Politique

Le déficit fédéral pour 2025-2026 revu à la baisse à 66,9 milliards $

François-Philippe Champagne, attribue cela à la «discipline» et la «prudence» du gouvernement alors qu’un «nuage d’incertitude» plane sur l’économie mondiale.

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Le déficit fédéral pour 2025-2026 revu à la baisse à 66,9 milliards $ Dans sa toute première mise à jour économique du printemps, le tout nouveau gouvernement majoritaire du premier ministre Mark Carney s’engage à investir des milliards dans une stratégie visant à former davantage de travailleurs qualifiés afin de concrétiser ses grands projets de construction.

Dans sa toute première mise à jour économique du printemps, le tout nouveau gouvernement majoritaire du premier ministre Mark Carney s’engage à investir des milliards dans une stratégie visant à former davantage de travailleurs qualifiés afin de concrétiser ses grands projets de construction.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

Les perspectives budgétaires révisées montrent également que, bien que le déficit fédéral soit inférieur de 11,4 milliards de dollars au cours de l’exercice actuel par rapport aux prévisions du budget fédéral de 2025, il ne devrait diminuer que de façon minime au cours des prochaines années.

Par exemple, pour le prochain exercice 2026-2027, le déficit devrait s’élever à 65,3 milliards de dollars, soit une baisse à peine perceptible par rapport aux 65,4 milliards estimés dans le budget fédéral de 2025.

Le document — qui compte 167 pages et s’intitule «Un Canada fort pour tous» — illustre la manière dont le gouvernement se prépare à mettre en œuvre le programme ambitieux de Carney, tout en guidant le pays à travers les vents contraires et l’incertitude géopolitiques.

Bien qu’il ait promis de mettre l’accent sur la manière dont son plan économique profitera à tous les Canadiens, le discours du Trésor du printemps propose peu de nouvelles mesures visant directement le portefeuille des consommateurs.

Au total, la mise à jour économique du printemps prévoit 37,5 milliards de dollars de nouvelles dépenses nettes.

Ce chiffre passe à 54,5 milliards de dollars si l’on inclut les mesures annoncées depuis le dernier budget fédéral.

«Le Canada est résilient… Les Canadiens sont des gens débrouillards», s’apprête à déclarer le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, aux parlementaires, selon le texte de son discours à la Chambre des communes, fourni à l’avance aux journalistes.

«Tous ensemble, nous pouvons définir la voie à suivre pour dissiper le brouillard d’incertitude, car le Canada possède ce que le monde recherche et ce dont il a de plus en plus besoin.»

Plus d’argent pour les travailleurs et les athlètes

Le plus important nouvel engagement contenu dans la mise à jour économique du gouvernement est un nouvel effort national de recrutement et de formation qui permettrait d’embaucher entre 80 000 et 100 000 nouveaux travailleurs qualifiés d’ici 2030-2031.

Le gouvernement affirme que cela créerait «de nouvelles possibilités pour les Canadiens» et attirerait les travailleurs nécessaires «pour construire plus de maisons et réaliser des projets d’envergure rapidement et à grande échelle».

Pour ce plan «Une Équipe Canada forte», les libéraux allouent 5,9 milliards de dollars sur cinq ans, combinant des initiatives telles que des subventions salariales, des bourses de formation en apprentissage, des crédits d’impôt pour la mobilité de la main-d’œuvre, des primes de formation et des incitatifs pour les employeurs.

Comme M. Carney l’a laissé entendre lundi, l’engagement macroéconomique phare de l’énoncé économique du printemps est la création d’un fonds souverain national qui permettra aux Canadiens de prendre part à des projets d’envergure. Dans le même ordre d’idées, les libéraux prévoient de rendre permanente l’exonération fiscale des fiducies d’actionnariat salarié «afin de donner aux travailleurs les moyens de participer directement à la construction d’un Canada fort».

La mise à jour comprend également un nouvel engagement à investir dans le sport au Canada «du terrain de jeu au podium». En allouant 755 millions de dollars à cette initiative, le gouvernement affirme que son objectif est d’élargir l’accès au sport, de mieux utiliser les infrastructures existantes et nouvelles, et de mieux soutenir les athlètes canadiens.

Sur le plan de la défense, les milliards de dollars de nouvelles dépenses importantes prévues pour les années à venir ne sont pas encore comptabilisés, car les coûts des futurs achats n’ont pas encore été déterminés.

