OTTAWA — Le ministre du Logement, Gregor Robertson, assure qu'Ottawa ne privilégie pas le financement des infrastructures dans les circonscriptions libérales, après que la députée Marilyn Gladu a laissé entendre au début du mois qu'elle bénéficiait d'une plus grande attention depuis qu'elle avait quitté les rangs des conservateurs.
Interrogée au début du mois par le Sarnia Observer au sujet de sa décision de quitter les conservateurs pour rejoindre les libéraux, Mme Gladu a été invitée à dire si elle s'attendait à être récompensée pour avoir renforcé les rangs du gouvernement.
Selon une transcription publiée par le journal, Mme Gladu a répondu qu’on ne lui avait rien proposé directement, car cela serait illégal. Elle a cependant ajouté qu’au cours de ses plus de dix années passées dans les rangs de l’opposition, elle avait remarqué que les députés siégeant au sein du gouvernement «ont tendance à obtenir davantage pour leurs circonscriptions et leurs projets».
Mme Gladu a également déclaré avoir remis à M. Robertson une liste d’une page répertoriant les priorités en matière d’infrastructures dans la circonscription de Sarnia-Lambton-Bkejwanong après les élections fédérales de 2025, il y a un an. Elle a rapporté avoir reçu un appel de M. Robertson après avoir changé de camp pour discuter des besoins de sa circonscription.
«Cela n’a vraiment abouti à rien, jusqu’à ce que je change de camp. C’est le résultat que j’espère obtenir», a-t-elle déclaré à l’Observer.
M. Robertson a nié que les circonscriptions libérales bénéficiaient d’un traitement prioritaire en matière de financement des infrastructures lors d’une entrevue accordée jeudi à La Presse Canadienne en marge d’une annonce sur le logement abordable à Ottawa.
M. Robertson a déclaré que lui et son équipe discutaient du financement des infrastructures avec les députés, quelle que soit leur affiliation politique. La forte demande de financement de projets a rendu son bureau très occupé, a-t-il ajouté.
«C'est notre travail en tant qu'équipe chargée du logement et des infrastructures. Nous devons répondre aux besoins de toutes les circonscriptions. Peu importe le parti, peu importe la région, nous devons répondre aux besoins de tout le monde», a affirmé M. Robertson.
Construction de logement abordable
Le premier ministre Mark Carney s’est joint jeudi à M. Robertson et au maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, à Barrhaven, dans la banlieue de la capitale, pour discuter d’un accord annoncé précédemment concernant la construction de logements abordables.
Le gouvernement fédéral affirme que son accord avec la ville d'Ottawa permettra de créer 1100 logements locatifs dans le cadre de 8 projets de logements abordables, dont la plupart devraient entrer en construction d’ici la fin de l’année.
Deux mille logements supplémentaires devraient être construits sur des terrains fédéraux excédentaires dans le pays, dont jusqu’à 40 % devraient présenter un prix inférieur à la moyenne.
L'accord total est évalué à environ 400 millions $, le gouvernement fédéral fournissant 150 millions $ et la ville d'Ottawa contribuant au reste sous forme d'exonérations fiscales sur les terrains fédéraux.
Le gouvernement fédéral indique que Maisons Canada — l'agence d'Ottawa chargée du logement abordable — a jusqu'à présent mis en place un programme de 10 000 logements à construire à travers le pays depuis son lancement en septembre.
Les libéraux ont déposé un projet de loi à la Chambre des communes visant à transformer Maisons Canada en société d'État. M. Carney a affirmé que cette mesure donnerait à l'agence les pouvoirs légaux dont elle a besoin pour mettre en œuvre le programme libéral en matière de logement.
«Nous sommes heureux d’avoir désormais la majorité. Nous pouvons faire avancer ce projet plus rapidement», a dit M. Carney.
M. Robertson a expliqué que le statut de société d'État donnerait à l'agence davantage d'outils financiers pour contracter des emprunts et acheter et vendre des terrains en vue de la construction de logements abordables.
Il a également ajouté que cela permettrait au gouvernement fédéral d’attirer des talents grâce à «de meilleures conditions de rémunération qui ne sont pas disponibles dans les emplois ministériels ou gouvernementaux».
«Cela offre donc plus de flexibilité, plus d’opportunités, et ouvre davantage de portes pour permettre la construction de plus de logements abordables», a déclaré M. Robertson.
Craig Lord, La Presse Canadienne
