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Carney annonce un accord de coopération en matière de renseignement avec la France

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Carney + Macron Crédit image | La Presse canadienne (Christopher Katsarov/The Canadian Press)

Le Canada et la France vont renforcer leur coopération en matière de défense et dans le domaine industriel grâce à un nouvel accord général sur la sécurité de l’information, a déclaré vendredi le premier ministre Mark Carney lors de son séjour à Paris.

M. Carney a fait cette annonce lors d’une déclaration commune aux côtés du président français Emmanuel Macron à l’Élysée.

«Il y a un an, le président Macron et moi avons conclu un partenariat stratégique dans le domaine du renseignement et de la sécurité, a indiqué M. Carney. C’est aussi pourquoi nous nous rencontrons à nouveau aujourd’hui, dans les jours précédant le sommet du G7 à Évian.»

M. Macron a indiqué que lui-même et M. Carney discutaient de commerce, de défense et de sécurité lors d’une réunion à huis clos, et il a salué le Canada comme un ami de l’Europe et de la France.

«Notre relation bilatérale s’inscrit dans une dynamique plus large, a dit M. Macron. Celle du rapprochement stratégique entre le Canada et le continent européen.»

«Nous voulons également travailler sur plusieurs secteurs stratégiques, essentiels pour notre souveraineté: l’intelligence artificielle, le quantique, le nucléaire civile, les minerais critiques et stratégiques, la transition énergétique et d’autres encore, a-t-il ajouté. Ces thèmes seront d’ailleurs au coeur de notre G7.»

Cette rencontre, qui précède le sommet du G7 de la semaine prochaine, pourrait être l’une des dernières entre les deux dirigeants mondiaux. Le second mandat de M. Macron doit prendre fin au printemps prochain.

Priorités du G7

La France, qui accueille le G7 cette année, indique que les priorités du sommet de cette année comprennent la gestion des crises géopolitiques majeures et le soutien du G7 à l’Ukraine.

Le sénateur Peter Boehm, qui a été représentant personnel des premiers ministres Stephen Harper et Justin Trudeau lors de six sommets du G7, a souligné que la visite de M. Carney auprès de M. Macron avant le sommet offrait aux deux dirigeants l’occasion d’élaborer une stratégie.

Il a ajouté que M. Carney devrait faire preuve d’une «diplomatie pragmatique» lors de cet événement international, compte tenu de l’écho considérable qu’a suscité son discours à Davos.

Dans ce discours prononcé en janvier lors du Forum économique mondial, M. Carney a déclaré que le monde était entré dans une nouvelle ère risquée marquée par les rivalités entre grandes puissances et que le Canada s’efforçait de développer ses échanges commerciaux hors des États-Unis face à la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump.

M. Boehm a indiqué que le sommet du G7 à Évian-les-Bains serait le dixième et dernier sommet du G7 de M. Macron en tant que président.

M. Macron a également énoncé vendredi que lui et M. Carney discutaient des moyens de protéger les enfants en ligne, ajoutant que les deux pays partageaient les mêmes objectifs.

Plus tôt cette année, les législateurs français ont approuvé un projet de loi interdisant les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. L’idée de fixer un âge minimum pour l’utilisation de ces plateformes a pris de l’ampleur à travers l’Europe.

Le gouvernement libéral a présenté cette semaine son propre projet de loi sur la sécurité en ligne. S’il est adopté, il obligerait les entreprises de réseaux sociaux à bloquer l’accès aux enfants de moins de 16 ans, bien que les plateformes puissent obtenir une dérogation si elles mettent en place des mesures de protection suffisantes.

Le projet de loi C-34, présenté mercredi à la Chambre des communes, réglementerait également les entreprises à l’origine des agents de dialogue basés sur l’IA en leur imposant une obligation d’agir de manière responsable.

Cela inclut des mesures visant à réduire le risque que les agents de dialogue diffusent des contenus préjudiciables et à mettre en place des protocoles d’intervention en cas de crise pour les situations impliquant l’automutilation, le suicide ou la violence.

M. Macron a salué cette initiative sur les réseaux sociaux jeudi en déclarant: «Merci de rejoindre le mouvement.»

À l’approche du sommet, M. Boehm a indiqué que certains thèmes abordés les années précédentes étaient toujours d’actualité.

«Les discussions menées à Kananaskis sur l’intelligence artificielle, par exemple, ainsi que sur l’économie mondiale, auront également une incidence sur les débats à Évian», a-t-il commenté.

Un responsable du gouvernement canadien a déclaré cette semaine qu’il n’y aurait probablement pas de communiqué final exhaustif des dirigeants à l’issue du sommet.

Il a prédit que les dirigeants réunis publieraient plutôt des déclarations sur des thèmes spécifiques tout au long de l’événement.

M. Boehm a dit que la décision de publier plusieurs déclarations individuelles, plutôt qu’une seule, était probablement due à Donald Trump.

«Je pense que c’est un facteur très important, car à quoi bon essayer d’obtenir un consensus si c’est pour édulcorer ce que l’on a et perdre ainsi toute crédibilité», a-t-il déclaré, ajoutant que les déclarations individuelles pourraient aborder les préjudices en ligne, l’IA ou divers autres enjeux mondiaux.

M. Boehm a indiqué que le contexte géopolitique général serait pris en compte dans les discussions du sommet, alors qu’une guerre fait toujours rage au Moyen-Orient et que le monde est toujours aux prises avec les répercussions des coupes drastiques de l’administration Trump dans l’aide étrangère.

La France est le troisième marché d’exportation de marchandises du Canada au sein de l’Union européenne et sa cinquième source d’investissements étrangers.

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste