec un plafond annuel d’importation de 49 000 véhicules. En contrepartie, la Chine devrait abaisser ses droits de douane de rétorsion sur les produits agricoles canadiens.
On ignore si M. Carney et M. Trump auront une rencontre plus officielle à Évian-les-Bains. On sait toutefois que le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, va rencontrer le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.
Plusieurs rencontres
La rencontre avec M. Zelensky était l’une des cinq réunions bilatérales qui se trouvaient sur l’horaire de M. Carney pour la journée de mardi.
Lors de sa rencontre avec la première ministre italienne, Giorgia Meloni, M. Carney a annoncé que le Canada avait entamé des négociations avec l’Italie en vue de faire l’acquisition d’avions d’entraînement avancés à réaction M-346.

Ces avions sont conçus et fabriqués par Leonardo, l’une des plus grandes entreprises aérospatiales italiennes. On ignore pour l’instant combien d’avions le Canada envisage d’acheter.
Le premier ministre devait aussi s’entretenir avec les dirigeants des Émirats arabes unis, de l’Inde et de la Corée du Sud.
Avant le voyage, des responsables canadiens ont confié aux journalistes, sous le sceau de l’anonymat, que les principales priorités du Canada pour le sommet concernaient les minéraux critiques, les déséquilibres macroéconomiques et la réforme de l’aide étrangère.
Ces responsables ont ajouté qu’un défi majeur réside dans le fait que bon nombre de ces déséquilibres macroéconomiques découlent de la surcapacité industrielle de la Chine.
Le président de la France, Emmanuel Macron, a organisé la semaine dernière une visioconférence avec un haut responsable chinois et des dirigeants tels que M. Carney, en lieu et place de la participation de la Chine au sommet.
John Kirton, qui dirige le groupe de recherche sur le G7 de l’Université de Toronto, estime que le sommet d’Évian pourrait déboucher sur des avancées concernant des thèmes majeurs, malgré les tensions avec les États-Unis au sujet des droits de douane.
M. Kirton rappelle que l’administration Trump a trouvé de nombreux points d’accord avec ses alliés lors du sommet de l’année dernière organisé par M. Carney à Kananaskis, en Alberta.