Mais les libéraux consacrent 103,8 millions de dollars à la création de l’Agence d’investissement de la Défense en tant qu’entité autonome. Deux milliards de dollars supplémentaires sont engagés pour poursuivre le soutien du Canada à l’Ukraine dans le cadre de l’opération UNIFIER.

Le document détaille également les coûts et les engagements liés à une série d’initiatives annoncées précédemment, notamment le Bureau des grands projets, les stratégies pour l’automobile et la nature, ainsi que la prolongation de l’allègement des droits d’accise sur l’alcool pour les brasseries, distilleries et vignobles canadiens.

Allègement des cotisations de retraite, peu d’autres mesures pour le portefeuille

En ce qui concerne les mesures d’accessibilité financière pour les Canadiens ordinaires, cette déclaration économique du printemps — dont les libéraux ont souligné qu’il ne s’agissait pas d’un mini-budget — n’apporte que peu de nouveautés.

Les libéraux ont toutefois choisi de mettre en avant quelques engagements annoncés, tels que l’augmentation de la prestation pour l’épicerie dont bénéficieront 12 millions de Canadiens à compter du 5 juin, la suspension temporaire de la taxe d’accise permettant aux Canadiens d’économiser jusqu’à 10 cents/L sur l’essence, et le plafonnement des frais pour insuffisance de fonds à 10 $.

Une nouvelle mesure pourrait toutefois permettre aux travailleurs de réaliser de modestes économies. Le gouvernement a annoncé qu’à compter du 1er janvier de l’année prochaine, il entendait réduire le taux de cotisation au Régime de pensions du Canada de 9,9 % à 9,5 %.

Les libéraux estiment que cela se traduira par des économies annuelles d’environ 133 $ pour un employé gagnant 70 000 $ par année, avec des économies comparables pour son employeur.

En matière de logement, la seule mesure susceptible de profiter directement aux propriétaires ou aux acheteurs potentiels est l’engagement de prolonger de deux à cinq ans le délai de grâce pour le remboursement des retraits effectués au titre du Régime d’accession à la propriété à partir de leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER), pour les participants effectuant un premier retrait entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2028.

Une baisse du déficit de courte durée

Compte tenu de tout cela, les économistes interrogés par CTV News n’ont pas tardé à souligner que, bien que les coffres fédéraux aient été soutenus par la hausse des prix du pétrole et d’autres facteurs économiques, les libéraux choisissent de consacrer en grande partie les recettes et les économies supplémentaires à de nouvelles dépenses, plutôt que de réduire le déficit de manière plus concertée.

Le budget fédéral de 2025 présenté l’automne dernier — présenté comme un « budget d’investissement » — a misé gros sur les dépenses en immobilisations et prévoyait un déficit de 78,3 milliards de dollars en 2025-2026. À présent, le déficit pour cet exercice financier devrait s’élever à 66,9 milliards de dollars.

Sur une période de cinq ans, le déficit ne devrait pas diminuer dans une mesure comparable. En 2026-2027, le déficit devrait s’élever à 65,3 milliards de dollars ; en 2027-2028, il devrait baisser légèrement pour atteindre 63,1 milliards de dollars, poursuivant sa trajectoire descendante au cours des deux années suivantes, mais restant loin de l’équilibre, à 53,2 milliards de dollars d’ici 2030-2031.

«Au-delà de 2025-2026, l’évolution du déficit est essentiellement la même que celle que nous avons observée dans le budget», a indiqué Mostafa Askari, économiste en chef à l’Institut d’études fiscales et de démocratie. «La première chose que j’ai remarquée, c’est que le ratio dette/PIB est bien inférieur à ce qu’il était au moment du budget.»

Fred O’Riordan, responsable national de la politique fiscale chez EY Canada, a souligné le fait que les frais de service de la dette devraient atteindre 81 milliards de dollars d’ici 2030.

«C’est assez significatif quand on considère que ces 81 milliards de dollars sont des recettes qui doivent être consacrées au service de la dette, par opposition aux recettes disponibles pour fournir des services et autres aux Canadiens», a indiqué M. O’Riordan.

Avant la mise à jour, M. Carney était convaincu que le document démontrerait la «bonne» gestion budgétaire du gouvernement.

« Nous restons également fermement sur la bonne voie pour équilibrer les dépenses de fonctionnement quotidiennes avec les revenus d’ici 2028-2029 et maintenir le ratio du déficit au PIB sur une trajectoire descendante constante», s’apprête à déclarer M. Champagne aux députés à l’heure actuelle.

«Notre situation financière est solide et elle nous permet de bâtir un Canada fort et équitable.»

Aucune mise à jour sur les suppressions d’emplois dans la fonction publique

Le premier budget de M. Carney promettait également de réduire les coûts opérationnels de 60 milliards de dollars sur cinq ans. Un volet majeur de ce plan prévoyait la suppression de 28 000 emplois dans la fonction publique d’ici 2028-2029.

La mise à jour budgétaire de mardi n’a apporté aucune information significative concernant l’examen des dépenses. Le gouvernement précise toutefois qu’il s’engage à réduire de 20 % les dépenses liées à la gestion externe et aux autres services de consultation au cours des trois prochaines années.

Cette mesure de rigueur et ce virage vers l’expertise existante de la fonction publique devraient permettre d’économiser 450 millions de dollars en 2027-2028, puis 900 millions de dollars par année à partir de 2028-2029.

Le document précise que « les résultats d’autres examens » — tels que les efforts de réduction de la fonction publique — « seront présentés dans le budget de 2026 ».

Pour se faire une idée du manque d’attention accordée aux compressions dans la fonction publique dans ce document — bien que ce soit une préoccupation majeure pour de nombreux fonctionnaires fédéraux —, l’expression « fonction publique » n’apparaît que sept fois dans l’ensemble de l’énoncé économique du printemps.

En revanche, le mot «pétrole» est mentionné 130 fois, le mot «défense» est utilisé 85 fois, le mot «gaz» apparaît 77 fois et le qualificatif «résilient» est mentionné 28 fois.

L’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), un pacte qui pourrait provoquer des répercussions économiques considérables s’il était renégocié de manière radicale, n’est évoqué que six fois.

L’opposition s’y oppose, mais le projet devrait être adopté

Des sources ont indiqué à CTV News, avant la lecture sous embargo de l’énoncé économique du printemps, que M. Champagne avait rencontré les partis d’opposition en prévision de la séance de mardi.

Cependant, alors que les gouvernements libéraux précédents devaient s’efforcer davantage lors des consultations prébudgétaires, compte tenu de la nécessité d’obtenir les votes de l’opposition pour faire adopter toute proposition, leur position majoritaire actuelle a rendu cela inutile.

Par conséquent, toutes les motions et tous les projets de loi approuvant les dépenses prévues dans l’énoncé économique du printemps devraient être adoptés sans difficulté, une fois le débat terminé. C’est la première fois depuis plusieurs années que les libéraux fédéraux se trouvent dans cette position.

Et c’est peut-être une bonne chose pour eux, étant donné que la réaction immédiate des partis d’opposition n’a pas été favorable.

«Ce premier ministre libéral a désormais doublé le déficit laissé par Justin Trudeau, le faisant passer de 31 milliards de dollars à 65 milliards de dollars. Tout le monde pensait qu’il serait impossible de dépenser plus que l’imprudent Justin Trudeau. Mais voilà que ce nouveau premier ministre libéral est arrivé et a dit: “Tenez mon champagne” », a dit le chef conservateur Pierre Poilievre, à la suite du ministre Champagne à la Chambre des communes.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a qualifié ces nouvelles perspectives financières de «sorte de spectacle», car le déficit a été réduit cette année parce que certaines dépenses prévues n’ont pas été engagées.

Avi Lewis, le nouveau chef du NPD fédéral, a qualifié l’énoncé du printemps d’occasion manquée. «Le gouvernement libéral avait aujourd’hui une occasion en or de s’attaquer concrètement à l’urgence quotidienne que représente la crise du coût de la vie pour les Canadiens, avec des mesures concrètes et de nouveaux programmes qui amélioreraient réellement la vie quotidienne des gens. Il ne l’a pas fait», a-t-il affirmé depuis le foyer de l’édifice de l’Ouest. M. Lewis a toutefois salué la décision d’investir dans les métiers spécialisés, tout en soulignant que «le diable se cache vraiment dans la mise en œuvre».