Politique

Mark Carney reconnait les Québécois «comme une nation»

«Les Québécois se distinguent par leur culture, leur langue, leur système de loi.»

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«Je reconnais les Québécois comme une nation» -Mark Carney Le premier ministre Mark Carney a évoqué la profondeur de l'identité québécoise, une «nation exceptionnelle», qui peut être membre d'un Canada fort, lors d'une annonce à Montréal, jeudi.

Au moment où les tensions demeurent entre Ottawa et Québec au sujet de sa représentation aux négociations entre le Canada et l’Union européenne en vue d’un accord commercial, le premier ministre canadien Mark Carney a mentionné reconnaitre les Québécois «comme une nation».

Lors d’une conférence de presse en marge d’une allocution, M. Carney a affirmé qu’il reconnaissait «les Québécois et le peuple du Québec comme une nation».

«Les Québécois se distinguent par leur culture, leur langue, leur système de loi [...]», a notamment lancé le chef d’État.

Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, a rejeté l’invitation lancée par son homologue du Canada en raison de son refus qu’il s’adresse directement aux élus européens

Le premier ministre péquiste s’appuie sur la doctrine Gérin-Lajoie, selon laquelle le Québec peut défendre ses champs de compétence propres et ses intérêts sur la scène internationale.

À cet effet, M. Carney a indiqué qu’il travaillait avec les autres premiers ministres» et qu’il pratiquait du «fédéralisme de coopération afin de travailler sur les priorités des Canadiens.» «Je vais continuer de pratiquer ceci et je vais me montrer disponible auprès de M. St-Pierre Plamondon afin de répondre aux priorités des Québécois», a lancé M. Carney.

Il a ajouté qu’il préconisait «des doctrines ou des approches qui fonctionnent.» «Nous avons un précédent ici avec l’UE [...] Ça fonctionne bien.»

Un peu plus tôt, la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, a indiqué être ouverte à ce que M. Paul St-Pierre Plamondon se présente à l’évènement. «Nous, on accueille tout le monde [...] D’ailleurs Paul St-Pierre Plamondon a été invité. S’il change d’idée, il peut encore venir», a-t-elle lancé en conférence de presse.

Tensions grandissantes

Après deux jours de confrontation avec le fédéral, le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a fait savoir mercredi soir qu’il ne participera pas au sommet Canada-Union européenne organisé par Ottawa jeudi et vendredi à Montréal.

C’est plutôt le nouveau diplomate en chef du Québec, Pascal Paradis, qui le représentera.

En réponse à son absence, M. St-Pierre Plamondon a choisi de transmettre une lettre aux représentants des États européens participants pour les mettre en garde contre le risque de conclure une entente sans l’accord du Québec.

Dans sa longue lettre, M. St-Pierre Plamondon rappelle que le fédéral a le «devoir de consulter les provinces pour s’assurer de leur accord» pour la mise en œuvre d’ententes internationales.

«Le gouvernement fédéral a décidé d’écarter le Québec des discussions qui s’y tiendront», a écrit le premier ministre de la province.

«Le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger depuis les élections du 5 octobre dernier n’a ni chaise à la table de négociations, ni l’occasion de prendre la parole pour présenter à nos partenaires européens les orientations générales de l’État du Québec en vue des accords qui en découleront », a-t-il poursuivi.

Par conséquent il met en garde les dignitaires européens contre un accord sans l’approbation du Québec.

Avec la collaboration de la Presse canadienne