Politique

Mark Carney promet de «bonnes nouvelles» dans sa mise à jour économique

«Nous sommes de bons gestionnaires budgétaires.»

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Le premier ministre Mark Carney, photographié lors d'une réunion dans son bureau à Ottawa, le lundi 20 avril 2026. Le premier ministre Mark Carney, photographié lors d'une réunion dans son bureau à Ottawa, le lundi 20 avril 2026. (Sean Kilpatrick)

Le premier ministre Mark Carney affirme que les libéraux sont de «bons gestionnaires financiers» — et il aura l’occasion de le prouver lorsque le gouvernement fédéral présentera sa mise à jour économique du printemps mardi après-midi.

Le gouvernement fédéral présente généralement des mises à jour en milieu d’année, entre les budgets annuels, afin de réviser ses prévisions économiques et budgétaires. Ces mises à jour peuvent inclure de nouvelles dépenses et sont parfois qualifiées de «mini-budgets».

Le budget d’automne des libéraux — le premier sous la direction de M. Carney — prévoyait un déficit de 78,3 milliards de dollars pour le dernier exercice financier, avec une baisse des déficits s’établissant en moyenne à environ 64 milliards de dollars par an sur une période de cinq ans.

Le rapport budgétaire fédéral pour la période d’avril 2025 à février 2026 indique que le déficit s’est élevé à 25,5 milliards de dollars au cours des 11 premiers mois du dernier exercice financier.

Le mois de mars connaît généralement une forte hausse du déficit, même si certains analystes s’attendent toujours à ce que le gouvernement fédéral affiche un déficit inférieur aux prévisions du budget 2025. S’adressant aux journalistes lundi, M. Carney a laissé entendre qu’il y aurait de «bonnes nouvelles» concernant la situation budgétaire du gouvernement fédéral dans la mise à jour du printemps.

Un journaliste a demandé au premier ministre pourquoi le déficit serait inférieur aux prévisions. «Parce que nous sommes de bons gestionnaires budgétaires», a répondu M. Carney.

Le premier ministre Mark Carney tient-il ses promesses? Un outil répond à la question Le saviez-vous? Un outil permet de suivre les promesses et les réalisations des politiciens, dont celles du premier ministre du Canada, Mark Carney.

«Nous nous concentrons sur les chiffres. Et nous étions déterminés à réduire les dépenses en prenant de nombreuses décisions très… difficiles. On ne peut pas tout faire en même temps», a-t-il ajouté.

Le chef conservateur Pierre Poilievre a appelé les libéraux à réduire les dépenses et à remettre le déficit sur la voie de l’équilibre. Il qualifie l’approche des libéraux en matière de dépenses de «gestion budgétaire à la carte de crédit» et affirme que cela coûtera cher aux Canadiens à long terme, sous forme d’une inflation plus élevée et de paiements d’intérêts plus importants.

Interrogé par les journalistes lundi, M. Poilievre n’a pas proposé de calendrier pour l’équilibre budgétaire.

«Voyons d’abord à quel point Mark Carney a mis le désordre dans les comptes avant d’annoncer combien de temps il faudra aux conservateurs pour remettre de l’ordre», a-t-il lancé.

«La volatilité est omniprésente»

Le premier ministre a justifié l’aggravation des déficits en invoquant la nécessité de mener à bien des projets d’envergure, d’augmenter les dépenses de défense et de faire évoluer l’économie canadienne pour qu’elle ne dépende plus des États-Unis.

Lundi, il a annoncé la création d’un fonds souverain doté d’une capitalisation initiale de 25 milliards de dollars pour investir aux côtés du secteur privé dans des projets de développement national.

Depuis le budget d’automne, le gouvernement fédéral a également dévoilé de nouvelles mesures d’accessibilité financière — notamment une augmentation de la prestation liée à la TPS pour les ménages à faibles revenus et une suspension de la taxe fédérale sur les carburants jusqu’à la fête du Travail — qui alourdiront les perspectives budgétaires.

Dans une déclaration vidéo publiée dimanche, le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a vanté ces efforts, affirmant que «la réduction des coûts de la vie quotidienne est au cœur» du plan budgétaire.

De nombreux économistes s’attendent à ce que le gouvernement fédéral perçoive des recettes supplémentaires liées au choc des prix du pétrole provoqué par la guerre en Iran, même si l’incertitude quant à la durée du conflit au Moyen-Orient ne manquera pas de brouiller les prévisions d’Ottawa.

Mark Carney annonce la création du «Fonds pour un Canada fort» Le premier ministre Mark Carney annonce la création du premier fonds souverain national du Canada, le Fonds pour un Canada fort, lors d’une conférence de presse à Ottawa, le 27 avril 2026.

M. Champagne a reconnu dans sa déclaration que «la volatilité est omniprésente» et a déclaré que le plan du gouvernement visait à protéger la souveraineté économique.

M. Carney a réagi lundi lorsqu’un journaliste a suggéré que les recettes du gouvernement seraient meilleures en raison d’une inflation plus élevée. Il a fait remarquer que le taux d’inflation annuel s’était maintenu dans la fourchette cible de la Banque du Canada, comprise entre 1% et 3%, pendant toute la durée de son mandat.

Statistique Canada a également révisé à la hausse les données antérieures sur le produit intérieur brut depuis l’automne, offrant ainsi au gouvernement fédéral un meilleur point de départ pour bon nombre de ses repères budgétaires.

Les libéraux disposaient d’un mandat minoritaire lorsqu’ils ont présenté leur premier budget en novembre, et la loi mettant en œuvre le plan de dépenses n’est entrée en vigueur qu’en mars, avec quelques amendements proposés par les députés de l’opposition.

Après le balayage libéral lors des trois élections partielles d’avril, les nouveaux députés du parti ont officiellement prêté serment lundi — ce qui signifie que M. Carney dispose désormais d’un gouvernement majoritaire officiel et de plus de pouvoir pour faire adopter des projets de loi.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste