Après des mois de retard, le gouvernement fédéral dévoile sa stratégie en matière d’intelligence artificielle (IA), qui présente une vision axée sur la création d’emplois, la souveraineté et une adoption accrue de l’IA.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Cependant, le plan manque de précisions sur la manière dont les Canadiens seront protégés contre les effets potentiellement néfastes de cette technologie.
Le premier ministre Mark Carney fera cette annonce aux côtés du ministre de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, jeudi à Toronto.
«Les Canadiens veulent une IA sûre, fiable et souveraine. Ils veulent les meilleurs outils pour bâtir un avenir prospère guidé par nos valeurs», a affirmé M. Solomon dans un communiqué accompagnant la stratégie.
La stratégie fixe plusieurs objectifs précis, tels que:
- Créer jusqu’à 90 000 emplois et possibilités de travail liés à l’IA pour les jeunes Canadiens d’ici 2031;
- Contribuer à la création de jusqu’à 250 000 nouveaux emplois grâce à l’adoption de l’IA d’ici 2031;
- Faire passer l’adoption de l’IA par les entreprises de 12 % aujourd’hui à 60 % d’ici 2034;
- Construire un superordinateur «de classe mondiale» pour renforcer l’infrastructure souveraine d’ici 2031;
- Offrir à tous les Canadiens l’accès à une formation gratuite sur l’IA.
Le plan s’articule également autour de six piliers qui ont été présentés pour la première fois dans la mise à jour économique du printemps en avril: protéger les Canadiens et préserver la démocratie, autonomiser les Canadiens, favoriser la prospérité partagée, établir une base souveraine pour l’IA, faire croître les champions canadiens et forger des partenariats de confiance et des alliances mondiales.
Y aura-t-il de nouvelles mesures de sécurité?
La stratégie indique qu’elle vise à protéger les Canadiens, en particulier les enfants, contre les risques liés à l’IA et les préjudices en ligne.
Bien qu’elle propose une nouvelle législation sur la protection de la vie privée des consommateurs afin de consacrer le droit à la vie privée et de protéger les renseignements des enfants – ainsi qu’une modernisation des lois sur la sécurité –, le plan reste vague quant au calendrier et aux mesures spécifiques qui seront proposées pour y parvenir.
Plus tôt cette année, le ministre de l’Identité et de la Culture, Marc Miller, a déclaré que le gouvernement fédéral envisageait d’interdire les chatbots basés sur l’IA pour les enfants de moins de 16 ans. Ces restrictions ne figurent pas ici, car un examen est en cours pour déterminer si elles devraient être intégrées à la législation sur les préjudices en ligne prévue pour plus tard cette année.
Accent mis sur la souveraineté en matière d’IA
À l’approche de l’annonce de jeudi, M. Carney a souligné la nécessité de mettre en place une infrastructure souveraine en matière d’IA.
La stratégie, quant à elle, souligne que le Canada est actuellement «trop exposé aux puissances économiques et politiques étrangères», en s’appuyant sur des nuages et des infrastructures étrangers qui pourraient entraîner une «exposition stratégique».
Pour remédier à cela, la stratégie indique que le Canada adoptera une approche «construire-partenariat-acheter», précisant qu’il développera «des capacités souveraines clés au pays dans la mesure du possible, tout en s’associant à des alliés de confiance ou en achetant des solutions existantes sur le marché lorsque cela est approprié».
Parmi les autres propositions de la stratégie figurent la construction d’un superordinateur «de classe mondiale» et l’expansion de centres de données souverains d’une capacité de 100 mégawatts pour servir les clients canadiens.
La stratégie indique également que le Canada élargira l’Alliance technologique souveraine nouvellement formée qu’il a lancée avec l’Allemagne plus tôt cette année, et qui vise à approfondir la collaboration en matière d’IA avec des alliés de confiance.
