Politique

Mark Carney et la GRC condamnent le rassemblement de nationalistes blancs sur un territoire autochtone

Le groupe a été aperçu brandissant une pancarte sur un viaduc qui semblait remettre en question l’existence de restes d’enfants à l’ancien pensionnat indien de Kamloops.

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Un groupe de nationalistes blancs se rassemble pour une manifestation dans la réserve autochtone de Tk’emlúps te Secwepemc, près de Kamloops, en Colombie-Britannique, le 27 septembre 2026. (Crédit: la journaliste Brandi Morin, via une source anonyme) Un groupe de nationalistes blancs se rassemble pour une manifestation dans la réserve autochtone de Tk’emlúps te Secwepemc, près de Kamloops, en Colombie-Britannique, le 27 septembre 2026. (Crédit: la journaliste Brandi Morin, via une source anonyme)

La police a publié lundi après-midi un communiqué indiquant son intention d’enquêter sur ce qui semble être une manifestation nationaliste blanche dans la réserve autochtone de Tk’emlúps te Secwepemc, près de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Une vidéo publiée par la journaliste Brandi Morin, provenant d’une source anonyme, montre des personnes portant des masques blancs et des vêtements noirs ornés d’écussons identiques à ceux des Second Sons, un groupe nationaliste blanc.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Selon le Réseau canadien contre la haine, les Second Sons «considèrent la violence comme nécessaire et inévitable pour défendre leur mouvement, attaquer leurs opposants et procéder à un nettoyage ethnique au Canada».

Le groupe a été aperçu brandissant une pancarte sur un viaduc qui semblait remettre en question l’existence de restes d’enfants à l’ancien pensionnat indien de Kamloops.

Selon le surintendant Jeff Pelley, des agents ontt été appelés dans un secteur près de Chief Eli Larue Way vers 7h25, à la suite de signalements concernant la présence du groupe, et ils «sont immédiatement intervenus auprès du groupe» avant que les manifestants ne quittent les lieux et ne poursuivent leur chemin à travers divers quartiers de la ville.

«L’affichage d’une bannière portant l’inscription got bones, combiné au port de masques pour dissimuler leur identité tout en faisant de telles déclarations publiques, constitue une tentative lâche d’échapper à toute responsabilité quant à des actes et des messages qui visent clairement à intimider, à semer la peur et à créer la division», a-t-il écrit. «La GRC prend cette affaire au sérieux et continuera d’intervenir auprès du groupe dans le cadre de notre intervention et de l’enquête en cours… nous continuerons de veiller à ce que toutes les infractions fassent l’objet d’une enquête approfondie en vue d’éventuelles poursuites.»

La police demande à toute personne disposant de photos ou de vidéos de la manifestation, ou ayant des renseignements sur de futures manifestations, de communiquer avec le détachement rural de la GRC de Tk’emlúps au 250-314-1800 ou avec le détachement de la GRC de Kamloops au 250-828-3000, en mentionnant le dossier n° 2026-32566, ou de transmettre un renseignement anonyme par l’intermédiaire de Crime Stoppers au 1-800 -222-8477.

«Notre peuple a le droit de se sentir en sécurité»

Dans un communiqué publié dimanche soir, la cheffe de Tk̓emlúps te Secwépemc a qualifié la présence d’individus associés à des activités suprémacistes blanches et nationalistes blanches de «profondément préoccupante» et a déclaré que cette situation était «prise très au sérieux par la chef et le conseil».

«Nous reconnaissons la peur, la colère et l’inquiétude que cela peut susciter chez nos membres, les survivants, les familles et le personnel. Nous entendons ces préoccupations, et nous prenons des mesures», a réagi Kúkwpi7 Rosanne Casimir. «La sécurité et le bien-être de nos membres sont notre priorité. Notre peuple a le droit de se sentir en sécurité chez lui, dans nos espaces communautaires et partout dans notre communauté.»

«La réconciliation exige plus que des mots. Elle exige des mesures concrètes et continues pour garantir que les peuples autochtones puissent vivre en sécurité et à l’abri de toute intimidation.»

—  Kúkwpi7 Rosanne Casimir, cheffe de Tk̓emlúps te Secwépemc

La cheffe Kúkwpi7 Rosanne Casimir a demandé aux personnes vivant dans la région de rester vigilantes et attentives à leur environnement, de signaler toute nouvelle activité à la GRC et de se tenir à une distance sécuritaire de toute autre manifestation.

De plus, elle a appelé les gouvernements provincial et fédéral à «assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le racisme, les activités suprémacistes blanches, les comportements motivés par la haine, ainsi que les tentatives visant à nier ou à déformer la vérité sur le système des pensionnats indiens».

Actes condamnés

Dans une publication sur X, le premier ministre canadien Mark Carney a qualifié la manifestation à la fois de lâche et de répugnante, affirmant qu’elle n’avait «pas sa place dans ce pays».

«Mes pensées accompagnent tous ceux qui sont ébranlés et blessés par cette répugnante démonstration de haine», a-t-il ajouté.

Le chef du NPD, David Eby, s’adressant aux médias avant de prendre un vol à destination de Prince Rupert, a déclaré que cette manifestation constituait «tout simplement un comportement honteux et répugnant».

«Il est très clair que ces personnes cherchaient à intimider, cherchaient à faire peur à ces gens. Je tire un certain réconfort du fait qu’elles aient jugé nécessaire de porter des masques et de cacher leur identité, ce qui montre qu’elles savent que les représailles seraient sévères et immédiates si elles révélaient qui elles sont», a-t-il dit.

Le chef du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Lorne Doerkson, a soutenu que ce rassemblement n’avait pas sa place dans la province et a souligné que son parti le condamnait sans réserve.

«Nous sommes solidaires de la population de Tk’emlúps, et nous nous attendons à ce que la GRC mène une enquête approfondie», a-t-il écrit dans une publication sur X.

La chef du Parti vert de la Colombie-Britannique, Emily Lowan, a déclaré qu’elle se tenait «aux côtés des communautés autochtones et de toutes les communautés marginalisées dans la lutte pour un avenir exempt d’intimidation raciste».

«Je suis révoltée par la présence de nationalistes blancs dans la réserve Tk’emlúps te Secwepemc. Cela se produit à peine quelques jours avant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation», a-t-elle écrit.

Le Conseil tribal Heiltsuk a publié lundi après-midi un communiqué saluant les condamnations des chefs de partis politiques, tout en précisant que des événements comme celui-ci «nous rappellent que nous devons tous en faire davantage pour lutter contre le racisme anti-autochtone».

«Cela commence par des mots, mais cela doit être suivi d’actions», peut-on lire dans le communiqué. «Nous et nos parents avons été confrontés à la discrimination tout au long de notre vie, qu’elle soit subtile ou moins subtile, comme le fait d’avoir été arrachés à nos familles et envoyés dans des pensionnats indiens. Cette histoire n’est pas si lointaine. Nos pensées et nos prières vont à nos proches à Tk’emlúps.»